Lacrim : "Je suis parti de rien et j’ai l’ambition de tout prendre !"

MUSIQUE
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RENCONTRE - La rue l'a fait, Lacrim le lui rend bien avec son premier album sur une major, le très attendu "Corleone". Le rappeur raconte à metronews son parcours chaotique et son amour de la musique, deux faces indissociables d'un même destin.

"Le fait que je me raconte sans fard plaît aux gens", analyse Lacrim, cheveux plaqués, voix grave et pointe d’accent du sud de la France, alors que l'album Corleone (Def Jam/Universal) est déjà 3e des ventes digitales, avant même sa sortie ce lundi. Preuve supplémentaire de l'attente autour du prodige : l'émission Planète Rap de Skyrock lui sera consacrée pendant deux semaines... Du jamais vu ! Reste que Lacrim de son vrai nom Karim Zenoud, 29 ans, n'est pas tout à fait un débutant puisque depuis son premier album, le bien nommé Liberté Provisoire, paru en 2010, le natif de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) a collaboré avec les pointures du hip-hop français, de Keny Arkana à Rim'K du 113 en passant par Le Rat Luciano.

D'emblée, les textes de Lacrim transpirent les millions et sentent le bitume, que le rappeur arpente depuis ses 11 ans, âge où il sort du système scolaire. "J'ai bougé partout en France, de foyer en foyer", raconte celui qui confesse "un goût pour la rue inexpliqué". Car au contraire de bon nombre de ses confrères, le rappeur a véritablement vécu l'existence de gangster qu'il inscrit dans ses textes. Condamné en 2012 à 4 ans de prison, dont deux avec sursis pour une affaire en lien avec le grand banditisme, Lacrim a quitté la maison d'arrêt d'Aix en février dernier, bracelet électronique à la cheville, pour s'installer à Marseille.

Le rap, comme porte de sortie de la délinquance ?

"Je n’ai pas vu mon fils pendant 8 mois. J’ai fait pleurer ma mère, j’ai été privé de tout", raconte Lacrim, assumant ses erreurs. "C’est me manquer de respect de penser que je fais l’apologie de tout cela, que c’est un coup marketing". D’ailleurs, Corleone n’est pas un clin d’œil au Parrain, mais au village pauvre sicilien à côté de Palerme, ville de notables. "Les mafieux avaient le pouvoir. Un jour, les Corléonais se sont révoltés et ont tout pris à Palerme." Le parallèle avec sa vie, entre délits et bourlingue, est tout trouvé : "Je suis parti de rien, je fais de la musique et j’ai l’ambition de tout prendre !".

Le rap, comme porte de sortie de la délinquance ? "Au début, je n'étais pas trop sérieux, même si j’adorais la musique", admet-il. "Ma force, quand je fais un truc, c’est que je le fais sérieusement", ajoute-t-il, avant de marquer une pause. "Il fallait que je m'en sorte. Aujourd'hui, je suis fier de ce que je fais, de pouvoir aider ma famille". S'il admet que ce genre de vie laisse des séquelles, Lacrim, visage marqué, et regard franc, l'assure : "Je suis un modèle de réussite".

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