IDÉES D'AILLEURS – Dans cette entreprise britannique, les non-fumeurs ont des jours de vacances en plus

IDÉES D'AILLEURS – Dans cette entreprise britannique, les non-fumeurs ont des jours de vacances en plus
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WORKING ABROAD - LCI explore dans cette rubrique les initiatives ou pratiques menées dans d’autres pays en matière d'organisation du travail. Des idées dont on pourrait s'inspirer, ou à l'inverse à bannir. Aujourd’hui, nous partons à la découverte d'une société de recrutement britannique, qui a décidé de "récompenser" ses salariés non-fumeurs.

Il le dit, il veut créer une ambiance de travail "plus joyeuse et plus saine". En Grande-Bretagne, le patron d’un cabinet de recrutement, KCJ Training and Employment, a fini par mettre en application une idée qu’il avait en tête depuis quelque temps : offrir 4 jours de congés supplémentaires aux salariés qui ne fument pas. Il a chez lui 11 employés fumeurs.

Ce que ça donne

Il explique sa démarche au Recruiter : "Je me suis dit : pourquoi n’arrêterions-nous pas tous de fumer? J’ai annoncé aux salariés ce que j’allais faire : ceux qui ne font pas de pause, je vais vous donner quatre jours de vacances supplémentaires par an… Je préfère avantager les non-fumeurs plutôt que de pénaliser les fumeurs. Et cela les encourage à arrêter car un lieu de travail plus sain est un lieu de travail plus heureux."

Au final, assure-t-il, les collaborateurs "ont pris cela chaleureusement et pensent que c'est une idée fantastique." Et depuis la mise en place de cette mesure incitative, un employé aurait arrêté et deux autres essaieraient de le faire. En revanche, il leur faudra tenir leur promesse pendant un an avant de pouvoir bénéficier eux aussi des congés supplémentaires.

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Des bémols ?

Il a cependant conseillé aux employeurs intéressés par l’idée de jauger eux-mêmes le nombre de jours de vacances supplémentaires à accorder, les pauses cigarettes n'ayant pas la même fréquence d'une entreprise à une autre : "Je pense qu’il faut réfléchir pour savoir ce qu’est une juste compensation. ( ) C'est là que chaque entreprise doit mener une évaluation fine de son cas".

Il rapporte par ailleurs qu’un salarié lui a reproché de faire de la discrimination contre les fumeurs. Mais pour lui, "le fait qu'ils sortent fumer une cigarette est lui-même discriminatoire envers les non-fumeurs…" 

Alors, on s'y met ou pas ?

L’idée n’est pas vraiment neuve. Au Japon, une entreprise avait déjà fait parler d’elle en mettant cette mesure en place (le patron britannique confesse d’ailleurs s’en être inspiré) : en 2017, la firme tokyoïte Piala Inc l'avait déployée après qu’un employé non-fumeur, irrité par le temps perdu par ses collègues lors de leurs interminables pauses cigarette, ne formule cette proposition dans la boîte à idées de l'entreprise. "Il est vrai que les bureaux sont situés au 29e étage, et que les fumeurs n’ont pas d’autre choix que de descendre au sous-sol fumer leur cigarette. Le patron a trouvé la proposition juste, et déployé cela, en donnant du temps en plus aux non-fumeurs pour compenser", expliquait au Telegraph un employé de la société. L'idée était là aussi mise en avant comme une façon "d'inciter" les employés à arrêter de fumer, plutôt que les punir. Depuis la mise en place du nouveau système, 30 des 120 salariés ont ainsi pu profiter de jours de congés supplémentaires... 

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En Suisse, des entreprises recrutent uniquement des non-fumeurs

Mais là encore, l’idée n’était pas nouvelle : en remontant le fil de l’AFP, on découvre, chose amusante, que le concept a été mis en place en… 1989 : la filiale ouest-allemande de la firme américaine Atari (informatique) en RFA avait décidé d’accorder six jours supplémentaires de congé annuel aux membres non-fumeurs de son personnel. Là aussi, la mesure a été prise pour ne pas pénaliser les non-fumeurs face au temps passé dans les pauses-cigarettes. 

A l’époque en revanche, celles-ci étaient très cadrées : les fumeurs avaient la possibilité d’aller assouvir leur besoin dans une salle prévue a cet effet entre 10 h et 11 h et entre 15 h et 16 h. Selon Atari, pour chaque fumeur, une demi-journée de labeur partait ainsi en fumée chaque mois. La décision avait été suivie d’effets puisque 70% de l’effectif de l’entreprise avait ensuite renoncé à la cigarette sur le lieu de travail.

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