"C'est fun et on voit qu’on peut changer les choses" : ces projets "inspirants" qui insufflent l’air écolo en entreprise

"C'est fun et on voit qu’on peut changer les choses" : ces projets "inspirants" qui insufflent l’air écolo en entreprise
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ZOOMS - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique "travailler vert". Cette semaine, nous nous intéressons à ces initiatives qui surgissent au sein des entreprises. Des projets qui prouvent que le souci de l’environnement, du recyclage et de l’écologie peut être concret, facile, voire ludique.

Et si un petit geste du salarié permettait de faire un grand pas à l’entreprise ? Des initiatives existent. Elles tentent, à petits pas, d’insuffler un souffle vert dans les sociétés. De faire bouger les consciences. 


Elles viennent souvent d’associations ou de start-up sociales  qui donnent la pichenette, la prise de conscience. Zoom sur quatre d’entre elles. 

Et si vous vous engagiez dans une association un jour par semaine ?

C’est ce que propose l’association Vendredi, fondée en 2015 par Félix de Monts. Le concept est simple : permettre à des salariés de s’engager dans une association sur leur temps de travail, avec un financement à 100% de leur employeur. C’est le principe du mécénat de compétence où les entreprises mettent à disposition des collaborateurs pour réaliser des actions d’intérêt général. "Quand j’étais étudiant, je voyais des entreprises qui recherchaient des profils de jeunes engagés, investis dans des associations. Mais une fois l’embauche effectuée, tout s’arrêterait", raconte Félix. "Ici, on se dit que c’est important d’être engagé tout au long de sa vie professionnelle, qu’on puisse dédier son temps de carrière à des sujets sociaux."


Vendredi propose ainsi "des emplois partagés entre entreprise et association", un peu à la carte :  un jour par mois, par semaine, sous forme de mentorat, de mission courte ou longue. "Cela s’adresse à tous les profils, du jeune qui débarque en stage ou du senior qui effectue sa dernière année avant la retraite." Pour Félix, c’est un dispositif d’avenir : "Cela répond à un problème plus large, celui de la transformation des aspirations individuelles". Les salariés demandent plus de flexibilité tandis que les employeurs veulent développer les "soft skills" (compétences comportementales). Proposer ce type d’expérience leur permet aussi d’attirer. Bref, ces expériences partagées semblent tout bénéf’, des deux côtés. 


Plus de 250 stagiaires et salariés ont déjà souscrit au modèle et de grands groupes -L’Oréal, Carrefour, Véolia, Air Liquid ou encore Seb- utilisent le dispositif. Vendredi vise ainsi une croissance accélérée. Plus de 120 associations, dans l’environnement ou le social, adhèrent pour l’instant au système. 

Et si vous passiez une journée à ramasser les déchets ?

Il a lieu une fois par an : le World CleanUp Day, jour où chacun est invité à aller ramasser les déchets. L’initiative, mondiale, est portée par l’association éponyme créée en 2017. L’an dernier, 18 millions de personnes, dans 160 pays, ont effectué ce geste écolo. Cette année, la date est fixée au 21 septembre.  Et s’il y a une cible qui intéresse le mouvement, ce sont les entreprises. "Elles sont la pierre angulaire du  système", constate Virginie Guérin, vice-présidente de World CleanUp Day France. "Elles ont une force économique absolument gigantesque. Et si demain elles décident d’engager la solution pour produire différemment, nous aurons une force de frappe énorme." L'asso va donc au contact pour les sensibiliser et coordonner les actions.  Et ça marche : Vinci Autoroute, Allianz, la Macif, Boulanger, Decathlon ou encore Kiabi se sont lancées. "Il y a un jour fixé, une action concrète qui donne le sentiment d’agir, le tout étant fun et convivial", se félicite Virginie Guérin. 


Cette journée se veut surtout un point de départ. "Ramasser des déchets, ce n’est pas la solution", insiste Virginie. "Le vrai sujet est : comment, derrière ça, l’entreprise engage concrètement des solutions pour réduire les déchets, mieux consommer, moins jeter ?" Le Work CleanUp Day a ainsi engendré une foule d’actions vertueuses. Exemple, une opération ramassage de mégots sur la dalle de la Défense a fait prendre conscience aux collaborateurs de leur pollution. "Ils ont mis en place une campagne de com' en interne et sont maintenant en train d’installer des bornes pour récupérer les mégots et les recycler." 


D’autres entreprises se sont penchées sur le jetable, avec la volonté de l'éradiquer, ont revu leurs contrats avec le sous-traitants... Une dynamique s'est enclenchée.  Et clairement, les entreprises où cela prend le mieux sont celles où la direction s’investit. Pour sensibiliser la hiérarchie,  l’asso a ainsi lancé un "clean up des décideurs", pendant lequel de grands patrons vont nettoyer une décharge. Visiblement très efficace. "Ils ramassent pendant un quart d’heure, et là, ils comprennent vite qu’il y a un sujet !", rigole Virginie Guérin. 

Et si vous vous inspiriez des initiatives positives lancées dans le quartier ?

