Shy’m : "Quand j’embrasse une fille sur la bouche, je ne sauve pas des vies, j’en tue encore moins"

MUSIQUE
PORTRAIT – Reine de la pop à la française, Shy’m publie ce lundi Solitaire (Warner), son cinquième album en huit ans de carrière. metronews est allé à la rencontre d’une jeune femme dont les tubes racontent, en creux, la personnalité contrastée de leur interprète.

"Si j’ai choisi de faire ce métier, ce n’est pas pour mener une vie lisse", confie Shy’m, à la veille de la sortie de l’album Solitaire. "J’ai besoin d’aventure, d’avoir peur, de recommencer à zéro à chaque fois. D’avoir tout à reconquérir". A bientôt 29 ans, et déjà près de 8 ans de carrière, l’enfant de Trappes a tout de même quelques acquis. Et pas seulement sur la piste de Danse avec les stars dont elle a été jurée, après sa victoire en 2011. Avec plus d’un million d’albums vendus, et presque autant de singles – Tamara Marthe, son vrai nom, est une queen of pop à la française. Avec ses tubes fédérateurs – "Femme de couleur", "Et alors !" – ses looks changeants et sa vie privée turbulente.

On passera sur sa nuit en garde à vue, cet été, pour conduite en état d’ivresse , afin de s’intéresser à ses amours qu’elle raconte, en creux, au fil de ses nouveaux titres, concoctés avec son mentor Cyril Kamar, alias K-Maro. "Il a un regard sur moi que je n’oserais pas forcément si j’écrivais moi-même mes textes", admet Shy’m. "Il connaît mes travers, mes côtés sombres, et il les aborde avec pudeur". Qu’elle se déclare "claustro-homme" sur "L’effet de serre", ou "femme mygale" sur, le très à propos "Garçon manqué", la chanteuse avoue des relations parfois "compliquées" avec le sexe opposé. Une conséquence, sans doute, de ce "goût pour la solitude" qui imprègne tout le disque. Au point d’en inspirer le titre.

"J’ai besoin de me cacher dans un extrême pour m’assumer"

"Ca peut paraître curieux lorsqu’on me voit très entourée, haute en couleurs, extravagante", reconnaît Shy’m. "Pourtant ça fait partie de ma personnalité. J’ai été élevée comme une fille unique par ma mère. Gamine, je ne regardais pas la télé, je préférais dessiner, fabriquer des trucs". Même contraste entre la showgirl sexy qui chante en petite tenue en prime time sur TF1 et "la petite fille en jogging et cheveux courts" de son enfance. "J’ai mis du temps à assumer ma féminité, à porter des talons, des fringues sexy", assure-t-elle. "Aujourd’hui j’ai besoin de me cacher dans un extrême pour m’assumer. Extravertie solitaire ou solitaire extravertie… Entre les deux, je ne suis pas heureuse."

Quid de la Shy’m "provoc", qui n’hésite pas à embrasser l’une de ses danseuses lors des NRJ Music Awards 2012, en plein débat sur le mariage gay ? Ou plus récemment l’une de ses copines sur son compte Instagram ? Dans un cas comme dans les autres, "ceux qui sont offusqués sont ceux qui ont un problème", insiste la jeune femme. "Lorsque je poste une photo sur le net, je lis beaucoup les commentaires. Certaines réactions sont primitives, brutes. D’autres plus nuancées. Parfois ça fait peur… Pourtant c’est tellement facile d’être tolérant. Quand j’embrasse une fille sur la bouche, je ne sauve pas des vies, j’en tue encore moins, non ?". Vu comme ça…
 

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