Alerte sur les produits chimiques présents dans les emballages alimentaires en carton

Nutrition
MAUVAISE SURPRISE - Présentés comme moins polluants pour l'environnement, les emballages en carton et en papier ne seraient pas tous sans danger pour notre santé. Selon une étude menée par une quarantaine d'associations européennes de consommateurs, ils contiendraient, notamment dans leurs encres, des substances cancérigènes ou suspectées d'être des perturbatrices endocriniennes.

Pailles, gobelets et assiettes jetables, pots à glace… Dans 18 mois, tous ces objets communément fabriqués en plastique seront remplacés par des versions en papier et en carton. Mais selon une étude menée par le Bureau européen des consommateurs (BEUC) et parue le 25  juillet, beaucoup d’entre eux contiennent des substances chimiques potentiellement nocives pour la santé.


Au total, la fédération, qui regroupe 43 associations européennes de consommateurs, a fait analyser en laboratoire 76 échantillons d’emballages en papier coloré ou en carton, dont des serviettes en papier, des emballages de produits d’épicerie, des verres à café ou des pailles en carton.

Des filtres UV et des amines aromatiques retrouvés au-delà des seuls fixés

En fin de compte, plus d’un échantillon sur six analysés lors de cette étude avait transmis dans l'aliment ou la boisson qu'il contenait des amines aromatiques, des composés utilisés dans la fabrication des encres et pour certains classés cancérogènes avérés. Neuf des éléments présentaient même des taux d'amines aromatiques supérieurs au seuil fixé par l'Europe.


La quasi-totalité des 76 échantillons contenait par ailleurs des filtres UV, dont certains sont suspectés d’être cancérigènes ou perturbateurs endocriniens. Des analyses plus poussées sur 21 échantillons ont de plus montré que ces filtres migraient dans la nourriture, et ce au-delà de la limite recommandées pour six d’entre eux. Malgré tout, la sécurité de la plupart des substances retrouvées dans la nourriture n’a pas été évaluée par L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), regrette le BEUC.

Des alertes déjà données les années passées

En 2017, des analyses menées par la fédération d’associations européennes avaient déjà montré des niveaux problématiques de composés fluorés dans un tiers des emballages de fast-food. Ces substances sont soupçonnées d’être cancérigènes, de nuire à la fertilité ou encore de favoriser l’obésité. La même année, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) regrettait par ailleurs le manque d'études au sujet des hydrocarbures saturés d’huile minérale, également présents dans les encres. En 2012, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait considéré dans un avis que l'exposition des consommateurs à ces substances était "préoccupante", voire "très préoccupante".


Pour le BEUC, ces nouvelles analyses soulignent la nécessité pour la Commission européenne de "définir des règles européennes applicables à la présence de produits chimiques préoccupants dans tous les matériaux en papier et en carton en contact avec les aliments". A ce jour, seuls les emballages plastiques sont en effet réglementés. "Il est inquiétant que le papier, qui est le deuxième emballage alimentaire le plus utilisé après le plastique, soit mis au contact de nos aliments sans filet de sécurité. Face à l'interdiction ambitieuse et imminente du plastique à usage unique, l'UE doit veiller à ce que des solutions de remplacement telles que les emballages alimentaires en papier et en carton soient sans danger pour les consommateurs", plaide dans un communiqué Monique Goyens, directrice générale du BEUC.

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