Japon : comment Marty Friedman est passé de Megadeth à la J-pop

MUSIQUE
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RECONVERSION – L'ex-guitariste de Megadeth vient de sortir un nouvel album solo en grande pompe au Japon, où il vit depuis quinze ans. Devenu musicien japonais à part entière, il prend la défense de la J-pop qui lui a offert une seconde carrière.

Depuis les années 80, rien n'a changé : ni l'enthousiasme, ni les cheveux longs. Pourtant, Marty Friedman , 51 ans, est devenu Japonais entre-temps. Le guitariste de Megadeth a vécu l'âge d'or du groupe de Dave Mustaine (10 millions d'albums vendus dans le monde) avant de le quitter en 1999 pour voler de ses propres ailes. Il s'installe à Tokyo et devient une star en suivant le protocole implicite pour devenir une célébrité locale quand on est un musicien étranger : participer à des émissions télévisées très populaires, signer des musiques de jeux vidéo, écrire, composer et produire pour des artistes et groupes locaux... de J-pop.

Un pays ouvert au mélange des genres

Pas de choc des cultures pour Friedman, la transition s'est faite en douceur : "Venant du milieu du métal, a-t-il confié au Japan Times le 28 mai, je peux dire que dans l'industrie de la musique japonaise, ce sont tous des métalleux". Avant de reprendre plus sérieusement : "Il n'y a pas d'argent dans le métal, alors ils essaient coûte que coûte de le mélanger à d'autres genres. J'ai participé à beaucoup de projets pop, mais les gens me demandaient : sonne comme si c'était du métal. Eclate-toi !"

Surtout, Friedman a trouvé au Japon une ouverture d'esprit artistique inattendue : "Si vous êtes fan de rock ou de métal aux Etats-Unis, vous devez cacher le fait que vous aimez aussi écouter de la pop, de la dance ou du rap. Au Japon, si vous aimez, vous aimez, point. (…) Les gens ici sont moins réticents à l'idée d'ouvrir leur esprit à d'autres musiques, c'est pourquoi les musiciens sont plus ouverts à brasser les genres."

La J-pop, une écriture complexe

Friedman est prompt à prendre la défense d'une J-pop qu'on qualifie souvent de légère, pour ne pas dire niaise. Or le musicien a disséqué le solfège de base d'une chanson pop et découvert que certains accords les plus fréquents étaient plus proches du jazz que du rock, citant le groupe Noa Noa, qui paraît simplissime mais devient infernal à reproduire à la guitare. Quand il a écrit la chanson "Kireina Senritsu" pour la chanteuse Kotoko et qu'il l'a écoutée en entier pour la première fois, il a réalisé avec satisfaction qu'il n'y avait "aucune goutte de sang américain dedans".

Dans sa bulle japonaise, Friedman a pris ses distances avec la production musicale anglo-saxonne ; son album Inferno, qui n'a pas grand-chose de japonais, est une sorte de retour aux sources. De fait, Friedman est devenu tellement Japonais qu'il est le premier et le seul étranger à avoir joué l'hymne national japonais lors de grands événements sportifs. Peu de métalleux peuvent en dire autant.  

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