VIDÉO - Black M rappe pour les enfants et il assume : "C’est le meilleur public du monde !"

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INTERVIEW – Ce vendredi, Black M sort une réédition très attendue de son album "Éternel insatisfait", double disque de platine. Avant son concert événement à Bercy le 2 décembre, le rappeur populaire de 32 ans évoque pour LCI son rapport à la scène, Orelsan, Maître Gims ou encore sa nouvelle image de "gentil".

Il fut un temps, pas si lointain, où le rap était encore une musique adolescente, que l’on commençait à écouter au collège ou au lycée. Aujourd’hui, ce genre est apprécié et commenté jusque dans les cours de récré des écoles élémentaires, et Black M n’y est pas étranger. Après Les yeux plus gros que le monde, disque de diamant (plus de 500.000 ventes), l’ex-membre de la Sexion d’Assaut ne quitte plus la tête des charts depuis un an avec son second album, Éternel instatisfait, qui s’est écoulé à plus de 200.000 exemplaires, en faisant danser les bambins et leurs parents. Rencontre avec l’idole des jeunes 2.0.

LCI : Vous êtes en tournée depuis février, jusqu’à mi-décembre, pour votre album "Éternel insatisfait", est-ce que ces concerts dans toute la France arrivent quand même à vous satisfaire ?

Black M : Oui, bien sûr. Le titre de cet album, c’est une image pour dire que j’en veux toujours plus. Je suis très satisfait de tout ce qui se passe, et des concerts en particulier. C’est un nouveau show, très différent de celui pour le premier album. C’est un pur plaisir. Chaque fois que j’arrive dans une nouvelle ville, je kiffe.

LCI : Être sur scène, c’est ce que vous préférez en tant qu’artiste ?

Black M : Moi, c’est ce que je préfère. Je sais que ce n’est pas forcément le cas de tous les artistes. Pour moi c’est un but, la finalité d’un CD, de se retrouver dans une salle pleine et de s’amuser avec ceux qui l’ont aimé pendant plus de deux heures, en jouant les morceaux que j’ai composés quelques temps avant. C’est ce qui me procure le plus de plaisir.

LCI : Dans les dates restantes, il y a celle du 2 décembre. Ce sera à Bercy, devant 20.000 personnes. N’est-ce pas un peu intimidant ?

Black M : Non, franchement. Ça fait plus de dix ans que je monte régulièrement sur scène. C’est vrai que c’est Paris, que ça fout la pression, mais en fait j’ai hâte. Plus il y a de monde, plus on s’amuse. J’ai l’habitude, j’ai fait beaucoup de festivals, même des concerts en Afrique, dans des stades remplis, où le public est incroyable. Ça peut aller jusqu’à 100.000 personnes là-bas. J’ai encore le trac à chaque fois avant de monter sur scène, mais une fois que j’y suis, ça passe.

LCI : Allez-vous modifier votre show pour l’occasion ?

Black M : Oui, mais ce n’est pas parce que la salle est plus grande, c’est surtout pour marquer le coup, comme c’est Paris. J’ai beaucoup d’invités sur cet album alors il y en aura aussi sur scène. Il va y avoir des surprises. J’ai préparé quelque chose de spécial.

LCI : Pourquoi sortir une réédition de votre album et pas directement un nouveau disque ?

Black M : C’est pour redonner un coup de boost à tout ce qui s’est passé. J’ai toujours fonctionné comme ça. On l’a fait avec Sexion d'Assaut et, même en solo, j’en avais aussi sorti une de mon premier album. C’est quelque chose que j’aime bien faire. J’aurais pu faire un nouveau CD mais, pour cette réédition-là spécialement, j’ai voulu faire quelque chose d’inédit. J’ai fait un truc qui sera caché, et que personne n’a jamais fait en France, peut-être même aux États-Unis. Ce sera une grosse surprise.

LCI : Pouvez-vous tout de même nous parler un peu de cette réédition ?

Black M : Je peux simplement vous dire qu’il y aura six inédits, dont mes derniers singles, "Tic-tac" et "Mort dans le stream". Et une grosse surprise, donc. Je fais monter la sauce petit à petit (sourire).

LCI : On dit beaucoup de vous que vous être l’idole des jeunes, comme on le disait de Johnny Hallyday…

Black M : (il coupe) On le disait aussi de Johnny ? Mais c’est bon signe, ça (rires) !

LCI : De fait, beaucoup d’enfants vous écoutent et vous apprécient, dont certains qui sont encore à l’école primaire…

Black M : À la crèche même, on m’a dit (rires).

LCI : C’est assez nouveau pour un rappeur français, avez-vous cherché justement à conquérir les cours de récréation ?

