Orelsan, rejugé pour plusieurs de ses chansons, sera bientôt fixé sur son sort

Orelsan, rejugé pour plusieurs de ses chansons, sera bientôt fixé sur son sort

JUSTICE - Rap "ironique" et de "mauvais goût", ou provocation à la violence contre les femmes ? Où se situe la limite entre création artistique et délit ? Le rappeur Orelsan, rejugé à Versailles pour plusieurs de ses chansons, saura jeudi 18 février s'il est condamné.

"On peut pas faire que des œuvres qui soient du Walt Disney, quoi !" C'est ce qu'avait plaidé Oreslan à la barre de la cour d'appel qui le jugeait pour la troisième fois, en décembre dernier. "Il y a la liberté de création !", avait lancé le rappeur de 33 ans, Aurélien Cotentin de son vrai nom. Pas de quoi ébranler les représentantes des cinq associations féministes qui le poursuivent : Chiennes de garde, Collectif féministe contre le viol, Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires et Mouvement français pour le planning familial.

En cause, les textes de huit de ses chansons, interprétées lors d'un concert à Paris en mai 2009 : "J'te quitterai dès qu'j'trouve une chienne avec un meilleur pedigree", "J'respecte les schnecks avec un QI en déficit, celles qui encaissent jusqu'à finir handicapées physiques"... Pour certains des passages litigieux, l'artiste avait été condamné en 2013 à 1000 euros d'amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

Orelsan le jure, ses paroles ne reflètent pas ses opinions sur les femmes

Les juges avaient considéré la phrase "les féministes me persécutent (...), comme si c'était d'ma faute si les meufs c'est des putes", comme une injure sexiste. Pour "renseigne-toi sur les pansements et les poussettes, j'peux t'faire un enfant et t'casser le nez sur un coup d'tête", ainsi que "ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner (...)", Orelsan avait été reconnu coupable de "provocation à la violence à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur sexe".

Mais en 2014, la cour d’appel de Paris avait jugé les poursuites prescrites, sans se prononcer sur le fond. La Cour de cassation avait annulé cette décision en juin et ordonné ce troisième procès. Le rappeur assure qu'il s'agit de propos "ironiques", certes parfois "d'hyper mauvais goût", placés dans la bouche d'un "personnage fictif", "un gros nul", en ne reflètent pas son opinion. "Personne ne peut se dire: 'Si Orelsan le dit, c'est que c'est vrai' ?", l'avait interrogé le président de la cour. L'intéressé de répondre : "Dans mon public, personne ne se dit ça."

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