Notre mauvaise alimentation pourrait affecter la santé de nos arrière-petits-enfants !

Nutrition
DirectLCI
RÉGIME - Et si notre mauvaise alimentation ne mettait pas en danger que notre personne ? Selon une étude américaine publiée dans la revue American Journal of Physiology, les excès de sucres et de graisses pourraient affecter jusque la santé de nos arrière-petits-enfants.

L’expérience a été menée sur des souris, mais les scientifiques qui l'ont réalisée pensent que ses résultats sont applicables aux humains. D’après des expérimentations menées en laboratoire par des chercheurs américains, l'alimentation trop riche en sucres et en graisses de femelles rongeurs avant et pendant leur grossesse a des conséquences sur la santé cardiaque de leurs petits, et ce au moins jusqu’à la troisième génération même si celle-ci n’est pas en surpoids.


Plus surprenant encore, cette étude, publiée dans la revue scientifique American Journal of Physiology, suggère que les modifications cardiaques de la progéniture induites par l’alimentation ne sont pas uniquement transmises par la mère. Les descendants mâles de mères obèses ont également transmis les mêmes problèmes cardiaques à leurs petits, malgré leur accouplement avec une femelle en bonne santé et disposant d’une alimentation normale.

Baisse de régime des cellules du cœur et risque d'insuffisance cardiaque

"Nous savions que l’obésité pendant la grossesse augmentait les risques cardiaques de leur descendance mais nous avons maintenant la preuve, au moins pour les souris, que ces problèmes cardiaques ne se contentent pas de toucher une génération, souligne dans un communiqué publié par l’université de Washington la co-auteure de l’étude, Kelle H. Molley. "Ils sont transmis par les mâles et les femelles descendant de ces mères obèses, même si cette progéniture se nourrit normalement."


Parmi les anomalies cardiaques relevées, les scientifiques ont noté la baisse d’efficacité des mitochondries, ces éléments principalement chargés de  fournir de l’énergie aux cellules. Les cœurs de la plupart des descendants d’une mère obèse présentaient également un ventricule gauche plus lourd. Or chez l’homme, précise le communiqué, "l’augmentation du poids du ventricule gauche est souvent le signe d’une mauvaise qualité du muscle cardiaque qui prédispose à l’insuffisance cardiaque, une maladie potentiellement mortelle dans laquelle le cœur ne pompe pas le sang aussi bien qu’il le devrait". Des différences entre le cœur des femelles et des mâles ont également été observées, sans qu’elles ne puissent pour l’heure être expliquées.

"L’une des grandes questions est 'que puis-je faire si ma grand-mère ou arrière-grand-mère était obèse ?'", souligne l’auteur principal de l’étude, Jeremie L.A. Ferey. "D’autres études sont nécessaires pour savoir s’il est possible de réparer ces dommages faits aux mitochondries, mais en général, de l’exercice et un régime sain sont toujours importants pour la santé cardiaque".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter