"Unbreakable" : est-ce qu'on vous a dit que le nouveau Janet Jackson était formidable ?

MUSIQUE
COUP DE COEUR - C'est son premier album depuis la mort de Michael, en 2009. Sur "Unbreakable", Janet Jackson renoue avec les producteurs Jimmy Jam et Terry Lewis, à l'oeuvre sur ses plus grands tubes. Une formule gagnante, qui a tout pour séduire les fans de la première heure. Et pourquoi pas le jeune public. Explications.

A l'approche de la cinquantaine, Janet Jackson pourrait se reposer sur ses lauriers. Depuis son premier album, en 1982, la jeune sœur de Michael s'est fait un prénom, avec plus de 160 millions d'albums vendus dans le monde. Et mine de rien de très grands disques, parmi lesquels Control (1986), janet. (1993) et The Velvet Rope (1997), dont les tubes ont fait danser plusieurs générations. En gestation depuis de longs mois, Unbreakable sort au moment où on ne l'attendait plus, ou presque. Parce qu'une nouvelle génération a pris sa place au sommet des charts. Mais aussi parce que les exemples récents de pop stars "adultes", tentant de rebondir auprès du public versatile du nouveau siècle, n'ont guère convaincu. N'est-ce pas Madonna ?

Dès la première écoute, pourtant, la magie opère. Si elle a renoué avec Jimmy Jam et Terry Lewis, ses producteurs fétiches des années 1980 et 1990, Janet a trouvé le juste équilibre entre les recettes de ses succès d'hier et des sonorités plus actuelles, sans tomber dans l'auto-plagiat. Une base r'n'b, des influences électro, une touche de rock et du funk à l'ancienne... Musicalement, Unbreakable est d'une cohérence indéniable. Varié, fluide, astucieux. Sans remplissage et souvent captivant. Avec une poignée de refrains imparables à rendre jalouses les Rihanna, Beyoncé et consorts.

Une femme résolument tournée vers l'avant

Sans lui faire offense, Janet Jackson n'a jamais été une (très) grande chanteuse. Mais c'est une interprète remarquable, qu'elle rebondisse sur le beat remuant de "BURNITUP!" avec Missy Elliott, ouvre son cœur à l'auditeur sur l'euphorique "Should Known Better" et ses synthés lumineux, ou le cajole durant le groove sensuel de "No Sleep" avec le rappeur J. Cole. Sur "The Great Forever", l'un des titres les plus modernes du disque, son timbre chevrotant ressemble à s'y méprendre à celui de Michael. Difficile de ne pas avoir des frissons.

A l'image de l'enivrant, "Take Me Away", ce onzième album donne l'image d'une artiste – mais surtout d'une femme – résolument tournée vers l'avenir, bien décidée à en découdre avec le présent. Et lorsqu'elle semble s'adresser à son frère défunt sur "Broken Hearts Heal" - "See you in the next life", chante-elle - c'est pour se remémorer les meilleurs moments d'une existence entièrement dédiée à la musique et son pouvoir réparateur. Avec un disque aussi réussi, le Docteur Janet aura encore des patients pendant quelques temps...

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