Zaz : "Lorsque je suis arrivée à Paris, tout le monde me disait que j'allais me casser la gueule"

MUSIQUE
INTERVIEW – Un an après l'énorme succès de son deuxième album "Recto Verso", Zaz revient déjà avec "Paris", un nouveau disque qui rend hommage à la ville lumière à paraître le lundi 10 novembre. Confessions d'une chanteuse passionnée qui n'a toujours pas sa langue dans sa poche.

Enregistrer un album de reprises sur Paris sonnait-il comme une évidence ?
C'était super naturel, on s'est tous enflammés autour de moi. Le public me demandait souvent un album de reprises de vieilles chansons, surtout d'Edith Piaf, mais je trouvais que tout le monde l'avait déjà fait. Dès que je tournais à l'étranger, on me parlait de Paris et j'avais envie de rendre hommage à cette ville, où tout a vraiment explosé médiatiquement pour moi.

Ne craigniez-vous pas de mettre en avant son côté carte postale ?
Non, parce que je l'ai fait pour les bonnes raisons. Après, il y aura toujours des gens pour mal interpréter. Moi en tout cas, j'ai pris du plaisir à faire cet album. Ce qui m'intéresse, c'est de chanter ces titres sur scène, et je vais jouer avec des musiciens géniaux.

Quel rôle a joué Paris dans votre carrière ?
Tout le monde me disait que j'allais me casser la gueule, et dès que je venais, je sentais une réelle énergie, qu'on pouvait enfoncer des portes. J'avais l'impression qu'on pouvait toujours découvrir des nouvelles choses. Ce qui était dur, c'était de tout recommencer sans connaître personne. Mais tous ces moments de galère m'ont formée et sont devenus des forces. J'avais le choix de me comporter en victime, et j'ai préféré me bouger les fesses.

Vous avez décidé de reprendre des titres très anciens, était-ce compliqué de les remettre dans le contexte d'aujourd'hui ?
J'ai pris le temps d'écouter les textes, qui sont complètement d'actualité, comme "La Parisienne", qui est une vraie satire de la société. Ce sont des chansons très rebelles pour l'époque. Paris représente pour moi la liberté et l'esthétisme, alors qu'aujourd'hui, on assiste à une dictature de la pensée, même si on ne s'en rend pas forcément compte. A l'époque, il y avait une folie et une légèreté qu'on a perdues, on se prend trop au sérieux. On peut vraiment changer les choses parce que la liberté vient de soi, ça reste un choix.

"Quincy Jones reste un grand enfant"

Vous surfez aussi sur une vague importante d'albums de reprises..
Ce qui compte pour moi, c'est d'avoir un regard sur les arrangements de la chanson que je reprends. Je trouve ça bien de se nourrir du passé, mais il faut garder une part de création. C'est pour ça que je suis contente de cet album, parce qu'on l'a abordé comme un disque de partage avec des musiciens. Il y a eu un vrai travail de composition.

Justement, comment s'est opérée la rencontre avec Quincy Jones, qui a réalisé trois titres ?
J'avais déjà soumis l'idée à mon entourage, mais c'était passé à la trappe. On a réessayé, il s'est posé pour écouter mes chansons et regarder des vidéos, et il a dit oui tout de suite. Quand on s'est rencontrés, on ne se comprenait pas trop mais finalement on parle la même langue. Ça passe à travers l'énergie, l'émotion et le regard. Ce qui m'a touchée, c'est l'enthousiasme de ces mecs, comme son bras droit John Clayton, qui restent de grands enfants malgré toute leur carrière. On a la même joie de faire de la musique et on est animés de la même passion.

Vous allez la prendre finalement cette année sabbatique que vous vous étiez promise ?
J'avais prévu de me reposer, mais à partir du moment où j'ai la patate et les musiciens avec moi, je ne peux pas renoncer. Mais je ne suis pas un robot, et j'aurai bientôt besoin de souffler. J'ai déjà l'idée du concept du quatrième album et il faut que je la nourrisse. J'ai besoin de vivre autre chose que la médiatisation et le regard que les gens posent sur moi. Je voudrais couper de l'image de Zaz pendant un grand laps de temps. J'ai envie de me retrouver en tête à tête avec moi-même (rires).

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