Avec le télétravail généralisé, que montrons-nous de nous à travers la visioconférence ?

Avec le télétravail généralisé, que montrons-nous de nous à travers la visioconférence ?
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CRISE DU CORONAVIRUS - Avec la généralisation du télétravail ces dernières semaines, beaucoup de salariés ont découvert la visioconférence... ainsi que l'intérieur de chez leurs collègues.

Ah tiens, il parle comme ça à ses enfants. Ah c’est grand chez elle, dis donc. Et chez elle, c’est comme au travail, impersonnel. Quant à elle, elle nous fait le Skype dans sa cuisine ? Ah non, c’est son entrée. Et le patron, il a une terrasse, le patron ? Ça va dis donc ! 

Nous sommes sans doute nombreux à avoir découvert avec la mise en place généralisée du télétravail, le moyen nous permettant de maintenir un lien, sinon social, du moins visuel. Et découvert les merveilles et les joies de la visio-conférence. Une fenêtre ouverte dans l’intimité de vos collègues…

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Intimité ou mise en scène ?

Peut-être, avez-vous vu passer cette petite vidéo, qui résume à elle seule très bien les différents caractères et enjeux de ce moment. Celle qui maîtrise mal sa connexion vidéo, celui pour qui télétravail est l’équivalent du "je me la coule douce", celui qui peine à conjuguer travail et devoir des enfants… 

Dans tous les cas, la visioconférence présente un enjeu : elle fait entrer les collègues qu’on le veuille ou non, dans une partie de notre intimité. A nous donc de choisir ce que nous voulons montrer.  Sans doute, il faut donc réfléchir à un peu de mise en scène. A l’image que nous voulons montrer de nous. Alors, sans doute pas au point de celle de l’Elysée…

Mais une légère attention au cadre qui nous entoure peut permettre d’éviter ce genre de mésaventure…

On le voit cependant, dans les différents exemples trouvés sur les réseaux sociaux, si le cadre reste le plus souvent classique, la tenue s’est un tout petit peu adaptée… 

Soigner le décor

"Le télétravail est une découverte pour beaucoup de gens, c’est aussi l’occasion de découvrir le foyer des collègues ou les enfants hurlant  l’arrière-plan… Cela présente plein de petits détails auxquels on ne pense pas forcément avant de se mettre en place", nous explique Caroline Vilstrup, styliste  en chef chez Outfittery.

D’abord, soigner l’arrière-plan. "Cela joue beaucoup. Le premier conseil, serait de se mettre dans une pièce où le wifi passe correctement, c’est sans doute la base pour que tout fonctionne correctement", dit Caroline Vilstrup. "Pour le reste, il faut surtout qu’il soit à peu près rangé ou relativement neutre pour ne pas distraire l’interlocuteur, et de préférence pas devant une fenêtre ou à contre jour. Ce sont de petits détails auxquels on ne pense pas forcément mais grâce auxquels on peut faire la différence. Mais du moment que c’est propre, rangé et pas trop chargé, ce n’est pas un problème." 

Penser, aussi, à se tenir droit devant la caméra. "Nous avons tendance à nous tenir plus avachis, car nous sommes bloqués dans la même position toute la journée. Se tenir droit, l’air aéré, nous donne plus de crédibilité." Autre touche perso, pensez à l’éclairage : "Privilégier la lumière naturelle, pour éviter l’effet trop blanc et mauvaise mine d’un éclairage un petit peu trop violent."

Trouver le juste équilibre

Quant à la tenue, un juste équilibre est à trouver entre la tenue d’intérieur totalement relâchée, et le costume cravate. "Pour les hommes, je conseille en général, d’éviter le vieux tee-shirt troué, qu’on garde dans sa garde-robe pour le week-end", reprend Caroline. 

"Mais le costume cravate n’a aucun sens quand on est dans son salon chez soi." De manière générale donc, optez pour une tenue confortable. "Pour un homme, on met pour un polo un peu habillé propre, ou pour une femme un joli chemisier. Si on met un jean ou un pantalon plus douillet en dessous, ça va." Importante précision, il paraîtrait que trop d’hommes ont tendance à se penser en visioconférence comme des hommes-troncs, seul le haut compte. A éviter à tout prix… "On voit des messieurs en chemises et caleçon ou en pull avec un bas de jogging ! Le risque de se lever pendant une visio-conférence est pourtant bien réel...", avertit Caroline Vilstrup.

De l'intérêt de ne pas rester en pyjama

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Le fait de s’habiller, et pas n’importe comment, n’est pas anodin, à la fois pour les autres, mais aussi pour soi. "Cela joue aussi sur le moral. Il est important d’avoir des petits rituels pour bien délimiter les heures de travail. En temps normal, au bureau, on prend le temps de s’habiller, c’est comme si on enfilait une tenue de combat, qu’on se préparait mentalement au travail en mettant la tenue appropriée. Ce n’est pas parce qu’on reste à la maison qu’il faut oublier cette idée-là." Au contraire, garder des rituels permet des démarcations entre le perso et le pro. "D’autant que si l'on se lève et reste en pyjama pour travailler, cela peut être très confortable quelques jours, mais au bout d’un certain temps, cela joue sur la perception que l'on a de soi-même, sur la motivation pour travailler."  

Pourquoi pas, aussi, tenter les couleurs vives. "Cela aide à jouer sur notre motivation, nous aide à s'arracher de la morosité, en sortant des couleurs sombres ou ternes", dit Caroline. Et même, pourquoi ne pas expérimenter un total changement ? "Tant qu’on est chez soi, c’est justement l’occasion de tenter, de faire des expériences avec de nouvelles couleurs, d’associer des imprimés. A part à l’écran, il n’y aura personne pour vous juger sur votre profil vestimentaire."

Bref, tenter, de garder, même si ce n’est pas toujours facile, un minimum de règles strictes, donne à la fois une crédibilité par rapport aux autres, mais aussi par rapport à soi-même. "Plus on se donne les outils pour être crédible, plus cela va nous mettre en confiance, et cela va arriver naturellement", rappelle Caroline Vilstrup.  Reste que se confronter à ce collègue hirsute car il n’a pas vu la pointe d’un coiffeur depuis maintenant trois semaines, à cette collaboratrice un peu palote dont les enfants s'ébattent en fond d'écran, cela peut aussi rapprocher. "Avoir par exemple au téléphone sa banquière, avec qui on entretient d’habitude des rapports très professionnels, très posés, qu’on entend d’un coup totalement essoufflé au bout de la ligne parce qu’elle ne s’en sort pas avec ses enfants, cela rapproche. C’est bon de se rappeler qu’un autre être humain est dans la même situation. Il y a un rapprochement beaucoup plus personnalisé dans ces moments-là, une sorte de réhumanisation, et c'et aussi bon à prendre." 

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