Faut-il ouvrir les cadeaux de Noël le soir du 24 ou le matin du 25 décembre ?

NOËL
DILEMME - Quand faut-il ouvrir les cadeaux ? Plutôt le 24 décembre au soir ou le 25 décembre au matin ? Si vous êtes parents de jeunes enfants qui croient encore au Père Noël, voici quelques conseils pour faire le bon choix.

Vous vous êtes sans doute déjà peut-être posé la question. Quand dois-je faire ouvrir les cadeaux à mes enfants ? Il y a aujourd'hui deux écoles : ceux qui distribuent les paquets le 24 au soir pendant le réveillon, et ceux qui attendent le matin de Noël, le 25 décembre. 


Pour la petite fille de Virginie, 11 ans et demi, plus petite c'était "une partie le 24 et une autre le 25 décembre". Désormais, la distribution s'effectue le 24 au soir, en famille. Si la fillette ne croit plus au père Noël, la maman, elle, insiste sur l'effet de surprise concernant le choix des cadeaux. Une manière de faire perdurer la magie. De son côté Audrey, maman de deux enfants, a un avis tranché sur la question : "C'est le 25, inconditionnellement". Et pour cause, la petite dernière de la famille, Inès, 7 ans, croit encore au père Noël. Résulat, vers 2h du matin, les parents se mettent en "mode lutin" et dispersent les paquets sous l'arbre. Et pour Loris, l'aîné de 11 ans, qui ne croit plus vraiment au conte, il "joue le jeu à fond" pour sa petite soeur. 


Sachez qu’il n’y a jamais eu de règle fixe à ce sujet. Noël est originellement une fête religieuse, celle de la naissance de Jésus. Voici toutefois quelques clés qui vous permettront de prendre la bonne décision, celle que vous estimez la meilleure vos enfants.

"Important de maintenir l’effet de surprise"

Historiquement, "la croyance du père Noël, touche les enfants. Les enfants sont supposés dormir et le lendemain, le père Noël est censé être passé (…) C’est le plus courant pour les enfants", explique Nadine Crétin*, historienne des fêtes, spécialisée en anthropologie religieuse qui souligne l’importance "de maintenir l’effet de surprise".


Mais vous ne commettrez pas d’impair en les offrants le 24 au soir, lors du repas de famille. "Comme dans tous les contes de fées, l’enfant ne se pose pas de questions. On peut dire que le père Noël est passé peut-être plus tôt. Il prend ça comme argent comptant", affirme la spécialiste. "La surprise de l’emballage et le fait que le cadeau ne soit pas remis de la main à la main", autrement dit faire croire que le père Noël les a apportés, suffit à maintenir le mystère. 


À titre d’exemple, chez nos voisins allemands, ce n’est pas nouveau d’ouvrir les cadeaux le 24. La tradition veut qu’"ils partent l’après-midi se promener avec les grands-parents", nous raconte Nadine Crétin. Pendant ce temps, les parents préparent le sapin et les cadeaux. Outre-Rhin, "l’arbre de Noël fait partie des cadeaux". Mais ce scénario n’est "plus nécessairement le cas" aujourd’hui.

"L’intérêt de Noël, c’est d’apprendre à développer la patience"

Sur l'aspect psychologique, faire ouvrir les cadeaux le 24 permet d'"occuper les petits pendant le repas" du réveillon en famille, étaye le pédopsychiatre Stéphane Clerget**. Dans cette situation, offrir les paquets le 24 "c’est plus pour les adultes que les enfants (...) le plaisir des invités de voir que les cadeaux ont enchanté les enfants". Mais cette décision n'est pas sans conséquence. "Pour les plus jeunes qui ouvrent les cadeaux le 24, ils vont avoir du mal à dormir. Ils vont vouloir jouer. Il faut accepter l’idée qu’ils vont se coucher tard", précise le docteur.  


Selon lui, "ça aurait plus de sens de les offrir le 25 décembre", notamment pour les enfants de 5 ans et plus. Et pour cause, "l’intérêt de Noël c’est d’apprendre à développer la patience (...) L’idée de patienter la nuit, c’est quelque chose de compliqué, mais qui peut développer la rêverie. C’est important. Les enfants ne rêvent plus assez à cause des écrans et jeux-vidéo qui apportent une imagination à portée de main et bloque le développement de l’imaginaire." Or, "pour que l’imaginaire se développe, il faut un temps sans l’objet". Une manière également de "développer de la créativité littéraire ou artistique" du bambin. Alors, votre choix est-il déjà fait ? 

* Nadine Crétin, historienne des fêtes, spécialisée en anthropologie religieuse (Lettres de Noël, ed. Le robert 2015)

**Stéphane Clerget, pédopsychiatre (Le Pédopsy de poche, ed.Marabout)


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