Des produits bio parfois plus pollués que les autres, dénonce "60 millions de consommateurs"

Nutrition
BIO ET SAIN ? - Attirés par une qualité de vie plus saine, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les produits bio. Un secteur florissant, mais dont les critères de qualité sont souvent flous. Pour tenter d'y voir plus clair, le magazine 60 millions de consommateurs a mesuré, dans son dernier hors-série, les taux de polluants dans 130 produits.

Depuis quelques années, la bio prend du galon aux yeux des Français. Selon les chiffres de l'Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, plus de 90% d'entre eux ont ainsi consommé des produits bio en 2018 et 75% en ont mangé au moins une fois par mois. Un marché juteux pour les industriels, qui étendent désormais leur gamme à l'infini : biscuits, laits végétaux, plats cuisinés, pâtes à tartiner, laitages... Mais tous les produits se valent-ils pour autant ?


C'est la question posée, dans son dernier hors-série publié ce mercredi 5 juin, 60 millions de consommateurs. Le magazine a analysé 130 aliments bio dans une dizaine de catégories. La recherche de produits indésirables -pesticides sous forme de résidus, mycotoxines ou encore dioxine- a été menée en laboratoire. 

Des pommes et des bananes bio exemplaires

Concernant les fruits bio, parmi lesquels ont été analysés plusieurs types de pommes et de bananes, aucun ne contenait de résidus de pesticides au-delà des seuils autorisés. La pomme, premier fruit consommé par les Français, est aussi l’un les plus chargés en pesticides, avec une moyenne de 35 traitements par culture lorsqu'elle est cultivée de façon conventionnelle, indique 60 millions de consommateurs. Selon ses analyses, neuf pesticides ont été trouvés dans les deux variétés de pommes conventionnelles étudiées (Gala Tenroy et Golden du Limousin) : huit fongicides et un insecticide. Parmi les pommes bio en revanche, aucun résidu de pesticides n’a donc été découvert, "qu’elles soient emballées sous plastique ou vendues en vrac", se réjouit le magazine, rattaché à l’Institut national de la consommation. 


La banane, deuxième fruit le plus dégusté en France, contient, elle aussi, des résidus de pesticides en petite quantité, selon les analyses menées sur des références issues de l'agriculture conventionnelle. "Nos tests n’ont montré aucun résidu de chlordécone pour les bananes de Guadeloupe, ce qui est une bonne nouvelle, sachant que ce pesticide est interdit d’utilisation sur le territoire français depuis 1990 et, après dérogation, aux Antilles depuis 1993", indique 60 millions de consommateurs. Les bananes bio, elles, sortent du test indemnes de résidus de pesticides.

Le lait bio parfois plus pollué que le lait conventionnel

Environ 30% plus cher que le lait conventionnel, le lait bio séduit de plus en plus les Français. La production a ainsi bondi de 147% entre 2006 et 2015. D'après les tests réalisés par le magazine, aucune des neuf références testées ne contenait de résidus de pesticides ni de médicaments vétérinaires. Gros point noir en revanche : des dioxines (issues des phénomènes de combustion) et des polychlorobiphényles (autrement appelés PCB, ils sont interdits depuis 1987 mais se retrouvent encore dans les cours d’eau), tous deux perturbateurs endocriniens et classés cancérogènes chez l’humain, ont été détectés. 


Si les doses sont faibles, elles peuvent cependant être plus importantes que celles retrouvées dans les laits conventionnels. C'est notamment le cas du Lactel bio. "Cette différence peut s’expliquer par le fait que les vaches en filière bio passent plus de temps au pré et se trouvent davantage au contact d’eaux et de sols contaminés", note le magazine.

Les œufs bio davantage pollués que les œufs conventionnels

De la même manière que le lait, les six boîtes d'œufs issus de l'agriculture biologique se révèlent d'avantage contaminées par des polluants extérieurs que ceux de l'agriculture conventionnelle. Des taux de dioxines, de furanes et de PCB assez élevés se retrouvent ainsi dans certains ceux comme ceux de la marque Matines bio, même si les seuils fixés par la réglementation ne sont jamais dépassés. 


"L’explication de ce phénomène tient sans doute au fait que les poules élevées en bio ont accès à l’extérieur. Or, ces espaces peuvent avoir été contaminés par des émissions de particules en provenance d’incinérateurs ou parce que les sols sur lesquels est installée l’exploitation ont été pollués par des activités industrielles précédentes", avance 60 millions de consommateurs. Aucun des œufs ne contient en revanche d'antibiotiques.

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