Étiquettes trompeuses : Foodwatch épingle 5 marques de soupes industrielles

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ARNAQUE - Soupe à la poule, velouté fabriqué en France... Derrière les grande promesses peut se cacher une réalité bien moins glorieuse. Dans une campagne lancée ce jeudi, l'ONG Foodwatch épingle cinq marques de soupes industrielles pour leurs étiquettes trompeuses. Une pétition a été lancée.

Trop, c’est trop. Excédée par les mentions trompeuses indiquées sur les emballages des aliments, l’ONG Foodwatch lance ce jeudi sa campagne "Arnaque sur l’étiquette". Elle vise notamment la composition des soupes toutes prêtes, vendues en briques ou en conserves. Cinq grandes marques, Liebig, Léa Nature, La Potagère, Tanoshi et enfin Knorr sont ainsi visées.


Le problème ? Des recettes alléchantes, affichées en gros caractères sur l'emballage, qui ne correspondent en rien aux ingrédients ou aux quantités utilisés dans les recettes. Le consommateur, qui pense acheter un bon produit, est berné, et ce en toute légalité.

Une soupe de poule aux graisses dérivées et bouillon de poule

Knorr est d’ailleurs l’objet une pétition, lancée ce 13 décembre, pour sa soupe "Poule Vermicelles" de la gamme "Les économiques". "La poule n’est présente dans ce produit que sous forme de dérivés type graisse et bouillon de poule – pour une quantité minime (max 1,2%)", dénonce Foodwatch. La soupe "Mouliné de légumes verts & quinoa", elle, contient en fait moins de légumes verts (17,4%) que d’autres légumes (24,4%), tandis que la bisque de homard de Liebig contient autant de homard que d’autres crustacés selon l'ONG.


Avec sa mention "Fabriqué en France", le "Velouté de lentilles corail au lait de coco" de Jardin bio suscite lui aussi la colère de Foodwatch, les lentilles provenant en effet de Turquie. "Le reste des légumes vient des quatre coins de l’Europe : Hollande, Belgique, France et Pologne", indique l’association. Après la publication de cet article, la marque à tenu à nous préciser qu'environ soixante de leurs produits comportent un logo "Producteurs régionaux", propre à la marque, qui garantit que 70% à 100% des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique française et que la fabrication a lieu en France.


Enfin, les "Nouilles japonaises saveur légumes et sauce soja de Tanoshi" promettent une recette sans glutamate ajouté mais contiennent en fait, affirme-t-elle, pas moins de neuf additifs différents, "dont quatre sont controversés pour leurs effets sur la santé". 

Pour l'heure, les pratiques que dénonce Foodwatch sont tout à fait légales. Ce qui a le don de mettre l'ONG en colère : "Des réglementations laxistes ou inexistantes en France et en Europe, ainsi que le laisser-faire des responsables politiques favorisent ce contexte où l’opacité et l’impunité sont les maître-mots." Militant pour une interdiction de ces techniques publicitaires, elle tente en attendant de faire pression sur les marques grâce, notamment, à ses pétitions. Plusieurs ont d'ailleurs déjà porté leurs fruits. Le produit "Danonino" de Gervais "avec ses dessins de jolis fruits" mais qui n'en contenait en réalité aucun, a ainsi changé son emballage et sa recette grâce à sa pétition, rapporte-t-elle. "Suite à notre mobilisation, l'entreprise a réagi en modifiant l'emballage de Danonino ainsi que sa recette, qui contient désormais 6% de fruits."

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