Omar Souleyman envoûte La Machine du Moulin Rouge

Omar Souleyman envoûte La Machine du Moulin Rouge

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CONCERT - Le Syrien en exil s'est produit samedi soir à Paris. Un second concert quelques mois après son passage remarqué au Pitchfork Festival, où son électro jubilatoire avait séduit le public parisien.

Son passage au Pitchfork Festival en novembre dernier nous avait scotchés. Keffieh vissé sur le crâne, petites lunettes noires et grosse moustache, Omar Souleyman avait livré un concert hypnotique grâce à son électro cheap saupoudrée de mélodies traditionnelles. Deux mois plus tard, le Syrien a récidivé samedi soir à la Machine du Moulin Rouge.

La foule ultra-lookée qui se presse vers 20 heures au pied de Montmartre ressemble à s'y méprendre à celle qui court les défilés dans la capitale ces jours-ci, fashion-week oblige. A l'intérieur, Acid Arab triture déjà ses platines devant un public très vite conquis. Et pour cause, le duo sévit depuis plusieurs mois dans les soirées parisiennes. Un mélange d'acid house et de musique orientale qu'on avait déjà écouté sur disque mais qui prend toute sa dimension sur scène. La Machine s'emballe rapidement, la température monte d'un cran et Acid Arab affiche un grand sourire en quittant la scène après une heure de set.

Les grands festivals se l'arrachent

Lessivé, le public profite de la pause pour se ruer sur le bar. Si bien que personne ne remarque Omar Souleyman faire son entrée par l'entrée principale. Avec sa petite doudoune et sa casquette noire, le chanteur proche de la cinquantaine se glisse discrètement dans la salle. La métamorphose opère quelques minutes plus tard : keffieh rouge et blanc et djellaba, le syrien s'avance sur scène et fait chavirer le public en quelques secondes. A ses côtés, son homme-orchestre Rizan Sa'id se charge de la musique : des sonorités moyen-orientales répétées en boucle, conjuguées à des synthés kitsch et une production lo-fi. Cela ne ressemble à rien, et c'est tant mieux. La foule jubile, improvise des chorégraphies improbables et se laisse envoûter durant un peu plus d'une heure.

Omar Souleyman, lui, demeure impassible. Il faut dire que le syrien en exil en Turquie rode son tour de scène depuis une vingtaine d'années. A l'époque, il se fait connaître dans son pays en animant les banquets et les mariages au son du dabke levantin, une danse traditionnelle. L'homme aux 500 cassettes enregistrées sur le sol syrien connaît un début de reconnaissance en 2006, quand le label Sublime Frequencies se décide à sortir ses disques. Depuis, les plus grands festivals se l'arrachent : la Villette Sonique à Paris, le Sonar de Barcelone ou le prestigieux Glastonbury en Angleterre. Et sa recette fait mouche à chaque fois. Il suffisait de voir le sourire béat du public samedi soir à la sortie de la Machine pour s'en convaincre.
 

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