Milky Chance, le succès tranquille

MUSIQUE

PHENOMENE – Après le buzz autour de son single "Stolen dance", le duo allemand Milky Chance sort enfin son premier album. Rencontre avec un groupe qui poursuit sa route sans prise de tête.

Ils ressemblent à deux oiseaux tombés du nid. D'un côté, le chanteur et guitariste Clemens Rehbein, tignasse imposante et moustache négligée. De l'autre, son acolyte Philipp Dausch et sa bouille encore juvénile. A peine sortis de l'adolescence, ils forment pourtant l'un des groupes les plus en vue du moment avec Milky Chance. Difficile d'échapper en ce moment à leur single "Stolen dance" , qui dame le pion à Pharrell Williams, Coldplay et Michael Jackson au classement iTunes. Un tube immédiat qui a pourtant mis plusieurs années à se construire. "Cela n'a pas été aussi évident que ça, c'était comme rassembler les pièces d'un puzzle, explique Clemens. C'est assez caractéristique de l'évolution de ma personnalité, entre la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte."

Après avoir créé un groupe de jazz au lycée, où ils se sont rencontrés, les deux musiciens n'ont pas tergiversé au moment de passer à l'étape supérieure. "Beaucoup de jeunes ont l'impression qu'ils ne vont jamais y arriver, argue Philipp, le plus disert des deux. Bien sûr qu'il y a eu des périodes de doute, où on a pu regretter de ne pas avoir choisi la solution de facilité, mais il fallait rester focalisé sur son objectif et garder l'espoir."

Un disque qui respire les vacances

A la clé, un premier album intitulé Sadnecessary, destiné à durer bien plus qu'une saison. Au programme : quelques accords de guitare entre folk et reggae déposés sur des boucles lancinantes, comme avec les hits potentiels "Stunner" et "Down by the river", et le tour est joué. Loin d'être révolutionnaire, mais la recette fonctionne, notamment grâce à la voix éraillée et puissante de Clemens, au croisement de Bob Marley et de Kurt Cobain. Un disque lumineux qui fleure bon les beaux jours, idéal pour se croire en vacances au soleil toute l'année, les doigts de pieds en éventail.

Avec ce succès mérité, le duo bouscule quelque peu le paysage musical allemand. "Plein de gens ne savent pas qu'on vient de là-bas, estime Philipp. Ce n'est pas vraiment le genre de musique qui passe à la radio et le côté relaxant et doux ne colle pas vraiment à l'idée qu'on se fait des Allemands. Et puis je n'écrirai jamais dans ma langue, c'est davantage le langage des philosophes. On préfère décrire nos sentiments avec les cinq mêmes mots." Aussi simple que ça.

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