Du numérique mais aussi et surtout de l'humain : à quoi ressemble le travail du futur ?

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BOULOT 3.0 - Une enquête réalisée par IDC Executive pour Dell Technologies et VMware, et que LCI vous dévoile en exclusivité, évalue les efforts des entreprises européennes vis-à-vis des dernières innovations technologiques proposées à leurs collaborateurs. Elle permet également de se faire une idée sur la manière dont nous travaillerons d'ici peu.

L’innovation technologique est partout. Et les entreprises doivent s’y mettre, sous peine de rater le train. Dans le même temps, les systèmes d’intelligence artificielle, l’automatisation, voire la robotisation des tâches, transforment les façons de travailler. L’étude "Becoming 'Future of Work' ready : follow the leaders" (que l'on pourrait traduire par "Préparer l'avenir du travail : suivez les meilleurs"), réalisée par IDC Executive pour Dell Technologies et VMware et dévoilée en avant-première ce jeudi sur LCI, cherche à comprendre comment les entreprises mènent cette transformation numérique.

Et surtout, comment agissent celles qui réussissent. Car un constat s'impose  : "De nombreuses entreprises ne parviennent pas à appliquer leurs stratégies numériques. En dépit de leurs investissements, beaucoup se trouvent dans une impasse et cherchent des solutions pour progresser." Seules 29% des organisations européennes ont en effet établi avec succès une "stratégie d’avenir du travail".  Quelles sont leurs recettes ? A quoi ressemblera donc le travail du futur à l’ère digitalisée ? Elles ont notamment mis en place des organisations de travail chamboulées autour de trois piliers : les effectifs, la culture de travail, et l'espace de travail.

De "consumer first" à "collaborateur first"

Premier constat : dans le travail de demain, l’humain (donc le collaborateur) est au centre. "On a longtemps mis en avant l''expérience utilisateur'", explique à LCI  Karim Manar, responsable marketing grands comptes de Dell France. "Aujourd’hui, on observe un changement de paradigme et une orientation vers  'l’expérience collaborateur' ou 'employee first', pour aider le collaborateur à s’épanouir dans son environnement de travail." Il cite à ce propos Richard Branson : "Les clients ne viennent pas en premier. Les employés viennent en premier. Si vous prenez soin de vos employés, ils s'occuperont de vos clients."

Cette nouvelle approche répond à plusieurs enjeux. Tout d’abord, la nécessité d’attirer et de retenir les talents dans un contexte ultra-concurrentiel. Ensuite, le fait que, pour la première fois, quatre générations se côtoient au travail. C'est donc autant de conflits intergénérationnels et d'attentes différentes qui peuvent freiner ce changement, un enjeu très prégnant en France. 

L’initiative la plus déployée (50%) est la création de programmes de formation pour donner à tous les salariés les dernières compétences digitales essentielles. "Les modes de communication sont différents au sein de l’entreprise : la génération X fonctionne sur du texte et des documents ; la génération Y est sur SMS, Youtube et préférera un tuto vidéo de 3 minutes à une étude ; les Z sont sur les réseaux sociaux et dans l’échange. Il est donc très important que cette transformation digitale s’accompagne de cette conduite du changement", souligne Karim Manar. A noter que la France est à la traîne sur le sujet , avec seulement 38% des salariés ayant eu accès à une formation pour se remettre à niveau.

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Les espaces de travail se transforment

Mais le "travail du futur" repose aussi sur l’environnement de travail. Sous l’effet de la digitalisation, il se transforme et induit des manières de fonctionner radicalement différentes. Il est ainsi plus agile, plus souple, plus rapide, mêlant physique, numérique et immersif. 46% des participants indiquent ainsi que leur entreprise a lancé un réagencement des espaces en faveur "d’une approche de travail plus efficace". La France est, pour le coup, pionnière en la matière : plus de la moitié des sondés indiquent avoir observé des travaux de rénovation. Parallèlement, sont mises en place des politiques de télétravail et d’horaires flexibles. Le coworking, plus flexible et moins cher, séduit aussi les entreprises internationales qui y délocalisent leurs bureaux locaux. 

Dans ces nouveaux environnements de travail, ces univers connectés, tout est pensé pour être en phase avec les attentes des salariés : "Cela passe par exemple par un système de reconnaissance faciale qui permet à  votre poste de travail de se connecter dès que vous passez devant... Il n'est donc plus une contrainte, ou en tout cas pas vu comme une contrariété", précise Karim Manar. Plus besoin non plus d’être un technophile pour réussir à se connecter à son espace de travail à distance.

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Intelligence artificielle : peut-on copier le cerveau humain ?

L’idée, aussi, est de favoriser la collaboration. Exit les web-conférences ou les réunions Skype : place à l’humain. "Dans les années 2000, les solutions collaboratives étaient numériques, pour partager du document, de l’information. Aujourd’hui, il faut faire en sorte que les gens se voient. C’est une demande très probante de la génération Z, qui a besoin de plus d’humain dans le travail." Exemple, ces "Conference room solutions", salles pourvues de grands écrans interactifs permettant aux participants de travailler sur les mêmes supports. 

Si tant de soin est apporté à l’univers de travail, c’est encore une fois pour attirer les talents : "Avant, le 'welcome package', le marqueur social dans l’entreprise, était la voiture de fonction. Aujourd’hui, c’est l’environnement de travail", résume Karim Manar. "Des jeunes collaborateurs refusent de travailler dans une société car elle fonctionne sur unité centrale ou sans smartphone... Cela ne correspond pas à leurs attentes".  

Place à l'"intelligence émotionnelle" dans la culture d'entreprise ?

Enfin, la digitalisation induit une culture de travail différente : les entreprises ont redéfini leurs hiérarchies, mis en place des organisations réactives, propices au changement. Les collaborateurs s’articulent en équipe et fonctionnent en mode "projet". Et les performances sont évaluées différemment : "Alors que la productivité reste le paramètre numéro 1, plus de la moitié des entreprises changent leurs indicateurs, en axant sur le travail d’équipe, l’adaptabilité, la capacité à résoudre des problèmes et récompensent les employés avec une 'intelligence émotionnelle qui correspond à leur culture et stratégie d’entreprise', indique l’étude. 

En résumé, et c'est quasiment un "paradoxe" pour  Karim Amar : les environnements digitalisés  -Intelligence artificielle ou assistants intelligents- ne se substituent pas à l’humain. "Au contraire, ils sont là en "task-working", en gestion des tâches, pour libérer de la bande-passante et inciter à du face-à-face, du travail collaboratif entre individus et donc à de la créativité. C'est une formidable opportunité de transformer nos manières de travailler." 

> Enquête en ligne réalisée par Dell Technologies et VMware en collaboration avec le cabinet de recherche indépendant IDC basée sur les témoignages de petites, moyennes et grandes entreprises européennes. Elle a été réalisée auprès de 386 employés et traduite en six langues.

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