Sarrasin, kiwi... Attention à ces allergènes "émergents" qui ne figurent pas sur les emballages

Nutrition

DANGER - Ils ne figurent pas sur la liste des allergènes devant être systématiquement signalés, mais sont pourtant responsables de nombreux et graves cas d'allergies. Le kiwi, le sarrasin, le lait de chèvre ou de brebis ou encore le pignon de pin font partie des aliments dont l'Anses souhaiterait voir la présence apparaître sur les emballages alimentaires.

À eux seuls, le sarrasin et le lait de chèvre ou de brebis causent au moins autant d'allergies graves que les mollusques et le soja. Alors que seuls quatorze allergènes figurant sur la liste établie par l’Union européenne, comme l’arachide, les œufs ou le lait, doivent obligatoirement être signalés sur l’emballage des produits, l’Anses réclame une actualisation de ce document. 

Depuis 2002, 59 allergies graves ont été signalées pour le sarrasin, 60 pour le lait de chèvre ou de brebis, 34 pour le kiwi, 27 pour le pignon de pin et 25 pour l'alpha-galactose, un glucide présent dans la viande de mammifères. Ces données ont été fournies à l'agence sanitaire par le Réseau d’Allergo Vigilance® (RAV), qui recense les cas d'allergies depuis 2002.

Une mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires et l'édition d'un guide recommandées

Si ces chiffres ne sont que partiels, ne recensant que les cas les plus graves (anaphylaxie alimentaire sévère) dont la déclaration n'est d'ailleurs pas obligatoire, ils sont suffisamment important pour inciter l'Anses à recommander "la mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires qui doivent être signalés afin de mieux prévenir le risque d'allergie grave".

L'agence insiste surtout sur l'importance d'un affichage de ces allergènes "émergents" pour les repas pris hors-foyer. Un risque accru pour les personnes allergiques lors des repas pris à l’occasion de déplacements à l’étranger a effectivement été identifié. "Dans ce sens, l’Anses propose la rédaction d’un guide spécifique aux personnes allergiques souhaitant voyager à l’étranger ou prendre l’avion."

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Un manque de données souligné

L'Agence,  saisie par le ministère de la Santé afin de faire un état des lieux des nouvelles données scientifiques, recommande par ailleurs aux pouvoirs publics "d’améliorer les dispositifs de recueil de données relatives aux allergènes alimentaires, ainsi que l’évaluation de l’incidence ou de la prévalence des allergies, afin de mieux orienter les études et recherches sur les allergies alimentaires". En effet, les données actuellement disponibles sur le sujet sont insuffisantes, "notamment en raison des limites méthodologiques et de la diversité des méthodes utilisées" et ne permettent pas de mesurer la fréquence du phénomène.

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