VIDÉO - J'ai testé pour vous le jeûne de 3 jours (et j'ai survécu)

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DÉFI - Jeûner pendant trois jours serait bénéfique pour votre système immunitaire et permettrait donc de vous sentir mieux. À LCI, nous avons voulu tenter l'expérience, suivez le guide !

C'est la nouvelle tendance bien-être du moment : le jeûne. Servie par de multiples études scientifiques, ils sont nombreux à vanter les mérites de cette technique ancestrale qui fait de plus en plus d'adeptes. Alors pour en savoir plus, à LCI, nous avons voulu tenter l'expérience pour voir si cela avait un véritable effet sur notre santé. 


Quand j'ai annoncé à mon entourage que j'allais faire cette sorte de "cure", les réactions dubitatives n'ont pas tardé. "Mais quelle idée... Toi, en plus, tu n'y arriveras jamais !". Certes, sur le papier, je n'ai pas le profil : je dîne souvent dehors, j'aime prendre l'apéro et... Je fume. Autant dire qu'il s'agissait d'un véritable défi pour la bonne vivante que je suis. 


Stricte, monodiète, protéinée, pendant 16h, un week-end.... Un jeûne, oui mais lequel ? Pour le docteur Lionel Coudron, "Le jeûne sec ou jeûne hydrique pur qui suppose l'arrêt de toute alimentation est à éviter". Selon l'auteur du "Guide pratique du jeûne", pour une première fois, la méthode d'Otto Büchinger est conseillée.  Elle consiste à consommer moins de 450 kcal et moins de 50 g de glucides par jour. Comment ? En prenant par exemple un jus de citron pressé le matin et un bouillon de légumes (sans les légumes donc) le soir. "Les bienfaits du jeûne sont encore plus probants quand celui-ci s'effectue sur une semaine mais trois jours pour commencer, c'est déjà une bonne expérience", nous précise le spécialiste. 

La préparation

Dimanche, sur les coups de 13h, je mange donc mon dernier repas comme le ferait un condamné. Une salade... Il paraît qu'il faut manger quelque de chose de léger avant d'entamer son jeûne. 


L'heure du dîner approche, c'est parti pour la préparation de mon bouillon, selon les conseils du docteur Coudron : une carotte, un poireau, un navet, un oignon (et autres légumes si besoin), coupés en rondelles dans un litre d'eau. On laisse cuire pendant vingt minutes avant d'ôter les légumes puis on sale plus que la normale pour donner du goût, en ajoutant épices et aromates selon son envie. N'hésitez pas à soigner ce bouillon : il sera votre dîner pour les trois prochains jours !


Résultat : un premier repas peu appétissant, voire légèrement déprimant. Et on est que le premier soir...

J1 : la galère commence

Un jus de citron pressé le matin ? Plus facile à dire qu'à faire. On ne va pas se mentir, démarrer sa journée sans une tasse de café, ce n'est pas à la portée de tout le monde (et notamment de la mienne). Alors que d'habitude j'arrive au boulot le sourire au lèvres, ce matin, j'ai le regard abattu et l'air fatigué. Et surtout, j'ai envie d'envoyer paître tout le monde ! 


Le plus dur ? La première pause café du matin. De mon siège, je vois par la fenêtre mes collègues allumer leur première cigarette... Une vraie souffrance. Puis vient l'heure du déjeuner et ses bureaux désertés. Et moi, avec mon infusion au milieu de l'open-space et cette incessante question "Mais qu'est-ce qui m'a pris de me lancer là-dedans ?"


La journée est lente, ponctuée de "Léa, tu viens boire un café ?" "Tu viens fumer une cigarette ?" Mais laissez-moi jeûner en paix, bon sang ! Au final, le plus dur est probablement l'isolement créé par le jeûne. Mais je tiens bon : mon bouillon m'attend à la maison. Et ce soir, bizarrement, je me jette dessus. Je suis fatiguée, je file me coucher tôt.

J2 : la fatigue s'envole

Surprise le lendemain matin : je me réveille en forme. Alors oui, mon rituel "café-cigarette" me manque toujours mais je ne suis pas fatiguée et j'ai même très bien dormi, moi qui suis plutôt sujette aux insomnies. Et bonne nouvelle : mon sourire est revenu ! 


À l'heure du déjeuner, si mon ventre crie encore famine, cela ne dure qu'une vingtaine de minutes. Un peu de lecture, une infusion et mes collègues sont déjà de retour : "Tu m'épates Léa, tu as l'air de bien tenir le coup !". À la fin de la journée, même la pizza de mon colocataire ne met fait plus d'effet. À moi le bouillon, qui me rassasie. 

J3 : au top !

Le lendemain matin, là encore je constate que je suis en pleine forme. Je me sens déterminée, inébranlable - peut-être aussi parce que je sais que c'est bientôt terminé ? - avec un regain d'énergie que je ne me connais pas. Mieux, la sensation de faim s'est complètement dissipée et la journée s'écoule sans problème. D'où ma question : mon corps a-t-il finalement besoin de manger autant ? 


17h : mon alarme sonne, mon jeûne est officiellement terminé... Et ma mission accomplie. Premier réflexe : je fonce vers le distributeur me chercher du chocolat. Jamais il n'a eu autant de goût ! Et enfin, je retrouve cette sensation, qui  m'a tant manquée, de mâcher. 


20h : j'ai un dîner prévu de longue date. Pourtant on m'a prévenu, il faut manger léger après avoir terminé son jeûne. Mais le repas étant délicieux, je me jette sur la nourriture. Conclusion : mon estomac s'étant resserré, ça ne passe pas du tout... Je rentre chez moi avec des nausées et des crampes d'estomac. Bref, ne faites pas la même erreur que moi. 

Verdict

Résultat : je suis ravie. D'abord, pour la dimension spirituelle de ma démarche. "Faire un jeûne, c'est une prise de conscience, on se rend compte qu'on peut agir sur soi-même", m'avait prévenu le docteur Coudron, qui est aussi fondateur de l'institut de Yogathérapie de Paris dans le "Guide pratique du jeûne". "Si vous êtes capable de restreindre votre alimentation, de supporter les moments de faims, de gérer les frustrations, les envies, de repousser l'heure du repas ou la prise d'un aliment qui vous ferait plaisir, vous renouez avec l'essentiel dans votre vie". Et c'est vrai que mon mental est revigoré, je me sens fière d'avoir réussi à me maîtriser. 


D'autre part, sur la balance, j'ai perdu... 2,5 kilos. Alors ça n'était pas le but de l'exercice, mais c'est tout de même appréciable. D'autant qu'au final, je suis en pleine forme. Mon corps s'est adapté à la privation et a puisé dans mes réserves. 


Attention toutefois à ne pas prendre l'expérience à la légère : il est fortement conseillé d'avoir un suivi médical avant de se lancer dans l'aventure. Un bilan de santé avec une prise de sang pour vérifier que tout va bien est recommandé. En effet, un jeûne peut aussi entraîner quelques désagréments: fatigue, vertiges, crampes,  mal de tête, douleurs abdominales…


Finalement, le jeûne - au-delà d'être "une détox" bénéfique - se révèle être presque un art de vivre aussi bien psychique que physique. Et si vous tentiez l'expérience ?

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