Vianney, le génial petit canard de la chanson française

Vianney, le génial petit canard de la chanson française

MUSIQUE
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PORTRAIT – Le jeune chanteur a toutes les chances de devenir la révélation française de l'année avec son premier album. Le disque intitulé "Idées blanches" contient en effet une poignée de refrains joliment troussés qui seront bientôt repris en chœur par tout le monde.

La variété française a encore un avenir. Fini les clichés sur la nostalgie dégoulinante, les mélodies sirupeuses et les costumes bariolés. Avec des chansons touchantes et modernes à la fois, Vianney envoie valser tous ces préjugés sur son premier album, Idées blanches. Mèche bien en place, visage d'ange, attitude courtoise, le nouveau poulain de l'écurie Tôt ou tard, après Shaka Ponk et Cats on Trees, fait partie de ceux à qui on donnerait le bon dieu sans confessions. Et si sa voix chevrotante a de quoi crisper certains, son album devrait mettre tout le monde d'accord. "J'ai envie d'être compris par tout le monde, je ne souhaite pas devenir un artiste maudit", concède l'intéressé, âgé de 23 ans, pour qui tout a commencé cet été avec un premier titre faussement léger, "Je te déteste".

Cette réjouissante ode à l'amour amer l'a mis sur de bons rails, avec une flopée de réactions enthousiastes sur le Web. On retrouve sur son disque son écriture joueuse et instinctive qui fait mouche à tous les coups. "Je vois la langue comme un instrument, et il faut savoir faire sonner les mots, qu'ils s'entrechoquent, utiliser des termes qu'on n'entend pas forcément ailleurs", affirme le jeune homme.

Il sait faire s'entrechoquer les mots

Difficile de déceler une faille dans le parcours classique de l'aspirant chanteur, qui ne colle pas au stéréotype de l'adolescent tourmenté se réfugiant dans l'écriture. Il faut attendre d'écouter le titre "Notre-Dame des oiseaux", comme le nom de son collège d'antan, pour discerner davantage les contours de sa personnalité. Soit l'histoire d'un vilain petit canard qui s'affranchit des "aigris et des enflures" pour rejoindre un monde "où tout le monde s'aime". "Tout le monde peut se reconnaître dans ce que je raconte, je ne crois pas que ça soit nombriliste, nuance-t-il. Mais un premier album, c'est un peu comme un premier roman, il faut forcément s'inspirer de sa vie."

Et ne lui parlez pas de Stromae, qui monopolise toutes les conversations depuis plusieurs mois avec sa "Racine carrée". "J'aime beaucoup ce qu'il fait, mais il faut arrêter les comparaisons dès qu'un nouvel artiste réussit à percer. On attend aujourd'hui de la scène française qu'elle soit électro", affirme Vianney, qui cite plutôt Dick Annegarn, Michel Jonasz et Joe Dassin parmi ses idoles. "Je ne me reconnais pas dans les schémas empruntés par les artistes d'aujourd'hui, surtout ceux qui chantent en français. Dès que j'écoute un truc, je m'enfuis en courant." A lui d'inverser la tendance.

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