VIDÉO - "Je rêve d'explorer Jupiter" : voyage dans le cosmos avec le DJ Jeff Mills

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SPACE ODDITY - Figure emblématique de la scène électronique, le DJ superstar Jeff Mills ne s'avère pas seulement l’auteur du légendaire "The Bells", capable sur son simple nom de faire se déplacer des milliers de "raveurs". C’est aussi et surtout un fou du cosmos, un toqué des planètes, un système solaire à lui-seul communiquant ses obsessions à d’autres rêveurs.

Jeff Mills ressemble à une planète errante, voguant librement dans l'espace au lieu de tourner autour d'une étoile. DJ de Detroit féru depuis l’enfance de science-fiction, d’afro-futurisme et d’ufologie, il rêve du ciel, du cosmos, des planètes, de tous les phénomènes mystérieux qui les animent et qui nous dépassent. Une passion qu’il nourrit depuis des lustres : "En grandissant à Détroit aux Etats-Unis dans les années 60 et 70, j'ai découvert la science-fiction, le pouvoir de la radio et de la télévision, nous assure-t-il. Les gens de ma génération ont grandi dans une atmosphère où l’extraordinaire et l’anormal pouvaient exister. On passait l’après-midi à regarder à la télévision des films avec Frankenstein ou Godzilla et l’on parlait souvent d’ovnis dans les journaux."


Des décennies plus tard, soit au mitan des années 90, Jeff Mills utilise cette humeur pour développer une techno minimaliste, devenant un demi-dieu du tourne-disque made in Detroit. Et signe un standard inusable : The Bells.

L'art en fusion

Au début des années 2000, loin du dancefloor, Jeff Mills se rapproche de plus en plus ostensiblement de sa passion pour le cosmos au gré de fusions. Chez lui, toutes les formes d’art se mélangent harmonieusement. Le cinéma, tout d’abord, qu’il aime à remixer en musique. 


Cinéphile, Jeff Mills voue un culte à 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick ("ma plus grande influence, dans ma vie et dans ma carrière musicale"). Rayon SF, il cite aussi Mission To Mars ("un film qui donne à voir à quoi ressemble l’espace"), Gravity ("qui montre les difficultés de travailler dans l’espace"), Alien, le huitième passager ("un film où tout va mal"). 

Quand on lui demande le son le plus cosmique au monde, le DJ répond : "le silence presque parfait, comme sur la Lune". Si les "sons des planètes" via les enregistrements sonores offerts par la Nasa ont pu le fasciner, Jeff Mills puise surtout son inspiration musicale dans la spiritualité : "Je m'inspire des croyances lorsque je compose, de ce que les gens avant nous ont pu fantasmer sur ces planètes". 


En d’autres termes, Jeff Mills envisage le cosmos de manière poétique, peu cartésien et guère soucieux de connaître toutes les réponses aux questions que tout le monde se pose, comme ces anneaux de Saturne, phénomène dont il ne perçoit que la sidérante beauté ("L’apparition et la disparition de certains éléments à l’intérieur de ces anneaux sont assez mystérieuses"). 


En autres obsessions, Jeff Mills voue un amour fou pour Pluton : "C’est l’une des planètes uniques dans le système solaire, car son axe de rotation l’extraie du système solaire puis revient. Une orbite oblongue faisant que Pluton récolte des informations que les autres planètes n’ont pas." 

Un fantasme : explorer Jupiter

Parmi ses derniers projets, une émission de radio sur la webradio londonienne NTS intitulée The Outer Limits, un programme musical qui explore la complexité du temps et de l’espace mené en collaboration avec la NASA, et Lost in space, un voyage interstellaire mixant techno, musique indienne et musique classique où celui qui écoute est invité à l’abandon.


A 54 ans, de quoi rêve Jeff Mills ? "Explorer Jupiter, la plus ancienne planète du système solaire, celle dont j’apprendrais le plus". Il est en quête permanente d’émerveillement. C’est beau, un artiste qui a encore soif d’inconnu, à l’heure du grand tout numérique où tout doit être su, vu, nu. Face à tant de passion pour le mystère, on a envie de le suivre, longtemps. Et celui qui le suivra dans le futur aura sûrement une récompense. Pas à pas, fusion après fusion, le DJ supernova promet par le simple pouvoir de sa musique de nous donner le vertige, nous faisant glisser imperceptiblement vers une zone artistique encore inconnue. Là où se cachent les épiphanies les plus éblouissantes.  

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