VIDÉOS - Zaho revient pour mettre "Le monde à l'envers" : "C'est en étant imprévisible qu'on surprend"

VIDÉOS - Zaho revient pour mettre "Le monde à l'envers" : "C'est en étant imprévisible qu'on surprend"

INTERVIEW - Après nous avoir fait danser tout l'été sur "Laissez-les kouma", la Canadienne sort ce vendredi un troisième album studio plus pop que ses précédentes créations. Pour LCI, elle revient sur la genèse de ce projet sur lequel apparaissent Black M et MHD, sans oublier d'évoquer son expérience de la comédie musicale avec "La Légende du roi Arthur" et sa collaboration sur le dernier album de Céline Dion. Rencontre.

Un premier titre dès le mois de juin. Puis un deuxième et enfin un troisième.  C'est peu dire que Zaho a fait languir ses fans pour leur livrer "Le monde à l'envers", son troisième album studio disponible ce vendredi (Parlophone/Warner Music). "Je voulais voir si vous étiez vraiment chauds et si j’allais vraiment le sortir ou pas. Finalement, vous m’avez convaincue de le sortir", s'amuse-t-elle face caméra. En huit mois, la Canadienne n'a pas chômé. "Il s'est passé beaucoup de choses", nous raconte-t-elle. 

 "Quand j’ai sorti "Laissez-les kouma", l’album était fini mais j’étais toujours en création. J’ai remplacé des morceaux par d’autres, j’ai réajusté, j’ai abordé d’autres thèmes entre temps", relate celle qui se verrait "retourner encore au studio" maintenant si on lui laissait le choix. Avant de nous offrir une version piano-voix de "Tant de choses" (disponible dans le player vidéo ci-dessus), elle revient pour LCI sur ce nouveau projet, la comédie musicale "La Légende du roi Arthur" et nous détaille les coulisses d'une séance d'enregistrement avec Céline Dion, pour laquelle elle écrit plusieurs titres.

LCI : Dans "Bonne nouvelle", vous chantez : "je n’ai pas changé, je suis restée la même ". Ce n’est pas forcément vrai pour votre musique, qui est d’entrée beaucoup plus électro-pop.

Zaho : Mon essence, mon fort intérieur n’a pas changé. J’ai toujours la même joie de vivre, la même volonté, je suis toujours émerveillée par tout ce qui m’entoure. Je crois encore que les miracles existent. La preuve, si je ne pensais pas comme ça je n’aurais pas rencontré Céline Dion. Je suis toujours un enfant en fait, j’ai une âme d’enfant que j’espère préserver et garder toute ma vie. Mais en même temps, bien sûr qu’on change. On évolue, on progresse. Je suis restée la même mais c’est une version 2.0.

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Zaho : "Le fil conducteur de l'album, c'est ma voix"

LCI : Il y a également un fil conducteur dans les thématiques abordées. Vous parlez beaucoup d’amour mais aussi d’amour de soi. "Laissez parler", "je ne peux pas plaire à tout le monde"... Vous tenez un discours presque revanchard : "si tu ne m'acceptes pas, eh bien tant pis".

Zaho : On parle forcément de l’autre quand on s’adresse à l’autre. On ne peut pas vivre tout seul. Je ne peux pas exister sans les autres. Maintenant, le fait d’être avec les autres entraîne la nécessité de règles. La limite de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre. Je n’ai pas le droit de dépasser cette limite parce que c’est là où je vais heurter l’amour propre de cette personne. Tant que je peux opérer dans mon cadre, je vais le faire. Si je ne peux pas respecter mon cadre, c’est que je ne suis pas faite pour être dans le cercle intime de cette personne-là. C’est un peu tout ça qu’on retrouve dans l’album mais pas que, c’est le rapport à l’autre. Qu’il soit bon, amoureux, revanchard. On peut se plaindre de l’autre mais en même temps on ne peut pas faire sans l’autre, malheureusement ou heureusement. Le tout c’est de l’accepter. Quand on l’accepte, on arrive plus ou moins à en tirer des leçons, à s’entourer des bonnes personnes. Il n’y a pas de gens biens ou mauvais. Il y a des gens biens pour nous ou mauvais pour nous. C’est ça le fil conducteur de l’album, ce qui fait qu’il est cohérent même si on passe d’une couleur à une autre.

