Trop de gluten dans l'enfance favoriserait le développement de la maladie cœliaque

Nutrition

DES PÂTES, DES PÂTES... - La maladie cœliaque, soit l'intolérance au gluten, survient chez des personnes génétiquement prédisposées. Elle touche environ 1% de la population européenne. Selon une équipe de scientifiques internationale, les risques de la développer seraient accrus en cas de consommation importante de cette protéine dans l'enfance.

Votre enfant nourrit une passion pour les pâtes et le pain ? Cette étude risque de contrarier ses ambitions alimentaires. Une équipe internationale de chercheurs a déterminé, dans des travaux publiés le mois dernier dans le journal JAMA, qu’un apport trop important de gluten dans l’enfance était lié à un risque plus important de développer une maladie cœliaque, soit une maladie chronique et auto-immune de l'intestin déclenchée par l'ingestion de gluten.

Au total, les scientifiques ont suivi 6.600 enfants présentant un risque génétique accru de développer cette maladie, de la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans, en Suède, Finlande, Allemagne et aux États-Unis. Leurs apports en gluten ont été mesurés à 6, 9 et 12 mois, puis de façon bisannuelle jusqu’à l’âge de cinq ans.

Des risques qui augmentent avec les apports quotidiens

Chez ces enfants génétiquement prédisposés, 1216 (20%) ont développé durant leur suivi une auto-immunité liée à la maladie cœliaque, premier signe de la réponse négative de l'organisme à la protéine, et 447 (7%) la maladie cœliaque. Un pic d’incidence a été observé dans les deux cas entre deux et trois ans. 

Et plus les apports étaient importants, plus le risque d'être intolérant augmentait. Ainsi, "un apport quotidien en gluten de plus de 2 grammes [soit l’équivalent d’une tranche de pain blanc, ndlr.] à l'âge de 2 ans était associé à une augmentation de 75% du risque de développer la maladie cœliaque, en comparaison aux enfants qui ont mangé moins de 2 grammes de gluten", explique dans un communiqué Carin Andrén Aronsson, auteur principal de l'article et diététicienne à l'Université de Lund.

Les recommandations nutritionnelles pas encore à l'ordre du jour

Pour autant, précisent les chercheurs dans leur étude, il est pour l’instant difficile d’établir des recommandations. D’une part parce qu’il ne s’agit ici que de travaux observationnels, aucun lien de cause à effet n’ayant été déterminé, et d’autre part parce que malgré l’augmentation des risques constatés, seule une minorité d’enfants a développé une auto-immunité à la maladie, ou la maladie elle-même.

Ils ont maintenant l’intention de tenter de déterminer quels groupes d’aliments contenant du gluten représentent le plus de risques et de savoir si un régime sans gluten serait favorable à ces enfants prédisposés.

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En Europe, une personne sur cent environ est touchée par la maladie cœliaque, qui serait surtout d'origine immunitaire, avec une prédisposition génétique. 95% des personnes intolérantes au gluten sont en effet  porteuses d’un ou deux gènes spécifiques. En raison de la difficulté du diagnostic qui s'explique par des symptômes mineurs s'installant dans la durée, l'Association française des intolérants en gluten estime qu'en France, seuls 10 à 20% des cas seraient aujourd’hui diagnostiqués. 

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