Les Daft Punk, frenchies partout, sauf chez eux ?

Les Daft Punk, frenchies partout, sauf chez eux ?

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DECRYPTAGE – Dimanche soir, les Daft Punk ont fait triompher la France aux Grammy Awards. Reste qu'au fil de leur brillante carrière, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont tout fait, ou presque, pour s'imposer comme une vraie marque globale.

Ils sont venus, ils ont vaincu, et ils n'ont pas dit un mot. Nommé cinq fois aux Grammy Awards, les Daft Punk en ont reçu autant dimanche à Los Angeles, du jamais vu dans l'histoire de la musique pour un groupe français. Français, vraiment ? Si les commentateurs n'ont pas manqué de rappeler leurs origines tricolores, il y a bien longtemps que les deux copains du lycée Carnot se sont affranchis de l'étiquette "made in France". La preuve : le 14 février prochain, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo seront les grands absents de la cérémonie des Victoires de la Musique . "Ils ne pourront pas venir, ils ont prêté leur casque à François Hollande", ironisait il y a quelques jours Nathalie André, la patronne du divertissement de France 2.

Cinq jours plus tard, en revanche, ils pourraient de nouveau triompher sur la scène des Brit Awards, les Victoires anglaises. De là à dire que les fers de lance de la french touch boudent leurs origines ? Si un vieux conflit les oppose à la Sacem au sujet leurs droits d'auteurs, les deux DJs restent au fond très cohérent dans leur volonté de s'imposer comme une marque globale. Les puristes se souviendront qu'en 1994, ils publiaient leur premier maxi, "The New Wave", sur un obscur label écossais, avant de signer quelques années plus tard, après bien des sollicitations, sur la filiale française de Virgin Records.

Chronique d'un déracinement programmé

"On reçoit des faxes de Danemark, de Suède, du Japon, alors qu'on a vendu 15 000 disques", expliquait à l'époque Thomas Bangalter dans l'une des rares interviews filmées du groupe, sans casque , diffusée par Canal +. "Ca montre qu'il y a public partout et qu'en faisant des trucs dans sa chambre, on peut toucher les gens à l'autre bout de la terre". Depuis, la musique des Daft a fait le tour du monde. Et eux avec. En 1996, ils filmaient le clip de "Da Funk" dans les rues de New York avec le réalisateur Spike Jonze, avant de s'offrir les services du réalisateur japonais d'Albator, Leiji Matsumoto, pour les besoins de l'album Discovery et du film musical Interstella 5555.

En 2006, c'est en Californie qu'ils tournaient leur film expérimental, Electroma, avant d'accepter de signer la B.O du blockbuster hollywoodien Tron : L'Héritage, dans lequel ils faisaient une courte apparition. Dernier avatar de leur déracinement programmé : leur départ de Virgin France, pour les besoins de la sortie de Random Access Memories, paru sur le label international Columbia l'an dernier. Un disque sur lequel il rendent hommage aux princes de la musique américaine des seventies, Chic en tête. Les Daft Punk, définitivement perdus pour la France ?

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