Litchis mis en cause dans la mort de 118 enfants en Inde : ces fruits dont le noyau peut empoisonner

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POISON - En Inde, au moins 118 enfants sont décédés d'encéphalite aiguë depuis le début du mois. L'ingestion de noyaux de litchis est suspectée d'en être à l'origine. Comme eux, de nombreux noyaux et pépins représentent, s'ils sont avalés en trop grande quantité, un danger pour la santé.

Depuis le début du moins de juin, au mois 118 enfants sont décédés d'encéphalite aiguë dans l'Etat du Bihar, au nord de l'Inde. Forte fièvre, convulsions et crises de vomissements font partie des symptômes de cette maladie qui se répand comme une traînée de poudre. D'après les études scientifiques qui ont été faites, ces décès pourraient être dus à une toxine présente dans les graines de litchis. Elle altérerait la production de glucose de l'organisme et provoquerait des hypoglycémies. Dans cette région très pauvre, les enfants, qui errent souvent dans la rue sous une forte chaleur, "mangent un litchi pourri ou pas assez mûr, et vont au lit le ventre vide", explique un médecin à l'AFP. "Cela provoque une chute brutale du taux de sucre dans le sang qui entraîne des convulsions".


Comme ceux des litchis, de nombreux noyaux et pépins de fruits peuvent représenter un grave danger pour la santé. Leurs amandes (partie tendre se trouvant au milieu) sont pourtant souvent utilisées comme compléments alimentaires, ou dans des confitures, pour donner du goût.

Des noyaux et pépins qui peuvent mener à une intoxication au cyanure

Les noyaux d'abricots, de cerises, de prune, d'avocat ou encore les pépins de pomme et de poire contiennent, eux, de l’amygdaline, une substance qui se transforme en cyanure une fois digérée. Cela peut conduire à des signes d’intoxication aiguë tels que des convulsions, des troubles respiratoires, une diminution de la fréquence cardiaque, une perte de connaissance, voire un coma.


Entre janvier 2012 et octobre 2017, plus de 150 Français ont ainsi été intoxiquées après avoir mangé de trop grandes quantités d'amandes d'abricots, contenues dans les noyaux. De quoi pousser l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) à publier l'an dernier une mise en garde contre ces amandes, prise comme des compléments alimentaires auxquels on prête "de prétendues propriétés 'anti-cancer '". Elle conseillait alors de ne pas manger plus d'une grosse amande ou de trois petites par jour pour les adultes. Pour les enfants, la limite est fixée à une moitié de petite amande par jour. Ces doses, établies par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), permettent de ne pas atteindre le seuil de sécurité de 20 microgrammes de cyanure par kilo de poids corporel pour une exposition unique, soit 25 fois moins que la dose mortelle. Cette limite a été fixée en fonction de la capacité du corps à éliminer le cyanure naturellement, grâce à certains enzymes.

En 2017, un Britannique de 28 ans avait fait parler de lui après avoir été hospitalisé pour avoir consommé des amandes de noyaux de cerises en conserve. "Par curiosité, il a croqué dans le noyau pour en manger la graine molle qui se trouvait à l’intérieur. Après avoir trouvé que ça avait bon goût, il en a mangé deux de plus", indiquait The Independant. Une dizaine de minutes après, il avait été pris d’une extrême fatigue, de maux de tête et de fièvre. Appelés à la rescousse, les services de secours lui ont diagnostiqué une intoxication au cyanure.

Le danger est le même pour le noyau d'avocat, dont certains vantent les mérites antioxydants. En janvier dernier, des chercheurs de la Pennsylvania State University ont aussi affirmé dans une étude publiée dans le journal Advances in Food Technology and Nutritional Sciences qu'il pourrait fournir un extrait aux vertus anti-inflammatoires pouvant aider à traiter certains cancers et maladies cardiovasculaires. Mais, s'il ne s'agissait d'une part que d'un extrait mis au point par les scientifiques, d'autres recherches seront d'autre part nécessaires pour confirmer ces résultats et aller plus loin. Les noyaux d'avocats sont donc loin d'être considérés comme comestibles.

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