Produits "fractionnés", aliments ultra-transformés : quel danger pour la santé ?

Produits "fractionnés", aliments ultra-transformés : quel danger pour la santé ?

NUTRITION - Plats cuisinés, céréales du petit déjeuner, yaourts à boire... On en mange tous les jours, mais savez-vous vraiment comment ils sont fabriqués ? Quelle est leur face cachée ? Et surtout, quel est leur impact sur la santé ?

C’est le repas le plus important de la journée selon les nutritionnistes. Celui qu'il ne faut surtout pas sauter et durant lequel il faut manger copieusement pour éviter le fameux coup de pompe de 11 heures. Le petit-déjeuner est pourtant souvent composé de produits ultra-transformés et très riches en sucre. Pour le vérifier, jetons un oeil aux étiquettes. Sur un simple paquet de brioche, on peut lire par exemple : gluten de blé, protéines de blé ou encore extraits de carottes. Car ces produits du quotidien dont la composition paraît à première vue évidente contiennent en réalité des dizaines ingrédients. Et parfois, ils sont plus que surprenants. Ainsi dans certains pains de mie, on retrouve même des traces d'alcool. 

Tous ces produits ultra-transformés représentent 67% des aliments étiquetés en supermarchés. Et certains battent des records, comme le cordon bleu industriel qui à lui seul rassemble trente ingrédients différents, alors qu'il  n'en faut que sept pour un cordon bleu fait maison. Alors, qu'est-ce qui se cache derrière ces produits aux étiquettes interminables ?

Sont-ils dangereux pour la santé ? Le JT de TF1 mène l'enquête dans la vidéo en tête de cet article.

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Des "bombes de sucre"

Tout commence au coeur des cultures agricoles. Prenons par exemple un champ de maïs. Une fois récoltés, les épis vont être acheminés en usine, où ils seront entièrement décomposés en plusieurs ingrédients. On appelle ça le "cracking". En français, le fractionnement. Une technique secrète de l'industrie agroalimentaire. 

Aucune usine n'ayant souhaité ouvrir ses portes, nous apportons notre épi de maïs à un chercheur en alimentation préventive à l'Institut nationale de la recherche agronomique. "Le cracking des aliments consistent à déconstruire sa structure pour en isoler des ingrédients", explique Anthony Fardet. L'oeuf, la pomme de terre, le blé, le riz... tout, ou presque, peut être "fractionné".

Le maïs est ainsi décomposé à partir de sa fécule. Puis transformé en plusieurs poudres et sucres artificiels, appelés polydextrose, maltodextrine, sirop de glucose, ou encore amidon modifié. Ce sont des marqueurs d'ultra-transformation, réinjectés dans tous les produits. Pour Anthony Fardet, "ce sont de faux aliments dans le sens où on a artificialisé l'aliment pour modifier le goût, la couleur, l'arôme et la texture", dit-il. Ce chercheur met donc en garde le consommateur : "Il ne faut pas se laisser piéger par l'ajout de minéraux, de vitamines, de fibres, de blé complet : ça reste des bombes de sucre".

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Un enjeu de santé publique

Mais dans les supermarchés, les produits ultra-transformés sont moins chers et plus vendus que les produits frais. Alors le ministère de la Santé s'est emparé de la question. Résultat, d'ici 2021, il recommande de baisser la consommation de ces produits de 20%. Les industriels et la grande distribution sont clairement dans le viseur du gouvernement, mais ils ne veulent pas s'en laisser compter : "Depuis 2017, on diminue d'environ 5% par an la part d'ingrédients ultra-transformés dans nos assortiments. Dans 10 ou 15 ans on arrivera peut-être à des rayons sans ces produits. En attendant, vous aurez toujours votre ketchup mais avec certains ingrédients en moins, et plus de naturalité", soutient François Alarcon, directeur Stratégie et Innovation chez Franprix.

Car c'est un enjeu de santé publique. La consommation de 100 grammes par jour de ces produits pourrait accroître le risque de maladies chroniques. Ces aliments ont aussi perdu une grande partie de leur valeur nutritionnelle. Pour le vérifier, la diététicienne Karine de La Rouère a comparé une pomme et sa compote industrielle. "Si vous mangez la compote, vous allez avoir faim une heure après car il y a très peu de fibres, donc ça ne tient pas au corps. Et puis le sucre à l'intérieur va stimuler à nouveau l'appétence pour les produits sucrés", analyse-t-elle.

Obésité, diabète, hypertension... Certains produits menaceraient même notre santé. "Consommer 10% de son alimentation en produits ultra-transformés peut augmenter de 10% le risque de pathologies comme le cancer", conclut la spécialiste. Reste donc une solution : cuisiner soi-même. Voilà encore la meilleure alternative aux aliments ultra-transformés.

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