Zaho sur le message d'Imany pour Théo : "A un moment donné, il faut montrer qu'on n'est pas des cons"

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SOUTIEN - Si elle "ne se permet jamais de rentrer dans des affaires en cours", Zaho s'est fendue d'un tweet pour saluer le vibrant message de son amie Imany lors de sa prestation aux Victoires de la musique vendredi. "Tout ce qu’elle a dit c’est : 'on veut des comptes'. Je suis d’accord", explique-t-elle à LCI.

"C'est un check, un cyber check". Car c'est avec un tweet que Zaho a rendu hommage à sa "copine" Imany, auteure d'un vibrant plaidoyer pour Théo - le jeune homme victime d'une interpellation très violente par des policiers à Aulnay-sous-Bois - alors qu'elle chantait sur la scène des Victoires de la musique vendredi. "Bravo, tu nous as honorés. Fière de toi", a-t-elle écrit sur Twitter au lendemain de la cérémonie. "Il n’y a pas qu’elle, d’autres ont parlé de ça. Mais je connais bien Imany donc forcément, mon message s’est adressé à elle", nous explique la chanteuse canadienne que LCI a rencontrée lundi.

 "Je pense que c’est cool d’avoir profité des Victoires pour dénoncer des injustices", poursuit-elle avant de tempérer : "Après, bien évidemment, on ne connaît pas les aboutissants. Je ne me permets jamais de rentrer dans des affaires en cours. Sauf qu’il y a des choses aberrantes, c’est le monde à l’envers justement", continue-t-elle en reprenant le titre de son prochain album. "Donc à un moment donné, il faut râler un petit peu, il faut montrer qu’on n’est pas des cons. Tout ce qu’elle a dit, c’est : "on veut des comptes". Je suis d’accord", conclut-elle.

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Nous en profitons alors pour l'interroger sur un deuxième tweet, écrit en réponse à Black M celui-ci. Vendredi, l'ancien membre de Sexion d'Assaut avait réagir à "l'affaire bamboula". S'adressant au syndicaliste de la policier qui avait déclaré en direct à la télévision que "bamboula" restait "encore à un peu près convenable", il lui avait renvoyé l'insulte, moquant sa "vilaine tête". Un peu d'humour qui a plu à Zaho. "Je suis pour la manière dont il l’a fait, il a dédramatisé en rigolant. On n’éteint pas le feu par le feu", nous a encore confié la chanteuse.

Elle juge l'emploi d'une telle expression "ridicule". "C’est ridicule parce que c’est tellement risible que tu te dis que ça ne peut pas exister en 2017. Tu te dis que c’est impossible que ça existe encore. Bah apparemment si, sauf qu’il faut dire aux gens que ce n’est pas normal", martèle-t-elle. "Là, pour le coup, faut pas laisser kouma (parler, ndlr), faut kouma à son tour", ajoute-t-elle en reprenant le titre de son tube de l'été, "Laissez-les kouma".

Je n'ai pas le droit de représenter les gens qui m'écoutent. Ils ne m’appartiennent pas- Zaho

Elle n'estime pas pour autant que les artistes doivent s'exprimer sur chaque sujet de société. "Je ne suis pas d’accord sur le fait que ce soit une obligation, par exemple pour ceux qui pensent que c’est le devoir des artistes de donner un avis sur tout, la politique, etc... pour la simple et unique raison qu’on n’est pas tous doués pour le faire. On peut desservir une cause en se sentant obligé d’être un porte-parole et tout foirer, mal faire les choses", dit-elle. Elle revendique en revanche son droit de citoyenne de pouvoir "donner son avis, comme tout le monde". 

"Mais je n'ai pas le droit de représenter les gens qui m'écoutent. Ils ne m’appartiennent pas. Ils ont leur avis, on peut avoir des avis divergents, convergents", reconnaît-elle. Et de conclure : "C’est comme écrire une chanson : quand la douleur est tellement forte ou quand l’expérience est tellement forte au point d’en faire une chanson, on ne pose la question à personne. On la fait la chanson, qu’elle plaise ou pas. C’est pareil pour donner des avis, c’est comme ça."   

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