"Coming-out au travail, la fin du placard ?" : un état des lieux "stupéfiant"

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SOCIÉTÉ - L'étude "Coming out au travail, la fin du placard ?" réalisée pour l'agence Tell me the truffe montre que dans le cadre du travail, les personnes LGBT ont encore tendance à cacher leur orientation sexuelle. La principale raison : un quart d'entre elles estime avoir fait l’objet de discrimination dans leur entreprise.

Les résultats de l’étude les ont "stupéfaits". Il est vrai qu’ils révèlent qu’en matière de coming-out, un grand tabou règne encore dans le monde de l’entreprise.  Réalisé par l'Ifop, le sondage "Coming out au travail, la fin du placard ?" a été diligenté par l’agence Tell me the truffe, spécialisée sur le handicap, l'égalité homme-femme et la diversité. Principal enseignement : si dans l'univers social (amis, famille), les personnes LGBT affichent de plus en plus leur orientation sexuelle, dans les entreprises, l'adage semble davantage être "pour vivre heureux, vivons cachés".

Seules 48% des personnes LGBT sondées déclarent en effet que leur orientation sexuelle est connue par au moins un de leurs collègues. "Ce chiffre, légèrement inférieur à celui relatif aux membres de l’entourage, démontre qu’une certaine aversion au coming-out persiste dans l’entreprise", analyse Tell me the truffe. "Notons qu’un quart des homosexuels déclare 'se cacher' auprès de leurs collègues." Cette "aversion au coming-out" est encore plus prononcée envers le supérieur : moins de quatre personnes LBGT sur dix (39%) déclarent que leur orientation sexuelle est connue de leur responsable hiérarchique.

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Sentiment d’exclusion au quotidien

Cette réticence est relayée par plusieurs choses. D’abord, un "sentiment de blocage pour l’embauche", lorsqu’on est homosexuel(le), bisexuel(le) ou transgenre :  19 % des personnes LGBT déclarent avoir été discriminées en raison de leur orientation sexuelle par des chefs d’entreprise ou des recruteurs lors de leur recherche d’emploi. Et une fois dans l’entreprise, ce sentiment d’inégalité perdure : un quart estime avoir été victime de discrimination.

Ce vécu personnel se traduit aussi par un sentiment d’exclusion au quotidien dans l’entreprise. Les personnes LGBT se sentent ainsi, ou se mettent par anticipation, sur la touche : plus d’un tiers d’entre elles déclarent ainsi avoir renoncé à participer à un événement organisé par leur société où les conjoints des salariés étaient invités. Même problématique pour participer à un événement informel organisé par les collègues où les conjoints étaient invités. Un tiers des sondés déclare encore avoir renoncé à indiquer le nom du conjoint sur sa mutuelle.

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Sensibiliser les collaborateurs

"Nous observons au quotidien que cacher son orientation sexuelle ou sa situation familiale exige une retenue et des efforts constants de la part des salariés, entraînant parfois un sentiment d’exclusion, de mal-être et/ou le développement de troubles dépressifs. Créer un climat d’acceptation est un enjeu clef pour l’entreprise", estime déclare David Herz, co-fondateur de l'agence Tell me the truffe. Il préconise ainsi des changements concrets essentiels au quotidien : de nouveaux réflexes à adopter, allant du choix de son vocabulaire, à des attentions visant à ne pas exclure certaines personnes, notamment lors de conversations informelles. 

L'agence propose notamment le dispositif "Soyons sérieux !". Il prend la forme d'une exposition destinée aux entreprises pour sensibiliser les collaborateurs à ces problématiques. "Nous ne voulions pas être moralisateurs ou militants, mais simplement inviter les salariés à se rendre compte du vécu de certains de leurs collaborateurs au quotidien", précise Elie Sic-Sic, également cofondateur de Tell me the truffe. Rappelons que les personnes LGBT+ représentent entre 5 et 10 % de la population française.

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