Shtar Academy : le rap du bagne

Shtar Academy : le rap du bagne

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SORTIE – C'est une première dans le monde de la musique : la Shtar Ac est un album rap intégralement enregistré en prison pour éveiller les consciences, loin des clichés. Mirak et Malik, deux des détenus qui ont créé ces "sons du cachot", ont parlé du projet à metronews.

Leur album a failli sortir avant eux. Le premier opus de la "Shtar Ac", le projet réunissant trois prisonniers et des rappeurs confirmés est dans les bacs ce lundi. "Les portes du pénitencier, titre de leur single , se sont ouvertes depuis trois jours seulement pour Malik, depuis un mois pour Mirak. Badri, lui, est toujours derrière les barreaux. Tous les trois font partie des 300 détenus, auditionnés derrière les barreaux par Mouloud Mansouri, instigateur de ce projet musical pas tout à fait comme les autres. "Je les ai retenus parce qu'ils se débrouillaient bien", explique l'intéressé, lui aussi passé par la case prison.

La volonté de cet ancien dealer, à la tête de l'association Fu-Jo qui lutte pour la réinsertion des prisonniers par la musique, a été déterminante. Grâce à lui, Malik, 21 ans, condamné à trois ans pour cambriolage et extorsion de fonds, Mirak, 36 ans, à quatre ans pour trafic de stupéfiants et Badri, 21 ans, à sept ans pour cambriolages et vols en réunion ont ainsi pu rapper leur vie à la maison d'arrêt de Luynes aux côtés de pointures de la scène hip-hop française tels Keny Arkana, Médine, Némir ou encore les Casseurs Flowters .

Une activité pour se réinsérer

"Shtar Ac a été ma respiration. Quand on se croisait dans les couloirs, on se motivait. J'étais fou quand ils ne venaient pas un jour !", explique posément le Toulonnais Mirak. Le travail a duré un an. "Les rappeurs venaient pour enregistrer dans un studio spécialement aménagé, faire des master classes. Certains d'entre eux ont donné de leur temps mais ne figurent pas sur l'album comme Rocca ou Zoxea", précise Tony Danza, le co-auteur de l'album.

Forts de ce coup d'essai réussi, Mirak et Malik souhaitent poursuivre dans la musique. "Être prisonnier n'est pas évident. On veut casser les clichés : pas besoin d'avoir été en prison pour devenir un homme", assène Malik. Mouloud Mansouri espère lui défendre l'album "dans les prisons pour commencer, puis lors d'une tournée dans toute la France". Mais pas sans Badri. "On espère qu'il pourra sortir ou bénéficier de perm' exceptionnelles pour des scènes", insiste Tony Danza. "La Shtar Academy est aussi une manière de se réinsérer dans la société".

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