Maître Gims : ''Ce n'est pas mon style de dévaloriser les femmes''

Maître Gims : ''Ce n'est pas mon style de dévaloriser les femmes''

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INTERVIEW - A l'occasion de la sortie ce vendredi de son second album en solo ''Mon Cœur avait Raison'', Maître Gims nous a accordé un entretien. Musique, amour, clash... le chanteur s'est confié en toute sincérité.

Juste avant votre arrivée, on se demandait comment vous appeler, Maître Gims, Gims tout court ou Gandhi votre vrai prénom ?
Les gens de ma famille, mes frères et sœurs, m’appellent Gandhi. Mes proches, mes amis d'enfance, disent Meghi [Gims en verlan, ndlr].

D'où vient votre nom d'artiste ?
C'est sorti de l'imagination de mon grand frère qui m'appelait Gims quand j'étais plus jeune. Plus tard, j'ai rajouté Maître. J'aimais bien ce côté maître-élève, un peu comme dans les arts martiaux, comme un prof de karaté.

Vous avez dit que les deux pilules qui constituent ''Mon Cœur avait Raison'' – pilule bleue pour les titres de pop urbaine, pilule rouge pour le rap – étaient aussi essentielles l'une que l'autre. Mais est-ce que votre cœur penche davantage pour une des deux couleurs ?
S'il ne devait rester qu'une couleur ça serait la bleu. Je sacrifierais la rouge.

C'est un choix pragmatique ?
Non, c'est vraiment ce que j'aime. J'aime chanter, la mélodie. La rouge est spéciale. C'est très rappé. On propose moins de choses. C'est pour un public ciblé.

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Mais est-ce que vos textes relevant du rap ne sont pas plus engagés que vos autres chansons ?
On pourrait le croire parce que c'est plus énervé mais c'est juste dit d'une manière différente.

''Dans mes clips, je n'ai jamais été dans ce délire des filles en culotte''

Et qu'est-ce qui vous énerve en ce moment ?
L'injustice, je chanterai toujours l'injustice. On ne peut pas faire semblant de ne pas la voir. Mais je ne peux faire que chanter, ce sont mes armes.

Mais il y a aussi votre association Eau de la Terre. Avez-vous démarré des projets ?
On va lancer la commercialisation de la bouteille d'eau Bella dont les revenus seront consacrés à la construction de puits en Afrique. Il y a plein de gens qui ont manifesté leur intérêt pour cette association et qui veulent être partenaires. Le site Internet va aussi arriver.

Sur la chanson ''Habibi'', vous dites ''Mon rêve d'enfant c'est un château de sable''. Quel était votre vrai rêve d'enfant ?
Avoir une belle maison dans laquelle on pourrait manger, déjeuner, goûter, dîner, se brosser les dents, mettre un pyjama, dormir. Je voyais ça chez des amis mais ce n'était pas comme ça chez moi. C'était l'image d'une famille idéale.

Ce n'était pas chanter alors...
Non, mon père était déjà chanteur [il faisait partie du groupe Viva La Musica de Papa Wemba, ndlr]. J'ai baigné dedans durant toute mon enfance. Envisager une carrière de chanteur c'est venu bien plus tard.

Sur ''Number One'', quelqu'un fait tourner la tête à une fille autant qu'un gros splif. Etes-vous pour la dépénalisation du cannabis ?
Pour que cela devienne comme à Amsterdam ? Non je suis pas du tout pour ça.

Dans vos clips, il y a très peu de filles en petites culottes. C'est un deal avec votre femme ou avec vous-même ?
Avant même de me marier, avec la Sexion d'Assaut, dès le début, on n'a jamais été dans ce délire des filles en culotte. Ça n'a jamais été notre rap ou l'image qu'on voulait véhiculer. La première fois que j'ai mis une fille en avant c'était dans le clip de ''Bella'' mais c'était plutôt classe et noble, un hommage. Ce n'est pas du tout mon style de dévaloriser les femmes.

''Je suis plutôt calme, je n'ai pas du tout envie d'être dans des clashs''

Sur ''Cadeaux'', il y a cette punchline ''Tes bijoux ne valent pas ta présence''. On vous a déjà fait ce reproche ?
Oui plein de fois, tout le temps.

Encore aujourd'hui ?
Oui, ''Cadeaux'' c'est vraiment moi. Dans tout ce que je chante, il y a très peu de fiction.

Waouh, vos histoires d'amour ont l'air d'avoir été souvent très compliquées alors...
Très compliquées, oui.

Mais vous êtes rangé maintenant...
Bah, un artiste n'est jamais rangé. Quand tu es artiste tu appartiens à tout le monde, aux gens, au peuple. Le peuple t'a choisi. T'es Zorro quoi [rires].

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Vous dites qu'un artiste veut qu'on parle de lui mais finalement on ne vous voit pas tant que ça à la télé, on ne vous invite pas ou vous ne voulez pas y aller ?
J'ai fait très peu de télé c'est vrai. Je suis assez discret, je n'aime pas trop apparaître. Mais si on m'invitait au JT de France 2 ou de TF1, je m'y rendrais.

Hormis la récente passe d'armes avec Joey Starr, vous n'êtes pas trop dans des clashs, dans des histoires avec d'autres artistes. Vous êtes plutôt calme comme garçon ?
Oui c'est ma personnalité. On ne m'embête pas trop. En général les gens me respectent et apprécient mon travail, c'est surtout pour ça sinon on m'aurait déjà clashé depuis longtemps. Et puis je n'ai pas du tout envie d'être sur ce registre.

Malgré le succès de votre premier album Subliminal, vous êtes stressé par la sortie de MCAR ?
Je suis grave stressé. Je n'ai aucune idée de ce que les chiffres de vente vont donner, est-ce que le démarrage va être bon. Pour le premier album, j'étais sur un mode découverte, je sortais de Sexion d'Assaut, j'attendais de voir ce que cela allait donner. Le succès m'a donné de la confiance en moi mais là je suis confirmé, je reviens. Mais est-ce que cela n'est pas trop tôt ? Est-ce qu'il y a une réelle attente ?

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