Des photos en état d'ivresse aux groupes "likés" : craignez-vous de perdre votre travail à cause des réseaux sociaux ?

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FRONTIÈRE - Un Français sur cinq pense que son activité sur les réseaux sociaux pourrait conduire son employeur à le licencier, indique une étude réalisée par McAFee, société de cybersécurité.

C’est un fait : la frontière  entre univers professionnel et personnel est de plus en plus poreuse. Un problème d’autant plus renforcé par les réseaux sociaux. Car s’ils donnent l’illusion de cantonner certains contenus à une sphère privée, il n’en est rien… Nous avons en effet tous un ou des collègues "amis" sur ces mêmes réseaux. 

La société de cybersécurité McAFee a donc étudié les habitudes des Français sur les réseaux sociaux. Le résultat montre que les salariés semblent bien conscients de ces potentiels risques. Les trois quarts (73 %) d’entre eux reconnaissent ainsi être gênés par ce qui se trouve sur leurs comptes et près de la moitié (46 %) admettent n’avoir jamais renforcé leurs paramètres de sécurité, bien qu’ils sachent le faire… Une négligence bien problématique, quand on sait les employeurs regardent de plus en plus  votre profil en ligne. 

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Plus inquiétant encore, plus de 7 Français sur 10 (76 %) possèdent au moins un compte dormant. Il s’agit principalement d'un compte Facebook (68 %), mais aussi, pour les plus nostalgiques, d'un Skyblog (62 %). 45 % des répondants concèdent n’avoir jamais songé à supprimer ces comptes inactifs ou à y faire le ménage, 14 % admettent ne pas savoir comment les clôturer et près d’un tiers (28 %) se sentent "coincés" car ils ont oublié leur mot de passe ou n’ont plus accès à la boite mail liée au compte. 

Mais les sondés sont tout de même 43% à se dire préoccupés par l’influence de leur empreinte numérique sur leur réputation professionnelle. "Les réseaux sociaux stockent une grande quantité de données personnelles, allant des photos de nos dernières vacances aux groupes que l’on "like"", explique Thomas Roccia, chercheur en sécurité chez McAfee. "Nous avons tous vu comment d’anciennes publications reviennent hanter des célébrités et des personnalités publiques, mais ce sujet concerne tout le monde."

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Top 10 des contenus qui mettent mal à l'aise

L’étude dresse le top 10 des contenus douteux publiés sur les réseaux sociaux à propos desquels les Français sont le plus mal à l’aise : 

 1. Photo d’eux en état d’ivresse

2. Commentaires pouvant être perçus comme offensants

3. Photo d’eux avec une tenue embarrassante

4. Photo d’eux en train d’embrasser une personne qu’ils n’auraient pas due

5. Photo d’eux en train de dormir à un endroit où ils n’auraient pas dû

6. Photo d’eux en train de vomir

7. Photo en sous-vêtements

8. Des lieux ou des événements où ils sont identifiés et ont honte d’être allés

9. Photo d’eux en train de s’exhiber délibérément

10. Photo d’eux en flagrant délit de "fashion faux-pas ".

Faire le ménage

Pourtant, bien conscient de tous ces dangers potentiels, les sondés semblent avoir du mal avec l’idée de faire le ménage dans ce passé en ligne : plus d’un tiers (39 %) des personnes interrogées admettent qu’elles ne suppriment leurs publications qu’après une crise et 15 % avouent publier des contenus négatifs au sujet de leur lieu de travail actuel. Pourtant, elles savent ce qu’il en coûte : 15 % connaissent quelqu’un dont la carrière ou les perspectives d’embauche ont été négativement affectées par des contenus publiés sur les réseaux sociaux. Pour ces mêmes raisons, 18 % des répondants reconnaissent qu’ils pourraient perdre leur emploi, 8 % avouent avoir écarté ou encouragé un collègue à écarter un candidat à l’embauche. Surtout, pas moins de 7 % ont déjà été licenciés. 

Outre le fait d’être vigilants concernant les contenus publiés, la société de cybersécurité conseille aux utilisateurs de se pencher de plus près sur les paramètres de confidentialité de leurs profils "afin d’éviter que des contenus personnels et préjudiciables ne tombent entre les mains de cybercriminels".  Thomas Roccia explique que  "le mieux est bien sûr de ne jamais rien publier que l’on pourrait regretter. Cependant, il est vrai que nous ne disposons pas toujours de toutes nos capacités de discernement lorsque l’on publie quelque chose sur les réseaux sociaux. Faire régulièrement le ménage sur ses comptes peut réduire les répercussions négatives, et pas seulement celles pouvant heurter son amour-propre."

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