Pharrell Williams, l'homme qui murmurait à l'oreille des "G  I  R  L"

Pharrell Williams, l'homme qui murmurait à l'oreille des "G I R L"

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PHÉNOMÈNE – L'album "G I R L" de Pharrell Williams est sorti ce lundi 3 mars. A la clé, onze morceaux pour, dit-il, apporter sa pierre à l'édifice de "l'égalité hommes-femmes". Explications.

Cela fait vingt ans que ça dure. En deux dizaines d'années de carrière, le prolifique producteur des Neptunes, chanteur avec son groupe N*E*R*D, a joué sur tous les tableaux, tantôt styliste, parfois designer, régulièrement derrière le micro, souvent derrière les consoles. Mais c'est en 2013 que Pharrell Williams a véritablement explosé aux yeux du grand public. L'année dernière, le génial artiste s'est offert deux tubes de l'été avec "Blurred Lines" de Robin Thicke et "Get Lucky" avec les Daft Punk. Et comme si cela ne suffisait pas, le voilà numéro un dans 175 pays avec son tube "Happy".

Malheureux dimanche aux Oscars, où il était nommé dans la catégorie meilleure chanson originale, mais heureux en amour, l'homme n'a eu de cesse de répéter pendant la promo de l'album "G I R L" que ce dernier était "une lettre d'amour adressée aux femmes". Le but ? "Contribuer à l’égalité homme femmes et à la perception des femmes dans la société". Ni plus, ni moins. Et il l'affirme sans détour : "Je veux être du côté des femmes".

"Une lettre d'amour"

Pour défendre son travail, Pharrell Williams cajole et flatte les égos féminins. "C'est un album très personnel. Il y a un autre Pharrell, que les gens ne connaissent pas. Ma perception, c'est que le monde est dominé par les hommes. En 2014, on envoie des robots sur Mars pour rechercher de la vie sur cette planète. On a aussi une station spatiale qui recherche également la vie depuis 20 ans. Et pourtant, sur notre planète, des gens essaient de contrôler la source de la vie : les femmes. Toute la vie vient des femmes", déclarait-il la semaine dernière lors de son passage à Paris .

Toujours dans son explication, il expose une théorie qui ferait opiner du chef n'importe quelle féministe. "Si les femmes décidaient d'arrêter de faire des enfants, il n'y aurait plus d'humanité. Donc, elle nous sont essentielles. Musicalement, j'ai voulu offrir tout le spectre de cette idée : c'est ma lettre d'amour aux femmes (…) Oui, j'aime toujours le corps des femmes. Ça, c'est l'extérieur. Mais c'est important d'éclairer l'intérieur et de montrer l'importance des femmes dans la société. C'est pourquoi, j'ai baptisé ce disque G I R L en lettres majuscules, avec deux espaces entre chaque lettre. Je voulais que cela s'écrive différemment pour qu'il y ait un changement de lecture. L'histoire est en train de changer, et je veux être du bon côté".

Pharrell Williams et les femmes : une vieille histoire

Et visiblement, être du bon côté de l'histoire, c'est citer Jeanne d'Arc, Marilyn Monroe, Cléopâtre, des femmes emblématiques, tantôt guerrières tantôt sex-symbols. Mais c'est également embarquer Miley Cyrus et Alicia Keys sur deux morceaux, en recadrant la première sur "Come get it bae" et en affirmant la féminité de la seconde sur "Know who you are". Un procédé malin, bien produit et intelligemment pensé mais déjà utilisé par le passé. Car si les deux chanteuses apparaissent comme les "muses" de cet album, l'artiste avait déjà emmené d'autres femmes dans ses aventures musicales auparavant. Kelis, Britney Spears, Beyoncé, Gwen Stefani, Madonna, Jennifer Lopez, Shakira, ou encore Nelly Furtado toutes ont toutes travaillé un jour avec cet alchimiste qui transforme les gentilles écolières en bombe sexy. Et les adolescentes délurées en femmes au sex-appeal indéniable.

Pour ce deuxième opus solo, Pharrell n'offre musicalement rien de réellement nouveau. Les recettes sont les mêmes qu'au début. Les violons sont hyper-présents, la basse et la guitare sont tour à tour funk et disco, les beats sont "french touch" et la voix toujours aussi haut perchée. Privilégiant le plaisir à l'expérimentation, le producteur-chanteur s'est replongé dans une certaine nostalgie mâtinée de sons très actuels. Si on peut affirmer qu'il s'est rangé du bon côté (celui des femmes), son album est à classer dans le rayon de ceux qui nous feront danser tout l'été. Et au-delà.

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