Profession en crise ? Le statut de manager ne fait plus (du tout) rêver

Open-space

PESSIMISME - Une étude réalisée par Boston Consulting Group (BCG) et Ipsos, menée dans cinq pays, montre que le management ne donne plus envie. Et les Français sont les plus concernés.

Depuis quelques années, les études s’empilent pour donner le ton. Et cette nouvelle enquête, menée par le Boston Consulting Group  (BCG) et Ipsos? ne fait que confirmer la donne : les managers sont déprimés, désabusés. Leur statut ne fait plus rêver. Plus personne, aujourd'hui, n'a envie d'être manager. Et dans cet océan de pessimisme, les Français sont champions. 

Pour cette étude d’envergure mondiale, menée entre le 14 juin et le 15 juillet 2019, 5.000 employés et managers issus d’entreprises de plus de 200 salariés dans cinq pays - la Chine, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis – ont été interrogés. Dans les pays occidentaux, seul un employé sur 10 aspire désormais à devenir manager. Côté encadrement, 37% seulement des managers entendent le rester dans les prochaines années.

Lire aussi

Vers la fin d'un modèle ?

Et, cocorico ironique, les managers français semblent  baigner dans un marasme plus profond que les autres : 85% d’entre eux trouvent ainsi leur métier plus compliqué qu’avant (contre 81% pour la moyenne occidentale). Ils se sentent aussi plus débordés (78% contre 71%), plus stressés (74% contre 69%) et plus démotivés (59% contre 52%).

Le pessimisme est sans doute en partie lié au fait que leur rôle évolue, mais qu’un flou entoure leur statut : les managers ne savent plus ce qu’on attend d’eux. En France, ils pointent, plus qu'ailleurs, le manque d’accompagnement (67%) et de clarification de leur rôle et leur mission (60% pour les managers français). Au final, seuls 32% des managers français interrogés pensent que leur fonction comporte plus d’avantages que d’inconvénients (contre 41% en moyenne). 

Ils ont aussi conscience de la fin d’un modèle : 71% des managers français s’attendent à des changements majeurs de leur fonction dans les années à venir (contre 66% dans l’ensemble des pays concernés). 38% pensent même que leur poste aura disparu d’ici cinq à dix ans.

En vidéo

Manager, voici comment éviter l’hyperstress au sein de votre équipe

Quel remède à cette "crise managériale" ?

Face à cette "crise managériale", l'étude conseille de mettre en œuvre une méthode dite "agile". Cette méthode de pilotage de projets et collaborations, utilisée dans les start-up et entreprises du web,  vise à rendre les équipes "pluridisciplinaires et plus autonomes". Le manager y est "avant tout garant de l’alignement et de l’autonomie" : casser les cloisons hiérarchiques, ouvrir au partage d’expérience, favoriser l’auto-organisation, l’autonomie, faciliter le travail en équipe, inciter à la créativité. 

Ce qui se traduit, par exemple chez Google, par une culture de la reconnaissance en distribuant des récompenses et des bonus, ou encore, chez Airbus, d'avoir la possibilité de conduire des carrières en tant que manager sans occuper un poste de manager, comme le rappelle l’Usine Nouvelle dans un article sur le sujet.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter