Rock en Seine, jour 2 : le sacre de Portishead, la folie Prodigy, la parenthèse enchantée d'Emilie Simon

Rock en Seine, jour 2 : le sacre de Portishead, la folie Prodigy, la parenthèse enchantée d'Emilie Simon
MUSIQUE

ON Y ETAIT – Le deuxième chapitre de l'édition 2014 a provoqué de vives émotions avec la prestation de Portishead et la présence d'un orchestre symphonique aux côtés d'Emilie Simon. Sans compter quelques jeunes pousses pour le moins prometteuses. 

La belle surprise : Alb
Pas toujours facile de lancer les hostilités. Ainsi l'excellent chanteur français Alb a-t-il mis un peu de temps à réchauffer le public venu en nombre en cette fin d'après-midi du samedi. Un début de concert un peu désincarné pour celui qui s'est fait connaître aux côtés de Yuksek sur scène. Comme l'impression d'assister aux expérimentations synthétiques d'un rat de studio. Mais le titre « Golden chains » a inversé la tendance avec ses bruitages de jeux vidéo qui ont réveillé une partie de la foule. Avant d'enchaîner avec d'autres morceaux issus de son limpide album, « Come out ! It's beautiful », comme la vrombissante « The Road » ou « Oh ! Louise », dédié à sa fille.

17h50. Deux mondes s'opposent sur les scènes Pression Live et Cascade. D'un côté, le groupe britannique Clean Bandit, sensation de l'été avec le tube « Rather be », qui a permis de rameuter une foule compacte. De l'autre, le trio américain de Thee Oh Shees, et leur rock sans fioriture, qui déclenche plusieurs pogos aux premiers rangs. Le match entre les deux formations est sans appel, difficile de trouver une quelconque originalité chez Clean Bandit : des samples eurodance plutôt datés, deux chanteuses qui en font des tonnes et une reprise convenue du titre « Show me love », symbole des nineties. De leur côté, les Américains ne s'embarrassent d'aucun artifice pour livrer un set énergique et brûlant, très roots.

La parenthèse enchantée : Emilie Simon
Après Get Well Soon en 2012, l'Orchestre National d'Île de France a conjugué ses talents avec celui d'Emilie Simon. Une jolie façon de célébrer la sortie en mars dernier de son dernier album, « Mue », aux ambiances cinématographiques et aux arrangements amples. Ainsi, certains titres comme « Perdue dans tes bras » ou « Des larmes » ont été magnifiés samedi à Rock en Seine. Reste que la beauté de l'ensemble symphonique fut souvent écrasée par la puissance des musiciens de la Montpelliéraine. Très beau moment instrumental toutefois au milieu du concert avant que la chanteuse ne revête son bizarroïde bras électronique. Un concert rare et trop court.

Le sacre de Portishead 

Il est 20h45, pétantes, lorsque la silhouette frêle et fantomatique de Beth Gibbons apparaît sur scène. Forts de trois albums et de trop rares apparitions en France, le groupe légendaire de Bristol avait rendez-vous avec son public français. Et les retrouvailles furent... magiques ! La voix Beth Gibbons, Lady du trip-hop ayant bercé de nombreux trentenaires présents hier, a soufflé un vent de nostalgie. Pour fêter les vingt ans de son album "Dummy", le groupe a déroulé tous ses tubes. "Sour Times", "All Mine", "Cowboys"... On les attendait dans ce registre, ils n'ont pas déçu. Un live trippant, hypnotisant, magistral. Bien sûr "Glory Box" a emporté les spectateurs, loin, très loin... Un instant de grâce. 

L'énergie Flume 

Coincé entre les deux têtes d'affiche attendues : Portishead et The Prodigy, Flume a relevé le défi de mettre en jambes avant le set de The Prodigy, de fort belle manière. Le beatmaker australien a offert un set d'une puissance magistrale. Son album éponyme donnait envie de le découvrir, sur scène. Et forcément, il n'a pas déçu les commentateurs qui placaient en lui les espoirs du renouveau de la scène électro. Enchainant les morceaux devant une foule compacte et toute acquise à sa cause, Harley Streten a transformé la scène de la cascade en dance-floor géant. Et c'était bon, très bon, même. 

La folie The Prodigy 

A 23h00. Liam Howlett ouvre les portes de l'enfer avec "Breathe".  Âmes sensibles s'abstenir. Les anglais sont toujours là. La pelouse de la Grande Scène du festival est pleine à craquer, les bras se lèvent, les mouvements de foule donnent l'impression d'une immense vague humaine. Les corps sont désarticulés : pas de doute, l'ambiance rave de Londres était à Paris, ce samedi soir. Entre les morceaux, Keith harangue la foule "I want to see all the fucking French party people" qui lui répond par des cris, forcément. La sauce prend littéralement sur "Firestarter" et "Voodoo People". Et puis, et puis, le moment tant attendu, celui où la foule rendra son dernier souffle d'énergie sur "Smack My Bitch up" arrive. Les lumières saccadées au rythme des beats électro-rock aveuglent, les beats et les basses s'emparent des corps et... C'est le déluge de folie. 

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