Peut-on être discriminé au travail parce qu'on est vegan ? La question très spéciale que la justice anglaise a tranché

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Vegan : de la tendance au mode de vie

INSOLITE - La justice britannique du travail vient de se pencher sur un licenciement contesté qui l'a amené à décider si le véganisme est oui ou non "une croyance religieuse ou philosophique" pouvant conduire à discrimination.

Consommer, ou non, des produits issus des animaux... Le végtanisme est un courant qui se répand de plus en plus, et soulève de nouvelles questions. La justice britannique s'est ainsi penché depuis jeudi sur une affaire qui semblait pour le moins insolite : un salarié accuse son ancien employeur de l’avoir licencié, pour ses convictions véganes, en vertu desquelles il ne consomme ni viande ni poisson, mais refuse aussi toute exploitation animale (port de cuir, de laine ou utilisation de cosmétiques testés sur des animaux).  

Le tribunal devait donc du même coup dire si le véganisme est oui ou non "une croyance religieuse ou philosophique" pouvant conduire à discrimination. Et il vient donc de trancher, ce vendredi : oui, le  véganisme éthique constitue une "croyance philosophique" protégée par la législation contre les discriminations. "Je suis totalement convaincu que le véganisme éthique constitue une croyance philosophique", a déclaré le juge Robin Postle, du tribunal prudhommal de Norwich (est de l'Angleterre), qui examinait le licenciement contesté. 

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La loi de 2010 sur l'égalité définit la "croyance philosophique" comme une croyance authentique, et "non une opinion ou un point de vue basé sur l'état actuel des informations disponibles". Elle doit aussi être compatible avec la dignité humaine et ne pas entrer en conflit avec les droits fondamentaux d'autrui. 

Ce jugement "contribuera à encourager le véganisme parce que les végans qui pourraient avoir peur de parler de leur croyance, qui pourraient ne pas se sentir bienvenus, se sentiront désormais valorisés", a réagi Jordi Casamitjana, le salarié qui s'estime discriminé devant la presse.  Pour son avocat, Peter Daly, ce jugement est "très important" : "Il reconnaît pour la première fois que le véganisme éthique peut être protégé contre la discrimination". Toute insulte envers des végans éthiques "pourrait être perçue comme du harcèlement de la même manière qu'une insulte raciste ou sexiste peut être discriminatoire". 

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Le véganisme est-il une croyance ?

Cette question étant désormais tranchée, le tribunal va maintenant devoir déterminer si Jordi Casamitjana a été ou non discriminé par son ancien employeur en raison de sa croyance. Le savoureux de l’histoire est que l’ancien employeur du salarié est une association de de protection des animaux,  qui lutte en particulier pour l'interdiction de "sports cruels" faisant intervenir des bêtes. Mais Jordi Casamitjana pense avoir été congédié parce qu'il s’est inquiété du fait que le fonds de retraite des salariés investissait dans des entreprises pratiquant des tests sur les animaux. 

L'association assure de son côté que son ex-salarié a été licencié pour faute grave. "La League Against Cruel Sports est un employeur inclusif", a déclaré un de ses porte-parole à l'AFP, ajoutant que l'association ne "conteste pas" le fait que "le véganisme devrait avoir un statut protégé". Selon un sondage Ipsos Mori commandé par The Vegan Society, il y avait en 2019 près de 600.000 véganes au Royaume-Uni.

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