La Route du Rock 2015 : sans Björk, la fête est plus folle

MUSIQUE
REPORT – Malgré la défection à la dernière minute de la diva islandaise, le festival malouin a joyeusement célébré ses 25 ans. Au programme : un joyeux foutoir où ont brillé valeurs sûres (Foals, Savages, The Juan MacLean...) et révélations (Flavien Berger, Jimmy Whispers).

Inutile de tourner autour de la mare de boue plus longtemps : on s’attendait au pire en arrivant vendredi à Saint-Malo. Pluie incessante, rafales de vent et températures capricieuses, il n’en fallait guère plus pour démotiver les festivaliers les plus téméraires, venus célébrer les 25 ans de la Route du Rock malgré le désistement (qui a dit caprice ?) de Björk. Le premier concert du jour, prévu sur la plage, a été déplacé dans une salle à cause de la météo... Bref, c’est sans grande conviction que les bottes ont été chaussées, direction le fort de Saint Père où l’inquiétude s’est heureusement vite effacée.

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Vendredi : la claque Fuzz, la classe Timber Timbre
Première bonne surprise du jour : le site du festival, totalement repensé, est une réussite. La seconde scène fait désormais face à la grande, évitant ainsi les bouchons entre deux concerts. La gadoue, elle, a quasiment disparu grâce à des travaux de drainage. "C’est moins rock’n’roll...", s’offusquent certains des 23.000 festivaliers ayant répondu présents (contre 26.500 l'an passé). Certes, les photos sont moins spectaculaires, mais il faut reconnaître qu’on profite mieux des concerts. Notamment celui de Fuzz, mené par Ty Segall. Le Californien, grimé façon Kiss derrière sa batterie, assomme la foule avec un rock garage sous perfusion Black Sabbath. Changement de ton dans la foulée, avec Timber Timbre, nom sous lequel officie Taylor Kirk. Un canadien à la classe ultime qui semble tout droit sorti de sa forêt pour répandre des mélodies imparables, sorte de blues soul mystique porté par sa voix de crooner. Difficile de supporter bien longtemps le show de Ratatat, follement efficace sur disque mais qui loupe l'épreuve du live, ressemblant plus à une partie de Guitar Hero qu’un véritable concert...

Samedi : la surprise Flavien Berger, l’ouragan Foals
Non, la Route du Rock n’est pas qu’un festival breton. La preuve avec les concerts prévus chaque jour sur la plage pour mettre à l’honneur des labels français. Ici, c’est au tour de Pan European Recordings, dignement représenté par Flavien Berger. Face à l’horizon, le jeune producteur français berce les festivaliers qui ont troqué leurs bottes contre un maillot. Rythmique robotique, parfois planante, difficile de définir le trip psychédélique du jeune homme. Moins cérébral mais redoutablement efficace, le groupe Foals, lui, fait voler en éclat la soirée du samedi. Les Britanniques venus remplacer Björk sont accueillis en sauveur et propose un set hyper carré, prétexte à un chahut général dans les premiers rangs. On aurait également aimé dire tout le bien que l'on pensait de Spectres et The Soft Moon, mais il restait une galette-saucisse à finir. 

Dimanche : le noir de Savages, l’ovni Jimmy Whispers
Et si le concert le plus rock du festival s’était déroulé sur la plage en ce dimanche après-midi ? Jimmy Whispers s’est livré a un show improbable, sous les yeux d’une poignée de festivaliers encore titubant de la veille. Seul sur scène, cet Américain adepte du do it your est arrivé avec une dizaine de chansons enregistrées sur son iPhone, préalablement bricolées sur son vieil orgue. Chansons sur lesquelles il pose sa voix, ou plutôt essaye : slam dans la foule entrecoupé d’un bain de sable, bière qui colle à la peau et genou en sang... Une prestation foutraque à l’opposé de celle délivrée quelques heures plus tard par Savages. Le quatuor féminin a sans doute offert au public l’un des meilleurs concerts du festival : du post punk joué sans fioritures, assorti d’une section rythmique redoutable qui sonne The Cure. Médusé, le public semble se réveiller uniquement quand la chanteuse s'invite pour un bain de foule. Même efficacité en fin de soirée, avec le disco / electro de The Juan MacLean, véritable machine à danser. La bande-son idéale pour fêter un 25ème anniversaire.

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