"Je veux rentrer" : que dit la chanson de Cœur de pirate sur son agression sexuelle ?

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CONFIDENCES – Sur son nouvel album, disponible depuis le 1er juin, la chanteuse québécoise Cœur de Pirate a inclus une chanson dans laquelle elle raconte l’agression sexuelle dont elle a été victime il y a plusieurs années. Explications.

Elle le décrit comme son album le plus personnel. Sur En cas tempête, ce jardin sera fermé, la chanteuse québécoise Béatrice Martin, alias Cœur de Pirate, 28 ans, raconte plusieurs épisodes de sa vie intime mouvementée. Et en particulier l’agression sexuelle dont elle a été victime il y a quelques années. "Je me suis dit qu’il était temps que j’en parle sinon j'allais exploser", a-t-elle expliqué au micro de Daphné Bürki sur Europe 1. "Je ne sais pas si ça a permis de réparer quelque chose. Ce sera toujours brisé en moi. Mais cela permet de confronter la personne. Et je pense que ça fait plus mal en chanson."

Cette chanson, c’est "Je veux rentrer", un titre qu’elle avait déjà raconté fin mai au quotidien québécois "La Presse". "Elle est particulièrement forte parce que j’ai utilisé une base de tango dans la musique. Il y a une tension dans le tango. De la faire sur scène, où j’utilise mon corps, c’est comme si je me réappropriais les événements, et pas le contraire. Ça me permet de passer à travers (…) C’est la première fois que j’en parle."

Et j'ai voulu crier, m'emporter car je souffre quand tu es en moi. Mais le doute se forme, m'emprisonne car je suis censée t'aimer Coeur de Pirate, dans la chanson "Je veux rentrer"

Voici les paroles de "Je veux rentrer" : 


"Ses mains contrôlent bien mon corps 

Et le rythme du soir nous berce dans le noir 

Et le son s'éteint doucement alors que je ne vois plus 

Danser le temps 

Le chaleur de nos étreintes devient suffocants, j'en viens à me plaindre 

Et tes mouvements saccadés raidissent mon cœur qui tente de feindre 


Et j'ai voulu crier, m'emporter car je souffre 

Quand tu es en moi 

Mais le doute se forme, m'emprisonne car je suis censée t'aimer 

Mais ce que je sais, c'est que je veux rentrer 

Ce que je sais, c'est que je veux rentrer 

Et mon ventre devient la piste d'une danse butoir de perte motrice 

Quand il me demande pardon 

Dans son étreinte, je reprends tous les risques 

La chaleur de notre violence, cette douleur intense qui toujours persiste 

Et je garde notre secret qui ronge mon âme, qui nourrit mes vices 


Et j'ai voulu crier, m'emporter car je souffre 

Quand tu es en moi 

Mais le doute se forme, m'emprisonne car je suis censée t'aimer 

Mais ce que je sais, c'est que je veux rentrer 

Ce que je sais, c'est que je veux rentrer"

"J’étais prête à ça. Ce sont des sujets qui ont été libérés, pour moi, par ce mouvement-là du #metoo. Jamais je n’aurais été capable d’en parler seule", racontait la chanteuse. "Je salue la force des femmes qui sont allées de l’avant et qui ont nommé leurs agresseurs. Je trouve ça vraiment courageux. Je l’ai fait en musique parce que c’est quelque chose qui m’appartient. J’ai vécu le traumatisme à ma façon."


Dans cet entretien, la jeune femme révélait également être sortie avec une personne accusée d’agression sexuelle, là encore sans la nommer. "Par association, je me sentais coupable", se remémorait Cœur de Pirate. "Je me disais que c’était de ma faute s’il avait agi de cette façon-là. Évidemment, ce n’était pas le cas."

Pour la chanteuse, ce nouvel album est de façon générale une forme de thérapie, après plusieurs années difficiles côté privé. En 2016, elle s'était séparée d'Alex Peyrat, le père de sa fille Romy, avant de vivre une brève histoire avec Laura Jane Grace, la chanteuse transgenre du groupe de punk rock Against Me!. Au printemps 2017, elle avait renoué avec son ex-compagnon,  le couple renouvelant ses voeux avant une nouvelle rupture, quelques mois plus tard.

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