Il était une fois… Quand Diam's faisait danser la France avec "La boulette"

MUSIQUE

FLASHBACK – Il y a dix ans, Diam's sortait "La boulette", un titre hyper efficace de rap aux paroles pleines de sens. Retour sur le tube de la chanteuse convertie à l'islam, qui a mis un terme à sa carrière artistique pour se consacrer à sa famille.

A l'époque elle ne portait pas le hijab mais s'affichait en survêtement, uniforme de rigueur chez les rappeurs. On était en 2006 et la France dansait sur "La boulette", un des plus gros tubes de Diam's. Dix ans plus tard, Metronews revient sur ce titre extrait de l'album Dans ma bulle et sur une chanteuse au parcours singulier.

► La reine du rap populaire
Portées par des mélodies entraînantes, les chansons de Diam's ont popularisé le rap, qui n'est pas loin dans "La boulette" de la pop urbaine. Classé numéro 1 des ventes à sa sortie en 2006, ce single s'est écoulé à 650 000 exemplaires en un an et a été sacré "chanson francophone de l'année" aux NRJ Music Awards. Si le clip minimaliste met en scène Diam's et des enfants en train de danser du hip-hop, les paroles sont loin d'être enfantines. "Y a comme un goût de viol quand je marche dans ma ville, y a comme un goût d'alcool dans les locaux de police, y a comme un goût de peur chez les meufs de l'an 2000 ", chante Diam's.

► Une belle Boulette
Même si elle entretient le flou, "on m'a dit que t'aimais le rap voilà de la boulette, sortez les briquets fais trop dark dans nos têtes", la boulette n'est pas celle des fumeurs de shit, c'est tout simplement elle. Dans une interview accordée à l'époque à Technikart, elle explique : " Les paparazzi genre Voici, Gala, c’est des enculés (…) Ceux qui me shootent sur la plage, énorme, horrible, avec ma graisse en trop. J’ai eu droit à tous les titres autour du 'retour des grosses'. c’est pour ça que mon prochain single s’appelle 'La boulette'. La Boulette, c’est moi ! Y’a un problème ? J’adore manger et je vous emmerde".

► La porte-parole de la génération non-non
"Alors ouais on déconne, ouais ouais on étonne, nan nan c'est pas l'école qui nous a dicté nos codes, nan nan génération nan nan", lance Diam's dans un refrain entêtant. L'artiste est alors érigée porte-parole d'une génération qui jette aux orties un système dans lequel elle ne trouve pas sa place. En mars 2006, les lycéens et étudiants, insurgés contre le CPE, le contrat première embauche, reprennent d'ailleurs dans les manifestations ce "Génération non non". "C'est ça notre vie à nous. C'est pas moi qui suis violente, c'est la vie qu'est violente avec moi. Dans La Boulette, ce sont des choses que je vis ou qui me choquent au quotidien", raconte la chanteuse dans "Taratata".

► Une femme battue
Dans cette chanson, Diam's glisse une référence à Bertrand Cantat : "Y a comme un goût d'attentat, comme un goût de Bertrand Cantat, comme un gout d'entrax pendant l'entracte." Trois ans plus tôt, à Vilnius, l'ancien chanteur de Noir Désir bat jusqu'à la mort sa compagne Marie Trintignant. Un drame qui résonne chez la jeune rappeuse. En effet, à l'âge de 17 ans, elle se fait battre par son petit ami. Plus tard, dans la chanson "Ma Souffrance", elle racontera les coups, les côtes cassées, les larmes qui coulent.

► Derrière le voile
Exit Diam's. Il ne reste plus aujourd'hui que Mélanie Georgiades. Convertie à l'islam, la jeune femme porte le voile et a annoncé en 2012 qu'elle mettait un terme à sa carrière artistique. Depuis, elle a publié deux livres – Autobiographie et Mélanie, française et musulmane – dans lesquels elle explique ses choix religieux. En février dernier, elle a publié un message sur Twitter dans lequel elle a annoncé chercher un dessinateur de mode pour un projet textile. Mariée, mère de deux enfants, Mélanie Georgiades vit désormais à la campagne très loin des médias.

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