Cinq astuces pour réduire votre pollution digitale au travail

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E-POLLUTION - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique "travailler vert". Cette semaine, nous nous intéressons à la pollution digitale en entreprise. Inès Leonarduzzi, fondatrice de l'ONG Digital for the planet, qui vise à promouvoir l’écologie digitale, nous donne ses conseils pour réduire son bilan carbone.

Travailler sur un ordinateur est aujourd'hui quasi-incontournable. S'il a permis de dématérialiser de nombreux documents et procédés, l'outil n'est pas pour autant écologique. Car au-delà du fait qu'il n'a pas fait diminuer la consommation de papier dans les bureaux, du coût environnemental de sa fabrication et de l'énergie qu'il consomme, l'usage que nous en faisons est également source de pollution.

Entre chaînes de mails et multitudes d'onglets ouverts dans le navigateur, Inès Leonarduzzi, fondatrice de l'ONG Digital for the planet qui vise à promouvoir l’écologie digitale dans le monde, nous donne ses conseils pour alléger son bilan carbone en entreprise.

Les Favoris, le "nouveau cool"

"Une requête Google, c'est à peu près 7 grammes de CO2 émis dans l'atmosphère", déclare celle qui est aussi membre associée de l'Institut national de l'économie circulaire (INEC). "Taper l'URL du site directement dans la barre d'adresse consomme beaucoup moins". Si cette démarche est assez fastidieuse, enregistrer les sites que vous consultez régulièrement au travail dans les Favoris de votre navigateur peut s'avérer être une excellente solution. "Ça faisait partie des outils qu'on n'utilisait pas et dont on se fichait un peu, mais à l'heure de la transition écologique, il faut peut-être un peu les reconsidérer." Pour elle, les Favoris sont même le "nouveau cool".

Fermer les onglets inutilisés, du CO2 économisé

Au fil de la journée, les requêtes s'accumulent dans le moteur de recherche, et les onglets ouverts se font de plus en plus nombreux. Or bien souvent, les trois quarts d'entre eux, rapidement consultés puis oubliés, sont inutilisés. D'autres sont laissés ouverts "au cas où". Cependant, alerte la présidente de l'ONG, chaque page se recharge plusieurs fois dans la journée, ce qui multiplie à chaque fois la requête initiale, et donc l'émission d'environ 7 gramme de CO2. "Il faut les fermer au fur et à mesure, c'est super important !", insiste Inès Leonarduzzi, avant de conseiller l'utilisation d'une extension de Google Chrome, The Great Suspender. Elle permet de mettre en veille automatiquement les onglets inactifs depuis longtemps.

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Choisir un moteur de recherche éco-responsable

Surfer sur internet pollue donc inévitablement. Il est malgré tout possible de compenser son empreinte carbone en choisissant un moteur de recherche éco-responsable. L'Allemand Ecosia par exemple, finance des projets de reforestation en travaillant avec des associations locales grâce à 80 % de ses profits publicitaires. A l'heure actuelle, le moteur de recherche, qui compte 7 millions d'utilisateurs, a planté plus de 50 millions d'arbres. Les Français Lilo et Ecogine, eux ,reversent une partie de leurs recettes à des associations environnementales et sociales.

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Alléger ses e-mails

"Envoyer un mail émet 17 à 22 grammes de CO2 dans l'atmosphère", souligne Inès Leonarduzzi. L'envoi de trente-trois courriels d'1 Mo à deux destinataires par jour et par personne génère ainsi des émissions équivalentes à 180 kg de CO2 par an, ce qui correspond à plus de 1000 km parcourus en voiture. Il est donc important de raisonner ses envois et de ne pas mettre en copie des personnes qui ne sont pas concernées par votre message. Dans le cadre d'une discussion de groupe, mieux vaut se tourner vers une messagerie instantanée, qui permet d'envoyer un seul message à tous les participants, contre un message par participant dans le cas d'un "Répondre à tous" effectué dans une boîte mail.

Évitez aussi les signatures à base de logos, qui ajoutent du poids au mail, et le rendent donc davantage polluants. "Quand on pense que 225 milliards de mails sont envoyés toutes les heures dans le monde, la somme de tous les logos qui ne servent à rien à la fin des mails peut vite être énorme."

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Enfin, pensez à vous désengager des newsletters que vous ne lisez pas. Si cela prend du temps, il est possible de se tourner vers des outils, comme celui de la start-up parisienne Cleanfox ou l'Américain Mailstrom, qui se chargent de les supprimer et de vous désabonner. 

Re-matérialiser le partage de documents

Tout cela sans compter les pièces jointes régulièrement échangées et emmagasinées sur un réseau virtuel. Un moyen de stockage que la présidente de l'ONG juge "pernicieux". "Pour un utilisateur lambda, un cloud, c'est immatériel, virtuel, alors qu'il s'agit en fait une énorme machine qui demande énormément énergie et d'eau pour la faire refroidir. C'est un gouffre énergétique!" Pour elle, il est important de "réapprendre à matérialiser le stockage". "Quand on a vraiment de gros dossiers, la clé USB marche encore très bien." Faute de mieux, l'utilisation de WeTransfer ou des équivalents Smash ou Transfernow pour l'envoi d'un document peut constituer une bonne solution, étant donné qu'il s'autodétruit au bout de quelques jours. La période de stockage, et donc le bilan carbone, est ainsi limité.

Entraîner ses collègues en douceur

A l'évidence, plus nombreuses sont les personnes à adopter ces pratiques, plus l'impact sera grand. Pour autant, assure Inès Leonarduzzi, il serait inutile, voire contre-productif, d'insister trop lourdement pour ce que ses collègues joignent la marche. "Il faut éviter de donner des leçons aux autres, les gens n'aiment pas ça. Mieux vaut matérialiser les choses. Quand vous dites aux gens qu'un mail envoyé, c'est comme si vous laissiez une ampoule allumée pendant une heure, ça frappe. Il faut leur faire prendre conscience du bon sens de la démarche."

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Comme chaque année depuis 14 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE) et LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10 000€. Cette année, les jeunes de 15 à 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la question suivante : " Travailler vert : comment influencerez-vous votre entreprise ?". Qu’est-ce que "travailler vert" ? Cela peut vouloir dire comment inventer des organisations de travail qui favorisent l’innovation frugale, des campagnes de communication éco-responsables, des actions d’entreprises ou des politiques publiques, des changements de gouvernance, de matières premières ou de business model, des innovations plus éco-conçues… ? Soyez ambitieux, créatifs et persuasifs ! Dépôt des dossiers jusqu’au 18 mars 2019.

Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié http://www.epe-asso.org/prix-epelci-2019/ ou la page Facebook https://www.facebook.com/prixepelci/

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