The Strypes met le feu au Printemps de Bourges

The Strypes met le feu au Printemps de Bourges

MUSIQUE
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PORTRAIT – Le jeune groupe irlandais a créé la sensation au Printemps de Bourges, donnant une véritable leçon de rock'n'roll à ses aînés. Focus sur un phénomène qui pourrait bien perdurer.

Pas de couvre-feu pour les Strypes.Le groupe irlandais, 17 ans de moyenne d'âge, parcourt la planète depuis un an avec ses chansons trempées dans un blues d'antan. Et les étincelles, ces quatre musiciens aux visages juvéniles les mettent plutôt sur scène. Programmé à 1 heure du matin jeudi 24 avril au Printemps de Bourges, le quatuor a retourné le club surchauffé du 22. "J'ai pris une bonne vieille baffe", commente l'un des spectateurs à la sortie.

Et leurs parents dans tout ça ? "Ils nous ont toujours encouragés dans cette voie, il n'y a jamais eu de tension à ce sujet, raconte Evan, le batteur du groupe, dans leur loge. Ça reste un métier comme un autre, où on utilise notre cerveau !" Comme leurs grands frères d'Arctic Monkeys en leur temps, ils sont un exemple de précocité. Tous ont quitté le cursus scolaire il y a un an et demi pour se consacrer entièrement à la musique. Il faut dire que les 4 babys rockeurs impressionnent par leur maîtrise de la la scène et des instruments, entre harmonica entêtant, riffs brûlants et énergie folle. "On ne s'est jamais dit qu'on allait créer un groupe, confie pourtant Josh. On ne faisait juste que jouer de nos instruments dans la chambre d'Evan, on s'amusait bien. Ça nous paraissait bizarre de le faire devant des gens."

Une ambiance survoltée

On décèle également chez eux des personnalités bien trempées qui se dévoilent sur scène, à l'image du nonchalant chanteur Ross, 16 ans seulement, moue boudeuse et sempiternelles lunettes noires. Il y a également le rigolo et bouclé Evan à la batterie, le minet Josh à la guitare, pantalon slim rouge et chewing-gum en évidence, et le placide Pete à la basse. La formation balance des morceaux punk dans une ambiance électrique et survoltée, à mille lieues des mélodies sucrées de leurs confrères One Direction. "On n'a jamais été attirés par la pop, on a grandi avec les classiques de nos parents, explique Josh. On s'est toujours davantage focalisé sur la guitare, le blues des sixties, et le punk des seventies."

Au milieu d'une programmation plutôt dédiée à la fine fleur hexagonale, leur présence au Printemps de Bourges a fait figure d'exception. Leur premier album Snapshot vient en effet de sortir aux Etats-Unis, où ils ont eu l'honneur de se produire sur le plateau de David Letterman, le maître du talk-show. "Ça paraît impressionnant quand on le voit à la télé, mais pour nous, c'était juste normal et naturel", réagit Pete. Idem pour leur rythme de croisière, très éloigné des clichés véhiculés par certains groupes de rock. "La devise sexe, drogue et rock'n'roll, c'est un mythe total, c'est incompatible avec ce qu'on nous demande sur scène". assène le bassiste. "Je ne me suis jamais dit que je voulais faire ce métier pour ça, surenchérit Evan. Je voulais juste avoir une vie normale." Une vie normale comme celle-là, on signe tout de suite.

En concert à la Gaîté Lyrique, à Paris, mercredi 30 avril.

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