M. Pokora : "J'ai envie de montrer que je ne suis pas un branleur !"

M. Pokora : "J'ai envie de montrer que je ne suis pas un branleur !"
MUSIQUE

MUSIQUE - Il est certainement le chanteur le plus populaire de sa génération. M. Pokora revient avec un sixième album intitulé "R.E.D.", comme "Rythmes extrêmement dangereux", cocktail plutôt efficace de pop urbaine. Confessions d'un infatigable showman.

Depuis la sortie de A la poursuite du bonheur, en 2012, vous avez vécu énormément de choses positives, entre "Robins des bois", le record de NRJ Music Awards et "Danse avec les stars"...
C'est dingue tout ce qui s'est passé. Mais j'ai toujours dit qu'une carrière, c'était une course de fond, pas un sprint. Le fait de voir qu'il se passe encore autant de choses au bout de 12 ans de carrière, comme le classement du JDD (il a fait son entrée à la 25e place, NDLR), ce sont des choses auxquelles on ne pense pas. Ça nous tombe dessus, ça encourage à continuer. On se demande toujours quand ça va s'arrêter, parce que la roue tourne, et que ce sera peut être un jour à quelqu'un d'autre.

Avez vous imaginé votre nouvel album R.E.D. en fonction de ça ?
Je cherche toujours la progression et l'évolution en fonction de mon âge. Quand j'ai commencé, on me disait que ma carrière tiendrait deux ans et puis j'ai grandi. On a rigolé quand je me suis mis à danser et chanter en même temps, alors que tout le monde le fait aujourd'hui. J'ai toujours eu la même ligne directrice, je ne me suis jamais trahi. Certes ça demande beaucoup de sacrifice et de prise de risque. Même quand j'ai fait la première saison de « Danse avec les stars », j'aurais pu me péter les dents, alors que je sortais à peine la tête de l'eau avec mon album en anglais.

Dès le premier titre du disque, "Avant nous" on ressent un réel plaisir musicalement...
Quand j'ai commencé, il n'y avait pas de place pour la musique jeune, pop et urbaine. Et là, je me suis dit que c'était le moment d'apporter au public populaire un peu de funk alors qu'en France, on a plutôt une culture de chanson à texte et à voix. Je suis arrivé à un niveau où je ne réfléchis plus comme avant, je cherche surtout à me faire plaisir.

Votre prochaine tournée sera-t-elle influencée par l'expérience de "Robin des bois" ?
J'ai toujours voulu avoir un énorme dispositif, c'est juste que je ne vendais pas assez de billets pour faire des trucs monstrueux. Mais aujourd'hui, je peux me permettre plein de choses. Je vais rajouter des cuivres, des acrobates, des écrans géants, de la pyrotechnie, ça va bouger. On va être environ 25 sur scène et il y a aura deux fois plus de matériel.

Etes vous parfois blessé par les critiques qui vous jugent trop populaire ?
On ne peut pas plaire à tout le monde. Stromae a réussi mais ça arrive une fois tous les 40 ans. Si son album était sorti à la grande époque, ça aurait été le plus vendu de tous les temps. Les critiques me font réfléchir, mais je me dis qu'il ne faut pas se prendre la tête. C'est dur de faire accepter le changement quand on commence à 17 ans. Ma musique reste à l'image de qui je suis aujourd'hui, de mes valeurs. Plus jeune, j'essayais de ressembler à mes idoles américaines et en France, on n'est pas habitué au clinquant et on prenait tout au premier degré.

"Réussir une carrière, c'est presque des calculs scientifiques !"

Avec la maturité, portez-vous un regard différent sur votre notoriété ?
Oui, mais j'ai l'avantage d'avoir connu très tôt la vie d'une célébrité. Je n'ai pas eu de changement violent, j'ai toujours vu des gens me prendre en photo, des filles m'attendre à la sortie des concerts et des émissions de télévision. Ce n'est pas facile tous les jours, mais j'ai appris à me protéger et recourir à certaines astuces. Même si la vie d'artiste est très belle, il faut être armé psychologiquement. Je comprends que ce soit l'un des seuls métiers où l'on pète autant les plombs.

Selon vous, qu'est ce qui vous a empêché de craquer ?
Le sport, l'hygiène de vie. Et je relativise beaucoup, notamment quand je vais voir des enfants malades dans les hôpitaux. J'ai rempli mon premier Bercy à 20 ans, alors que la plupart sont encore en train d'étudier. Mais j'ai su bien m'entourer. C'est pour ça qu'une voix extraordinaire ne suffit pas pour se faire remarquer dans les télécrochets. Pour réussir une carrière, il faut la tête, le talent et les cases disponibles dans son crâne pour encaisser beaucoup de choses. Il faut être visionnaire, voir plus loin que le bout de son nez, c'est presque des calculs scientifiques !

Il faut aussi savoir gérer le déballage de sa vie privée...
Ça me fait chier, chaque année, je suis en procès contre les magazines people. Je comprends que ça suscite de l'intérêt mais je n'accepte pas. Je ne fais pas ça pour l'argent, mais par principe. C'est moins violent aujourd'hui, mais pour la personne avec qui je suis, c'est très dur. On m'a pris en photo devant chez moi, ça va trop loin. Je n'ai pas demandé à me faire embêter alors que je suis à la plage, et tout peut être interprété à leur sauce. Mais j'encaisse, je suis un grand garçon ! (rires)

En 2013, vous rêviez de chanter un jour au Stade de France...
J'ai déjà fait 4 fois Bercy, je vais le refaire à la fin de cette tournée. Je ne vois pas pourquoi je ne m'autoriserais pas à rêver plus haut. J'ai prouvé depuis 11 ans que rien n'était impossible. J'ai déjà réalisé tous mes rêves, je ne vois pas pourquoi je n'y arriverai pas un jour. En plus, mes chansons invitent à sortir du chemin qui m'est tracé. On s'ennuierait si on ne rêvait pas d'aller à tel endroit ou de rencontrer telle personne.

Y a t-il des artistes que vous auriez rêvé de rencontrer ?
Michael Jackson pour sa vision des choses. Et puis un mec comme Claude François, en qui je me reconnais parfois. Dans ma manière d'aborder les choses, je me sens successeur de ma génération, pour le côté carré et le goût du show, même si j'ai davantage des influences anglo-saxonnes. Son fils m'a d'ailleurs fait l'un des plus beaux compliments en me comparant à lui. J'aimerais qu'on dise aussi dans 20 ans que j'ai marqué mon époque. J'ai envie de surprendre les gens, de montrer que je ne suis pas un branleur.

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