"The Book of Souls", la critique : Iron Maiden refuse de rouiller

MUSIQUE
ON ADORE – C’est la référence du heavy metal anglais depuis quatre décennies. Et pour quelques temps encore : avec "The Book of Souls", les vétérans d’Iron Maiden signent un album qui repousse les frontières du genre avec classe… et férocité.

Quelle merveille ! Lorsque s’achève "Empire of the clouds", titre épique de 18 minutes, difficile de ne pas rester pantois devant le travail accompli par Iron Maiden sur The Book of Souls, son seizième opus en 40 ans de carrière. Là où tant d’autres restent cramponnés à leurs fondamentaux, ces piliers de la New Wave of British Metal semblent avoir décidés de se remettre en question jusqu'au bout. La fin, les fans l’ont envisagée il y a quelques semaines, lorsque le chanteur Bruce Dickinson révélait son combat contre le cancer. Remis sur pied, le fier quinquagénaire est ici au sommet de sa forme, tout comme ses glorieux partenaires, le bassiste fondateur Steve Harris, les guitaristes Adrian Smith, Dave Murray et Janick Gers, et le batteur Nicko McBrain.

The Book of Souls, c’est curieusement le premier double album de la carrière de Maiden. Ce qui ne signifie pas remplissage, loin de là. Avec "seulement" onze titres au compteur, le groupe a fait le choix d’être plus épique que jamais, multipliant les pistes de guitares, électriques et acoustiques, les changements de rythmes, mais aussi les orchestrations classiques qui confèrent au disque de faux airs de bande originale de film, quelque part entre Ennio Morricone, Mad Max et Le Seigneur des anneaux. En prime, des chœurs enflammés qui feront lever les stades cours d’une prochaine tournée qui s’annonce d’ores et déjà triomphale.

Des vétérans qui carburent à l'excellence

Le disque s’ouvre sur "If Eternity Should Fail", le premier titre écrit par le seul Bruce Dickinson depuis des lustres. Après une intro ombrageuse, toute en synthés tourbillonnants, le chanteur lance l’assaut qui culmine aux deux tiers lors d’un break instrumental à couper le souffle, rythmique tribale en prime. En comparaison "Speed of Light", le premier single, est d’une structure plus conventionnelle, mais n’est reste pas moins diablement efficace. Ambitieux, "The Great Unknown" s’ouvre sur la basse envoûtante de Steve Harris et gagne en intensité au fur et à mesure que les trois guitaristes entrent en scène.

Vient ensuite le premier "gros" morceau de l’album. "The Red and The Black", dont les premiers accords évoquent le Metallica de l’époque Master of Puppets. Le groupe tout entier démarre bille en tête et entraîne l’auditeur dans une chevauchée fantastique commandée par un Bruce Dickinson en feu. Les chœurs sont majestueux, les rythmiques abrasives et les solos héroïques. Déjà un classique ! Iron Maiden poursuit la bataille avec l’énergique "When the River Runs Deep", puis le majestueux titre qui donne son nom à l’album, ponctué par une séduisante guitare flamenco.

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"Death or Glory", "Shadows of the Valley", "Tears of a clown"… The Book of Souls ne relâchera ensuite jamais la pression, flirtant régulièrement avec le rock progressif, jusqu’au fabuleux "Empire of Clouds", donc. 18 minutes, c’est long. Or on ne voit jamais le temps passer à l’écoute de cette mélopée aux multiples rebondissements, écrite et introduite au piano par Bruce Dickinson. Il est souvent question d’adieux, d’au-delà et d’éternité au fil de cet album de première classe. Pourtant un constat s’impose, aux amateurs de longue date comme aux novices : Iron Maiden n’a jamais sonné aussi vivant.
 

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