Alimentation : peut-on consommer un produit dont la date de péremption est dépassée ?

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GASPILLAGE - Fin janvier, une trentaine d’acteurs du secteur alimentaire ont signé un pacte afin de lutter contre le gaspillage alimentaire, en partie provoqué par le respect trop strict des dates de péremption. Faut-il alors faire confiance aux indications inscrites sur les emballages ? Est-ce risqué de consommer un produit une fois la limite dépassée ? Explications.

Faut-il jeter un produit alimentaire dont la date de péremption est dépassée ou est-il encore propre à la consommation ? Chaque Français n'agit pas de la même manière. Si certains continuent de consommer le produit quelques jours après la date, d'autres sont plus radicaux. "Une fois que la date est dépassée, je préfère jeter", avoue un homme au micro de TF1, dans la vidéo en tête de cet article. Pourtant, toutes les dates inscrites sur les emballages n'ont pas la même signification. 

Pour rappel, il existe deux formules obligatoires sur les emballages : "A consommer jusqu’au" ou "A consommer de préférence avant". Si peu de Français font la distinction, leur signification est pourtant différente. La première formule signifie qu’il ne faut pas dépasser la date. Elle est surtout valable pour la viande ou les laitages. La deuxième, qui s’applique plutôt aux produits secs, est moins catégorique : les produits peuvent encore être consommés après la date indiquée.

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Une mention "meilleur avant" inscrite sur certains produits

Pourtant, un consommateur sur deux ne fait pas la différence et préfère jeter le produit une fois la date dépassée. Cette incompréhension est d'ailleurs responsable de 20% du gaspillage alimentaire dans chaque foyer. Pour clarifier les choses, les initiatives se multiplient, comme celle de Carrefour. "Sur tous nos nouveaux produits, nous avons décidé d’écrire ‘meilleur avant’" juste avant d’indiquer la date, indique au micro de TF1 David Swiderski, directeur du développement durable chez le distributeur, afin de faire comprendre que le produit reste consommable après l'échéance. "Après un test auprès de consommateurs, c’est la mention qui a retenu tous les suffrages. Le consommateur se sentira moins dans l'ambiguïté et décidera, je l’espère, de ne pas jeter le produit au-delà de la date."

Cette initiative n'est pas isolée. L’application Too Good To Go, à l’origine du pacte signé par les acteurs de l’alimentation, a mis en place des étiquettes explicatives pour mieux informer le consommateur. "Ceci est un produit à date du durabilité minimale", peut-on lire sur l’emballage. "Cela signifie qu’une fois cette date dépassée, le produit peut perdre en qualités gustatives sans pour autant présenter un risque pour vous. S’il a toujours été conservé au réfrigérateur et que l’emballage n’est pas altéré, il peut encore être consommé après cette date." Une fois celle-ci dépassée, "il n’y a pas forcément besoin de jeter le produit", argumente Lucie Basch, présidente de Too Good To Go, qui incite les consommateurs à se faire confiance en analysant le produit avant de le mettre à la poubelle. "Observez-le, sentez-le, goûtez-le, et ensuite prenez votre décision en toute connaissance de cause !"

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Un livre blanc pour lutter contre le gaspillage

Too Good To Go, ainsi qu’une association écologiste, France Nature Environnement, ont également publié un "livre blanc" intitulé "Les dates de péremption, une idée dépassée ?". Il a notamment été rédigé grâce à des informations recueillies lors d’une table ronde en présence de représentants du secteur de la grande distribution, comme Carrefour, et de l’industrie agroalimentaire comme Coca-Cola, mais aussi une association de consommateurs.

L'ouvrage préconise notamment d’inscrire "et après" à la suite du traditionnel "à consommer de préférence avant", afin que le consommateur s’y retrouve. C’est d’ailleurs ce qui a été instauré en Norvège en 2017, sous l’impulsion d’une association d’entreprises et du ministre de l’Écologie. "Plusieurs centaines de milliers de personnes ont signé la pétition et le patron de la plus grosse compagnie de produits laitiers en Norvège, Q-Meieri, était le troisième sur la liste", se réjouit Too Good To Go sur son site.

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