Dans les entreprises, place au vélo de fonction !

Dans les entreprises, place au vélo de fonction !
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FOCUS - Depuis quelques temps, une pratique se développe : celle du vélo de fonction en entreprise. Une offre proposée par les sociétés, qui connait un nouvel essor, avec le déconfinement.

Des banquiers, qui remplacent leur voiture de fonction par des vélos ? L’image, insolite, fait sourire. Et pourtant, c’est presque vrai : depuis la mi-juin, chez Morgan Stanley, grosse banque américaine, les salariés de l’antenne parisienne sont équipés de… vélos de fonction, qu’ils peuvent utiliser pour venir au travail, mais aussi pour leurs déplacements privés. Les avantages d’une voiture de fonction, mais à vélo.

Une réflexion accélérée par le déconfinement

"Fournir des vélos de fonction à nos salariés, c’est une réflexion qu’on menait depuis plusieurs mois autour des nouvelles solutions de mobilité", explique à LCI Grégory Fer, Executive director chez Morgan Stanley. "Et puis la crise et les problématiques liées au déconfinement ont accéléré la réflexion et la mise en place de cette solution : on voulait trouver d’abord une solution alternative aux transports en commun, qui pouvaient susciter des craintes chez nos employés avec la crise sanitaire ; mais on voulait aussi trouver une alternative à la voiture." pour leurs salariés, les déplacements professionnels se font essentiellement intra-muros, ou petite couronne. De petites distances. 

Et voilà donc trouvé cette solution : des vélos électriques – tout de même plus pratique dans un cadre professionnel – proposé à chaque salarié qui le souhaite, pour une durée de 36 mois. L'entreprise prend en charge 70% de la location, le reste étant à la charge du salarié soit 30 à 40 euros par mois. Dans les faits, ce vélo de fonction ne remplace pas tout à fait les voitures chez Morgan Stanley, pour la bonne raison qu’ils n’en avaient pas. "C’est un service en plus."

"Le 'back-to-office', ils l’ont fait en 'bike-office' !" - Grégory Fer

"La demande a dépassé largement nos attentes !", se réjouit Grégory Fer. Sur les 133 employés que compte la banque, 45 ont souscrit l’option vélo de fonction. Un vrai succès. "Et c’est contagieux ! D’autres salariés on fait des demandes. On mettra en place une deuxième session à la rentrée !"  La diversité des profils réjouit le directeur exécutif : "Il y a une vraie mixité, homme, femme, mais aussi dans les âges !" Les salariés avaient le choix entre des vélos très urbains, des vélos tout chemin, ou encore des vélos pliants, pour ceux qui veulent cumuler avec le RER ou les transports e commun. Et le directeur a trouvé sa formule : "Le 'back-to-office', ils l’ont fait en 'bike-office' !"  

Le vélo trace sa route. Aidé par les politiques en matière de déplacement doux menées par les villes et par l’Etat, mais aussi par les récents événements – les grèves de décembre, puis la crise sanitaire du coronavirus, et le déconfinement. A Paris, ce sont ainsi 1.000 km d'itinéraires cyclables, et la Ville a aménagé avec le déconfinement 50 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires provisoires… Des circuits fermés, sécurisés, qui ont sans doute rassuré beaucoup d’hésitants, et accéléré le passage à l'acte. 

Pour les entreprises qui ont investi le créneau du  "vélotaf", le vélo pour aller au travail, Zenride, une société créée en 2018 et spécialisée dans "le vélo d’entreprise et de fonction", ou encore Green On, spécialiste du "vélopartage en entreprise" depuis une dizaine d’années, c'est un "coup de pouce du destin". 

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Alain Atlani est le co-fondateur Tim Sports, la start-up qui a fourni les vélos de fonction de Morgan Stanley : "On est fiers d’avoir mis des salariés d’une boîte américaine sur un vélo !", rigole-t-il.  Les deux fondateurs férus de sport extrême, viennent du milieu de la finance.  Depuis quelques semaines, les contrats affluent. "On a commencé avec des PME, de 50 personnes. "Maintenant, on discute avec des grosses sociétés, de 1000 à 5000 salariés, basée à la Défense ou côtés au CAC 40, pour septembre." Leur impératif est de faire les gens le plus rapidement possible", poursuit Alain Atlani.  Et pour cela, le vélo a un avantage évident. 

Pas de partage de poignées ou de selle comme sur une flotte de vélo ou des systèmes type Vélib. "Pour l’entreprise c’est très peu d’investissement : un loyer et un rack à vélo et des prix très compétitifs par rapport au Pass navigo", explique Alain Atlani. Sans oublier un avantage en terme d’image pour les entreprises à l'heure de la responsabilité sociale et environnementale. Dernier argument : la santé du salarié : "Il fait un exercice physique, il est donc en meilleure santé, a moins d’arrêt maladie. Et c’est aussi un gain de temps : en vélo, on connait son temps de parcours, il n’y a pas de surprise, on sait quand on arrive !" CQFD

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