Pour Sidney, "le hip-hop doit encore se battre pour exister"

Pour Sidney, "le hip-hop doit encore se battre pour exister"

MUSIQUE
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PORTRAIT - Pour fêter comme il se doit son dixième anniversaire, le festival Paris Hip-Hop a fait appel à un parrain de choix en la personne de Sidney. Grâce à son émission télévisée "H.I.P H.O.P", diffusée sur TFI durant l'année 1984, il est celui qui a pour la première fois médiatisé la culture hip-hop en France.

"Je pense hip-hop, je mange hip-hop, je vis hip-hop". Ainsi parle Sidney, figure historique d’un genre qu’il mettre en lumière avec l’émission "H.I.P. H.O.P". diffusée en 1984 sur TF1. A l’époque, il devient le premier animateur noir en France et le premier à médiatiser ce mouvement émergent et à le rendre populaire. Car Sidney c'est aussi un look, une attitude : grosses lunettes, veste oversize, couleurs flashy, casquette et chaînes en or...

Né le 11 octobre 1955 à Argenteuil, au cœur d’une famille passionnée de musique, Patrick Duteil, c’est son vrai nom, s’adonne à la pratique de la batterie, de la basse, du saxophone et de la danse. Collectionneur de vinyles, il endosse rapidement le rôle de DJ rapidement ses premiers cachets dans les soirées funk et jazz de la capitale.

Un pied de nez au monde de la télé

Sa carrière médiatique prendre son essor grâce Marie-France Brière, directrice des programmes de la radio libre Radio 7. En 1981, elle lui propose une émission quotidienne sur les ondes de la station, avant de faire appel à lui trois ans plus tard lorsqu’elle arrive sur TF1.

C’est la naissance de H.I.P H.O.P., "un pied de nez à tous ceux qui disaient à qu’à la télévision, on fait de la télévision. Pas de la culture." Pendant quinze minutes, Sidney propose un programme complet avec de la danse, de la musique et du graffiti. L'animateur accueille sur son plateau de grands artistes tels que Afrika Bambaataa, Sugarhill Gang, un tout jeune Joeystarr mais aussi celle qui allait devenir la reine de la pop... Madonna.

Toujours passionné par le genre

"Cote d’amour", son émission suivante ne connaîtra hélas pas le même succès. Moins de hip-hop, plus de rock. "Le public m’a abandonné, ce n’était plus moi " confiait-il il y quelques jours à Thierry Ardisson dans "Salut les Terriens". 30 ans plus tard, Sidney reste l'un des piliers du hip-hop made in France.

Alors qu’il prépare un album avec son groupe de toujours, Black, White & Co, l’intéressé continue de suivre de très près l’évolution d’une culture hier émergente, aujourd’hui omniprésente.  "La nouvelle génération fait un boulot du tonnerre", salue-t-il. "Même si le hip-hop doit encore se battre pour exister. Parce qu'il est encore parfois mal perçu par les médias."

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