Écrans, notifications au travail : les conseils d’un docteur en neurosciences pour que notre cerveau ne surcharge pas

Écrans, notifications au travail : les conseils d’un docteur en neurosciences pour que notre cerveau ne surcharge pas

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BONS CONSEILS - Gaëtan de Lavilleon, docteur en neurosciences, donne des pistes pour ménager son cerveau, menacé de surcharge cognitive prolongée en raison de nos environnements de travail.

On le sait, on le sent. Dans un environnement de travail rempli d’écrans, où les sollicitations et les notifications sont multipliées, où l’urgence et le "multitasking" sont érigés en modèle, notre cerveau, devenu notre seul outil de travail, est menacé de surcharge cognitive. Un état qui occasionne de la fatigue mentale excessive, des difficultés à se concentrer, à mémoriser. A l’extrême, cela peut même être un facteur de burn-out. 


Face à ce constat, comment ménager son cerveau ? Se protéger ? Gaëtan de Lavilleon, docteur en neurosciences et fondateur de Cog’X, une agence de conseil et d'étude en sciences cognitives, donne ses pistes.  

  • 1S'observer

    Au niveau personnel, la première chose serait d’essayer de s’entraîner à la métacognition, c’est-à-dire penser sur sa propre pensée, prendre conscience du fonctionnement de son cerveau à un instant donné. Par exemple si j’ai faim à 13 h, mon cerveau sait qu’il faut que j’arrête de travailler et que j’aille déjeuner. Sauf que quand je suis en surcharge cognitive, que mon cerveau reçoit trop d'informations en même temps, les signaux envoyés par mon corps ne sont pas assez forts. Il faut donc se poser la question en permanence, s’observer.

  • 2Couper au maximum les sollicitations externes

    Cela parait tout bête, mais il faut couper les sollicitations, notamment celles qui viennent de machines, de temps en temps. Avoir quatre applis de médias sur son téléphone portable, qui m’annoncent chacune la mort d'Aznavour, cela ne sert peut-être pas à grand-chose ! 

  • 3Déconnecter

    Se prévoir également des temps de déconnexion dans la journée. Les mails ne doivent pas être lus en permanence : on peut très bien se prévoir des créneaux mail à plusieurs moments de la journée. De même, nous sommes dans l’ère où le "multitasking" est perçu comme une qualité absolue dans les entreprises. Or notre cerveau n’est pas multitâche et est donc incapable de prendre deux décisions en même temps. Du coup, dans l’organisation du travail, nous devons avoir des plages dédiées à certains temps ou actions, quitte à ce que ce soit des moments courts de la journée. Mais il ne faut jamais mener deux activités de front. 

  • 4Reposer son cerveau

    Pour stimuler son cerveau, plutôt que repousser toutes les tâches démotivantes en fin de semaine, il convient d'essayer d’alterner sa journée entre des tâches motivantes et d’autres démotivantes. Cela permet d’activer à plusieurs moments des boules d’attention et d’être ainsi plus concentré.

  • 5Faire de VRAIES pauses

    Il est très important de se faire de vraies pauses. Elles peuvent être de très courte durée, ne serait-ce que fermer les yeux quelques secondes pour laisser son esprit vagabonder. 


    Il y a une forme de tabou dans les entreprise autour de la pause, vue comme un moment d’oisiveté ou de non productivité. Or la pause n'’est jamais une perte de temps. Elle va permettre à notre cerveau de remobiliser un certain nombre de ressources. Nous avons en effet une diminution de nos performances avec le temps -diminution de la capacité organisationnelle, fatigue mentale. Une vraie pause permet donc d’augmenter son esprit de concentration. C’est un vrai gain en efficacité, en bien-être et en performance.


    En revanche, il faut pouvoir adapter la nature et la fréquence de ses pauses. Aujourd’hui, dans 90% des cas, les gens vont à la machine à café. Et très souvent, ils parlent de travail, regardent les réseaux sociaux ou leur téléphone. Dans le premier cas,  ce n’est pas vraiment différent pour notre cerveau d’une réunion de travail. Dans le second, cela revient à être derrière son ordinateur et traiter ses mails. J’entends par "pause", par exemple, une sieste après le déjeuner. Aller se balader dehors, avoir une activité physique. A chacun de décider ce qui lui convient. 

  • 6L'exemple doit venir d'en haut

    Dans cet ensemble, le manager a aussi son rôle : il faut en parler avec ses équipes et expérimenter collectivement ces nouvelles pratiques. Commencer par établir un état des lieux, des sujets qui sont des points clés à aborder et les travailler d’une manière collaborative. Mais la nouvelle organisation du travail ne peut marcher que si l'exemple vient d'en haut. On peut améliorer beaucoup de choses, mais il y a des freins culturels. C'est un vrai travail qui doit être pris en main par l’organisation, les équipes et leur manager.

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