Ce régime mis au point par des scientifiques serait "idéal" pour sauver la planète (et notre santé)

Nutrition
INITIATIVE - En début d'année, 500 personnalités ont appelé à un "lundi vert", sans viande ni poisson, tout au long de 2019 pour l'environnement. Ce jeudi 17 janvier, 37 personnes de 16 pays différents proposent une solution bien plus ambitieuse : le "Planetary Health", ou un régime pour sauver la planète.

En soixante ans, la population mondiale a plus que doublé. Et tandis que cette croissance s'annonce toujours plus vertigineuse, un défi majeur se pose : celui de l'alimentation. Comment produire assez de nourriture pour dix milliards d'êtres humains d'ici 2050, tout en préservant la planète ? En réduisant de moitié notre consommation de viande et de sucre, tout en doublant celle de noix, fruits, légumes et légumineuses, répondent un groupe de chercheurs dans un rapport co-réalisé par la revue médicale The Lancet et l'ONG Fondation EAT.


"Les régimes alimentaires actuels poussent la Terre au-delà de ses limites et sont source de maladies : ils sont une menace à la fois pour les gens et pour la planète", dénoncent les auteurs dans leur publication. Ensemble, ils ont donc élaboré un régime alimentaire qu'ils assurent "idéal" aussi bien pour la santé des Hommes que celle de la planète : le "Planetary Health". 

Une consommation de viande à diviser par trois

Il faudrait selon eux consommer chaque jour en moyenne 300 grammes de légumes, 200 grammes de fruits, 200 grammes de graines entières (riz, blé, maïs, etc.), 250 grammes de lait entier (ou équivalent), mais seulement 14 grammes de viande rouge, soit une portion dix fois moindre qu'un steak de taille classique. L'apport de protéines pourrait, à défaut de viande rouge, provenir de la consommation de volaille (29 g), de poisson (28 g), d’œufs (13 g) voire de noix en tout genre (50 g), préconisent ces experts.

Aux Etats-Unis, la consommation quotidienne moyenne de viande rouge est actuellement évaluée à 280 grammes environ. Le respect de ce régime impliquerait de la diviser par vingt. Les Français, eux, devraient réduire la taille de leur steak par trois, leur consommation quotidienne s'établissant à 46 grammes en moyenne. Certains pays se trouvent d'autre part dépendants des moyens de subsistance agropastoraux et peuvent difficilement obtenir des quantités suffisantes de micronutriments à partir d’aliments d’origine végétale. Une réalité qui amène les scientifiques à préciser que ces objectifs globaux pourront être adaptés localement selon "la culture, la géographie et la démographie". "Plus de 820 millions de personnes n'ont toujours pas accès à suffisamment de nourriture, 2,4 milliards de personnes surconsomment, et au total, environ la moitié de la population mondiale a un régime alimentaire marqué par des carences en nutriments", affirme le rapport.

D'après les scientifiques, cette modification de notre alimentation pourrait permettre d'éviter environ "11 millions de décès prématurés par an" dans le monde, causées entre autres par des maladies chroniques telles que l'obésité, le diabète ou par certains cancers attribués à une mauvaise alimentation. La planète, elle, verrait sa biodiversité mieux protégée et une réduction des gaz à effets de serre.

Le gaspillage alimentaire à diviser par deux

Au-delà de la façon dont chacun s'alimente, les experts appellent à réduire "au moins de moitié" le gaspillage alimentaire et les pertes lors du processus de production. En France, 10 millions de tonnes d’aliments consommables partent chaque année à la poubelle. Cela représente 155 kilos de nourriture par an et par habitant.


"La façon dont nous mangeons est l'une des causes principales du changement climatique, de la perte de biodiversité et des maladies non-transmissibles", a assuré l'un des auteurs de l'étude, le professeur Tim Lang, de l'Université de Londres. "De la même manière que notre système alimentaire a radicalement changé au XXe siècle, nous estimons qu'il doit changer radicalement au XXIe", a-t-il ajouté. 

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