Vous connaissez les "City tour" pour les touristes ? Voici les "Green City tour" pour les entreprises. Le concept est le même, sauf qu’il s’adresse aux salariés et managers et leur permet de découvrir, au cours d’un voyage urbain,  toutes les initiatives solidaires, environnementales, positives portées dans leur ville ou leur quartier. De quoi sensibiliser et inspirer. Green City Tour a été conçu par Danyla Guy. Après évolué pendant des années dans des grands groupes, elle a claqué la porte. "Il m'était  devenu insupportable de dépenser mon énergie pour… aucune cause !", raconte-t-elle. "On développe des chiffres d’affaires, des produits...  Mais on ne prend pas du tout en compte l’impact que cela peut avoir sur l’écosystème." 


Entre-temps, elle s’est passionnée et investie dans les "initiatives positives" pour sensibiliser les citoyens à l’environnement et l’humain. Et après un engagement dans l’associatif, elle décide donc, avec "Green City Tour", de faire se rencontrer les deux univers. Elle en est convaincue : "L’entreprise aujourd’hui, si elle veut rester compétitive et  attirer des investisseurs, doit prendre en compte ce volet humain et environnemental. Elle doit contribuer à servir l'intérêt général, avoir un impact positif sur l'environnement. C’est indispensable !" Et les collaborateurs sont en demande. "Aujourd’hui, près de deux sur trois estiment que leur société ne fait pas assez de choses  en matière environnementale".


C’est dans cet esprit qu'elle a construit ses "learning expedition", qui permettent aux participants de "vivre la ville autrement, en découvrant les acteurs vertueux et leurs activités." Derrière tout ça, l’idée est d’inspirer pour qu'en réintégrant leurs locaux, les salariés aient des pistes pour lancer des actions. Sur cet aspect, "Green City Tour" travaille avec Déclic écologique, qui propose d’accompagner des sociétés sur le long terme. "L'objectif est que l’entreprise soit plus verte, sans qu'il ne s'agisse de décisions stratégiques de la direction. Il faut que ce soit un engagement collectif !"

Et si vous installiez une ferme sur le toit des bureaux ?

Vous en avez forcément entendu parler, en 2015 : une ferme avait été installée sur les toits des Galeries Lafayette à Paris. Un jardin perché boulevard Haussmann, ça faisait rêver… Avec surtout, 22.000 plantes comestibles, des tomates, des fraises mais aussi des abeilles et insectes divers. Tout un petit monde installé, en un circuit court : les fleurs vont à des grands chefs parisiens, le houblon est livré à des brasseries locales, les légumes sont transformés et vendus via une épicerie urbaine et des marchés éphémères. Aujourd'hui, 17 fermes de production sont ainsi installées sur des toits parisiens et lyonnais.  Derrière l'initiative, une association grenobloise devenue start-up, Sous les fraises, bien décidée à revégétaliser la ville. Et particulièrement les bureaux. "Nous travaillons beaucoup sur le mieux vivre en ville, avec l’idée de sensibiliser à la biodiversité, atténuer l’effet d’îlot de chaleur urbain, dépolluer, montrer aux enfants comment poussent les choses", détaille Marie Dehaene, ingénieure agronome à Sous les fraises. 


Mais la société a aussi développé un volet plus participatif pour les entreprises et leurs collaborateurs : des potagers.  "Nous créons l’outil, entretenons une partie du jardin sur des choses très techniques", raconte Marie Dehaene. "De leur côté, les salariés forment une association de jardiniers et gèrent les plantations, les tailles, les récoltes."  Des potagers ont ainsi fleuri à Paris, sur les siège sociaux de Nexity à Saint-Lazare ou d’Unibail porte Dauphine ou encore sur trois sites de la Caisse des dépôts et des consignations. 


Et la dynamique s'est enclenchée, les collaborateurs prennent les choses en main. "A la Caisse des dépôts, ils ont créé un séchoir, ils ont fait leur propre infusion, qui peut être achetée par d’autres collaborateurs", raconte Marie. "Certains produits se retrouvent même dans le restaurant d’entreprise. C’est comme s’il y avait une mini-entreprise d’agriculture urbaine en interne !" Et c’est sans compter l’élan insufflé : "Cela permet de faire se mélanger des gens qui ne se connaissent pas car ils ne sont pas dans les mêmes services".

Comme chaque année depuis 14 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10 000€. Cette année, les jeunes de 15 à 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la question suivante : " Travailler vert : comment influencerez-vous votre entreprise ?". Qu’est-ce que "travailler vert" ? Cela peut vouloir dire comment inventer des organisations de travail qui favorisent l’innovation frugale, des campagnes de communication éco-responsables, des actions d’entreprises ou des politiques publiques, des changements de gouvernance, de matières premières ou de business model, des innovations plus éco-conçues… ? Soyez ambitieux, créatifs et persuasifs ! Dépôt des dossiers jusqu’au 18 mars 2019.


Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié http://www.epe-asso.org/prix-epelci-2019/ ou la page Facebook https://www.facebook.com/prixepelci/

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