Auto-entrepreneur : dix ans après, le statut cartonne et connaît des changements en 2019

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BILAN - Il y a dix ans, les auto-entrepreneurs n'existaient pas dans notre pays. Désormais, ils sont plus d'un million à avoir choisi ce statut dans l'Hexagone. Et 2019 s’annonce pour eux comme l’année du changement, avec de meilleures protections offertes par leur statut.

Ils n’existaient pas il y a 10 ans. Aujourd’hui, ils sont plus d’1, 2 million. Et ça ne cesse d’augmenter : le nombre des auto-entrepreneurs – aussi appelés micro-entrepreneurs - est en hausse de 28% cette année. Derrière ce succès, le mythe d’être son propre patron. Sur le papier, cela fait rêver, mais dans les faits, la réalité est un peu plus complexe.

L’idée du régime est de simplifier fortement les formalités de création, d'interruption et de cessation d'une activité professionnelle individuelle à but lucratif. Il permet en effet de s'inscrire directement en ligne pour créer son entreprise, mais surtout, il simplifie aussi le paiement des cotisations sociales, des impôts et des taxes qui sont regroupés dans une cotisation unique et proportionnelle au chiffre d’affaires. Cependant, pour bénéficier du régime, l'auto-entrepreneur doit respecter les plafonds de chiffre d’affaires définis pour la microentreprise, c’est-à-dire 70.000 euros par an maximum pour les activités de services, et 170.000 pour les activités de vente de marchandises.

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Avantages et limites du régime

Lancé en 2009, le régime a vite séduit. 360.000 personnes s'y sont essayées dès la première année. Pour certains, comme Hugo Rangé, professeur d’anglais interviewé par TF1, cela permet de compléter les revenus et d’arrondir les fins de mois. Ce professeur d’anglais change de casquette après les cours, devenant traducteur à son compte.  La vingtaine d’heures de travail qu’il accomplit chaque mois lui rapportent environ 500  euros. Pour d’autres, l’auto-entrepreneur est une activité à plein temps. C’est le cas de Cyril Carpentier : le statut lui a servi de tremplin pour sa société de conciergerie. "Cela a été le premier ballon d’essai", explique-t-il. "On teste, son idée marche, on a  du volume d’affaires." Au bout de deux ans, il a dépassé le plafond de 70.000 euros de chiffre d’affaires fixé par le régime, et a monté sa société. 

Reste que le statut n’est pas tout rose, offrant une protection sociale très réduite, ne permettant ni congé payé ni assurance chômage. Les détracteurs l’accusent d’ailleurs d’avoir été conçu principalement en faveur des grandes entreprises : utiliser des micro-entrepreneurs leur permet d'éviter d'avoir à gérer des questions d'horaires de travail, de droit aux congés payés, de formation, ou encore de cotisations sociales. Car tout est désormais à la charge du travailleur indépendant  Sophie Vouteau, ex-auto-entrepreneure, raconte à TF1 que sa plus grande difficulté est survenue lorsqu’elle est tombée malade. "Je me suis aperçue que j’étais très insuffisamment couverte, en étant à mon compte", estime-t-elle. Elle a quitté le dispositif. 

En moyenne, en 2014, le chiffre d’affaires annuel des micro-entrepreneurs était de 10.200 euros, soit à peine  900 euros par mois. 150.000 personnes ont tout de même quitté le statut l’an dernier.

Droit au chômage, congé mat', Sécurité sociale... en 2019

Mais en 2019, diverses modifications devraient améliorer le régime des indépendants. D’abord, sur le droit au chômage, qui était l’une des promesses électorale d’Emmanuel Macron. Il permettra aux micro-entrepreneurs de toucher 800 euros par mois pendant six mois. Mais les conditions d'accès sont très restrictives : il faudra avoir travaillé au moins deux ans avec au minimum 10.000 euros de revenus, et être placé en redressement ou liquidation judiciaire. 

En revanche, depuis ce 1er janvier, les femmes auto-entrepreneur bénéficient de l'instauration du congé maternité universel . Elles doivent s’arrêter au minimum 8 semaines, et touchent pendant leur congé une indemnité journalière de 54 euros. 

Les petits nouveaux du régime, ceux qui créent leur microentreprise au 1er janvier 2019,  vont aussi bénéficier d’un allègement des cotisations sociales, sur plusieurs années, lié à l’ouverture l'Accre (aide à la création d’entreprise) à tous les créateurs, alors qu’elle était avant réservée aux demandeurs d’emploi créateurs ou repreneurs d’entreprises : l’aide consiste en un allègement dégressif des cotisations, au cours des trois premières années d'activité.  

Enfin, depuis ce 1er janvier, les nouveaux micro-entrepreneurs ne sont plus affiliés à la Sécurité sociale des indépendants, mais directement à la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie). En 2020, ce sont tous les micro-entrepreneurs qui devraient basculer sous le régime général, pour l'ensemble de leur protection sociale. De quoi gommer petit à petit les grosses limites que posait ce statut, qui vise à développer l’esprit d’entreprise. 

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