Fluor, magnésium, fer… Ces oligo-éléments indispensables à notre santé mais toxiques en trop grande quantité

Nutrition

JUSTE MESURE - Indispensables au maintien de notre bonne santé, les oligo-éléments se trouvent naturellement dans l'alimentation. Si une carence peut entraîner de sérieux problèmes de santé, un excès peut, lui s'avérer toxique. LCI fait un zoom sur quelques uns d'entre eux.

Pour notre santé, de nombreux apports nutritionnels sont essentiels. Les vitamines, les glucides, les lipides ainsi que les oligo-éléments font ainsi partie des nutriments incontournables. Ces derniers sont essentiels à la vie d'un organisme mais seulement en faibles proportions. Au-delà d'un certain seuil, ils peuvent au contraire s'avérer dangereux.

Le magnésium, le fluor ou encore le fer en font partie. LCI vous indique pourquoi ils sont importants, et dans quelles proportions.

Le magnésium

Trois Français sur quatre manquent aujourd'hui de magnésium. Cet oligo-élément est pourtant essentiel à l'élasticité de nos artères et au processus de coagulation, à la régulation du rythme cardiaque, à la qualité du sperme ou encore à celle du sommeil. Il se trouve naturellement dans de nombreux aliments comme les fruits secs, les fruits de mer, le chocolat noir ou encore les céréales complètes. Chez les hommes, les apports conseillés par l'European Food Safety, l'autorité européenne de sécurité des aliments, sont de 350 mg/j chez les hommes et 300 mg/j chez les femmes. Pour les enfants, les préconisations de 170 à 300 mg/jour, en fonction de l'âge.

En cas de carence en magnésium, plusieurs symptômes sont facilement reconnaissables : "la paupière qui saute, les fourmillements aux extrémités, les crampes et les maux de tête réguliers", décrit auprès de TF1 Elsa Chauveau responsable du secteur pharmacie pour le laboratoire Pileje. Le manque répandu de cet oligo-élément, qui provoque aussi une fatigue persistante, a provoqué en 2019 une hausse de 10% des ventes de magnésium sous forme de complément alimentaire. Très rare, le surdosage de magnésium peut donner lieu à des diarrhées, des vomissements, une faiblesse musculaire, voire, dans les cas extrêmes, à un coma.

Le fluor

Ajouté à la recette de très nombreux dentifrices depuis les années 50, le fluor a depuis démontré son efficacité dans la réduction du nombre de caries. Présent dans ces produits d'hygiène mais également dans le poisson de mer, le thé ou certaines eaux, il permet, à petites doses, de renforcer la structure des dents lors de la formation de l'émail chez les enfants et d'inhiber le métabolisme des bactéries cariogènes ainsi que la progression de lésions carieuses. Il renferme des propriétés tout aussi intéressantes chez l'adulte.

À haute dose cependant (plus de 0,05 mg/jour/kilo de poids corporel, tous apports confondus), le fluor peut représenter un danger en faisant courir le risque de développer une fluorose dentaire, soit une fragilisation de la dentition et l'apparition de taches brunes, voire, au-delà de 10 à 40 mg/jour, une fluorose osseuse, ce qui rend les os cassants. Si ces seuils peuvent difficilement être transgressés chez l'adulte, cela est beaucoup plus aisé chez les enfants. Il est donc important de surveiller qu'ils n'avalent pas leur dentifrice et de ne pas leur donner à boire de l'eau trop fluorée.

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Le fer

Contenu dans la viande rouge, les fruits de mer, les légumineuses et les fruits secs, le cacao ou encore le persil, le fer est un oligo-élément indispensable à notre santé. Il permet le transport et le stockage de l'oxygène dans les cellules, la production d'énergie et la synthèse de l'ADN.

En 2016, les références nutritionnelles pour la population adulte ont été mises à jour. Elles sont estimées  à 11 mg/j pour l’homme, la femme ayant des pertes menstruelles faibles ou normales ou chez la femme ménopausée. Chez la femme ayant des règles importantes, un apport de 16 mg/j est conseillé. Chez les enfants, les références nutritionnelles n'ont pas encore été mises à jour. Les anciennes préconisations variaient de 7 à 14 mg/jour chez les enfants de 3 à 17 ans. Les besoins en fer augmentant pendant la grossesse, un apport sous forme de complément alimentaire peut être nécessaire.

À un stade très avancé, la carence en fer conduit à l'anémie (anémie ferriprive). Une fatigue anormale, un teint pâle, un essoufflement prononcé à l’effort, des maux de têtes ou encore une diminution des performances intellectuelles font partie des symptômes. Si l'anémie se déclare petit à petit, elle peut passer inaperçue. Les conséquences d'une carence modérée sont cependant encore mal définies, indique l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui cite parmi les conséquences "de plus en plus évoquées" une réduction de la capacité physique et des performances intellectuelles, une moindre résistance aux infections, des perturbations au cours de la grossesse et des anomalies dans le maintien de la température corporelle. Des apports trop élevés en fer peuvent en revanche augmenter l’incidence des maladies cardiovasculaires, du diabète de type II et des cancers digestifs et entraîner une action pro-inflammatoire.

Le calcium

Le calcium est le minéral le plus abondant dans le corps humain. Il représente à lui tout seul environ 1 kilo du poids corporel d'un adulte. La quasi-totalité de ce dernier (99%) contribue à la formation et à la solidité des os et des dents. Le dernier pour-cent joue, lui, un rôle dans la coagulation sanguine, la contraction musculaire ou encore la libération d'hormones. A tout âge, il est donc important d'assurer de bons apports en calcium. Les préconisations sont de l'ordre de 860 mg/j chez les 19-23 ans et de 750 mg/j chez les plus de 24 ans. Chez l'enfant, elles vont de 500 mg chez le nourrisson à 1.200 mg jusqu’à 19 ans.

Les signes d'une carence en calcium n'apparaissent que sur le moyen ou le long terme. Ce manque se manifeste par un rachitisme, qui entraîne des douleurs osseuses et musculaires ainsi qu'une déformation du squelette ou par une ostéoporose chez le sujet âgé. Celle-ci se caractérise par une dégradation de la structure de l'os qui provoque des tassements vertébraux et les fractures du poignet et de la hanche. Cette pathologie est trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. À long terme, des apports excessifs en calcium peuvent en revanche conduire à une hypercalciurie, qui donne lieu à la formation de calculs rénaux et à la perte de calcium osseux par la voie des urines.

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Le calcium se retrouve naturellement dans les produits laitiers, le choux, les fruits secs, les olives ou encore les herbes aromatiques séchées (basilic, thym, romarin...).

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