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Zaho : "J'ai mis plus de temps à écrire les musiques que les paroles"

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Zaho sur son titre avec Black M : "Le morceau à la base était pour son album"

Jamais je ne désavouerai ce spectacle- Zaho sur "La Légende du roi Arthur"

LCI : Pourquoi avoir appelé votre album "Le monde à l’envers" ?

Zaho : Parce que je suis moi-même un paradoxe, parce que je n’ai pas toujours suivi les chemins qu’on avait écrits pour moi ou sur lesquels on m’attendait. Parce que c’est en étant imprévisible aussi qu’on se surprend et qu’on fait des choses en lesquelles personne ne croyait. Et puis parce que j’aime bien l’image du "monde à l'envers". Ça créé un gros point d’exclamation et j’avais envie d’avoir ce gros point d’exclamation qui, je trouve, le représente.

LCI : Ça a en effet un peu été "le monde à l'envers" quand vous avez participé à la comédie musicale "La Légende du roi Arthur". Votre prestation a surpris beaucoup de monde.

Zaho : En tout cas, j’ai fait de mon mieux. Si je me lance dans un projet, je ne le fais pas à moitié. On ne peut pas faire une comédie musicale sans être à fond dans le rôle qu’on joue donc j’ai fait un an de coaching théâtre. J’ai commencé à faire aussi du coaching sportif. Je jouais la fée Morgane et devais donc avoir des traits plus secs, être plus dessinée, avoir le dos plus droit et rigide. Au final, j’ai le même coach, je fais toujours du sport avec lui et ça m’a ouvert l’esprit sur des techniques de sport que je ne connaissais pas. Ça m’a permis aussi de voir la machinerie qu’il y a derrière et de me donner des idées pour mes prochaines tournées. Ce n’est que du bonheur. Je sais que c'est une expérience que je ne vivrai pas tous les jours. J’ai également écrit les paroles, on a bossé avec une équipe de 5 sur les musiques. J’ai porté encore plus ce projet parce que j’ai vu naître les premières chansons un an avant avec Dove Attia. C’est une autre approche que celle d’écrire un album mais c’est de la musique. J’ai adoré faire ça. J’ai connu plein de personnes formidables qui venaient de la terre entière ! C’est vraiment chouette.

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J’étais assez impressionnée d’être en studio avec elle - Zaho sur sa rencontre avec Céline Dion

LCI : Vous avez écrit trois titres sur le dernier album de Céline Dion. Comment s’est passée cette collaboration ?

Zaho : Au début j’ai écrit une chanson. Elle l’a touchée et ensuite on m’a demandé d'en fournir une autre. Je pense qu’il y a eu un coup de foudre, les étoiles se sont alignées. Elle a écouté la bonne chanson au bon moment pour être touchée. C’est un concours de circonstances. Ça ne veut pas dire que ce qu’elle a reçu ailleurs, et elle a reçu énormément de chansons, était moins bon. Ça veut juste dire que j’ai eu plus de chance.

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Zaho sur sa collaboration avec Céline Dion : "J’étais assez impressionnée d’être en studio avec elle"

LCI : "C’est chelou" est sorti il y a presque 10 ans. Quel regard la Zaho de 2008 porterait-elle sur la Zaho de 2017 ?

Zaho : Elle serait fière je pense. Elle dirait "ah, tu portes des talons ? Ah tu portes des robes ? Je n’aurais pas cru". En 2008, j’étais très féminine dans ma vie privée et mon quotidien mais je le montrais moins. Peut-être parce que j’étais dans un milieu urbain où il n’y avait pas beaucoup de filles. On était deux ou trois à l’époque, il fallait s’affirmer davantage. Le milieu du rap actuel est différent de ce qu’il était. C’est beaucoup plus ouvert maintenant. Le rap s’est ouvert sur la pop, sur le chant, sur l’autotune... Avant, celui qui chantait était plutôt mal vu dans le rap. Je pense que j’ai ouvert des portes, sans prétention aucune. On peut à la fois chanter, avoir un discours sans être gnangnan, en faisant de l’autodérision, comme sur "C’est chelou", ou en ayant un regard plus profond sur la société ou mon vécu comme sur "Kifndir" ou "Je te promets" en guitare-voix. J’ai ouvert un chemin que d’autres ont emprunté et que je réemprunte moi-même aujourd’hui.

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