Black M : Non, ce n’est pas fait exprès. Tu ne peux pas viser tel ou tel public à l’avance. Je fais ce que j’aime. En studio, j’explore différents univers. Avec Sexion d'Assaut, je ne vais pas dire qu’on était limités, parce que ça pourrait être mal pris, mais on était sept, je devais m’adapter au groupe, je ne pouvais pas être moi-même à 100%. Ça a été une expérience magnifique, inoubliable, mais voilà, en solo, on peut réellement exprimer ce qui vient du cœur. Et donc tous ces morceaux qui ont touché les jeunes, ce sont des idées que j’avais déjà à l’époque de Sexion d'Assaut. Par exemple, je me disais que mes conseillères d’orientation m’ont toujours fait la misère, et qu’il fallait que j’en parle. Ça a donné "Mme Pavoshko". Après il y a eu "Sur ma route" et honnêtement, je ne pouvais pas m’attendre à un succès pareil. Idem pour les morceaux qui ont suivi. Tu ne peux pas calculer en fait.

LCI : Le côté pop, très dansant, d’un titre comme "Sur ma route" explique-t-il aussi ce succès chez les très jeunes, qui ne comprennent pas forcément toutes vos paroles ?

Black M : C’est possible, oui. Mais c’est totalement assumé. C’est parce que je kiffe, au fond. Je le fais d’abord pour moi. Ensuite mon entourage valide fort, après on balance et mon public prend les morceaux comme ils sont.

LCI : Beaucoup de puristes du rap vous reprochent de dénaturer cette musique en étant un peu trop "gentil"…

Black M : Mais je suis gentil (rires) ! Après, les puristes, pfff… Moi, je suis un vrai puriste du rap français. Je connais tous les artistes. Et je sais que tous respectent la carrière que j’ai. Parce que, sans prétention, il faut le faire quand même, arriver à entrer comme ça dans les foyers français. Pour nous les rappeurs, c’est facile de faire du rap. Plaire à tout le monde, c’est une autre histoire. Par exemple, faite un nouveau "Sur ma route", c’est compliqué. Beaucoup plus que de faire un morceau très rap comme "Mort dans le stream". Des textes comme ça, j’en ai fait des milliers en studio. Et ça ne nous intéresse pas forcément de les balancer.

LCI : Vous êtes donc très heureux d’être un rappeur pour enfants ?

Black M : Oui, j'assume complètement, c’est le meilleur public du monde ! Je dis bien le meilleur public du monde.

LCI : Vous avez assez de succès aujourd’hui pour inviter une star comme Shakira sur votre album, y a-t-il encore des collaborations qui vous font rêver ?

Black M : J’aimerais bien approcher les grosses stars américaines qu’on dit intouchables, Rihanna, Eminem, Kanye West, Jay Z… Il y en a plein que j’ai croisés, mais on ne peut pas parler musique avec eux. Il y a trop de barrières. Déjà celle de la langue. Et puis même si je maîtrisais l’anglais, il va s’en foutre, le mec. Il a déjà un tel planning. Au mieux, tu peux demander de prendre une photo, mais bon, ça ne m’intéresse pas. De toute façon, les gens que j’ai cités ne savent pas qui je suis. Après, je ne vois pas pourquoi ce serait impossible. Un jour, pourquoi pas ? Tout est faisable, on est sur terre ici.

LCI : On parle beaucoup, dernièrement, du nouvel album d’Orelsan. À quand un duo ?

Black M : On en a discuté plein de fois lui et moi. C’est simplement le manque de temps qui explique qu’on ne l’ait pas encore fait. On en avait même encore parlé pendant la préparation de son album "La fête est finie", et pendant la préparation du mien. Si ça doit se faire, ça se fera. Ce n’est pas bloqué. C’est un artiste que j’aime bien et je sais qu’il aime ce que je fais aussi. On se parle assez souvent, c’est cool.

LCI : Qu’avez-vous pensé de son album, qui a fait un énorme carton ?

Black M : Il est terrible, vraiment. Après, moi, je suis hyper fan de son premier album, "Perdu d’avance". Donc là, à la première écoute du nouveau, j’étais perturbé. J’ai eu besoin d’un temps d’adaptation. C’est au bout de la deuxième ou de la troisième écoute que je me suis rendu compte qu’effectivement, il était allé loin.

LCI : Beaucoup de vos fans réclament un duo avec Maître Gims, quels sont vos rapports aujourd’hui ? Êtes-vous toujours amis ?

Black M : On n’est pas en guerre, ça c’est sûr (sourire). Après, il a un planning très chargé, et moi aussi… On discute souvent d’un nouvel album de Sexion d’Assaut, qui s’appellerait "Le retour des rois". On parle tous ensemble de ce projet mais… ça se fera quand ça se fera. Quand on aura le temps.

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